Les satellites aident Beyrouth

Les satellites aident Beyrouth

Suite à l’explosion survenue au sein du port de Beyrouth, la Charte internationale Espace et catastrophes majeures a été activée. Les données des satellites de plusieurs pays sont ainsi réunies afin d’aider les secours.

Le 4 août 2020 à 18h08 heure locale, une explosion survenue dans le port de Beyrouth au Liban a dévasté une grande partie de la ville. Outre les destructions matérielles, le bilan provisoire à l’heure où nous mettons cet article en ligne fait état de plus de 130 morts et 5000 blessés. Un dépôt de nitrate d’ammonium semble être la cause de cette catastrophe.

Des données satellitaires cruciales

Depuis l’an 2000, à l’initiative de l’agence spatiale française CNES, de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et de l’Agence Spatiale Canadienne (ASC), existe une Charte internationale Espace et catastrophes majeures. Elle réunit désormais 17 membres et des partenaires afin de partager au plus vite en cas de besoin les données satellites susceptibles d’aider les opérations de secours lors d’une catastrophe. La Charte a été à ce titre activée plus de 660 fois !
L’une des priorités réside dans un état des lieux rapide afin que les secours puissent s’orienter sur le terrain qui a malheureusement souvent été impacté au point que les cartes d’avant ne sont plus pertinentes. Les deux images ci-dessous, issues de l’un des satellites Pléiades d’Airbus montrent ainsi que la violence de l’explosion a changé la zone portuaire de Beyrouth.

Le port de Beyrouth (zone de la catastrophe) les 2 juillet et 5 août par le satellite Pleiades-1B, soit avant et après l’explosion. Crédit : CNES/Airbus DS

Le port de Beyrouth (zone de la catastrophe) les 2 juillet et 5 août par le satellite Pleiades-1B, soit avant et après l’explosion.
Crédit : CNES/Airbus DS

La Charte a été mise en route le 5 août par le Centre Opérationnel de Gestion Interministérielle des Crises (COGIC) en France pour le Liban au nom des relations entre les deux pays. Le principe est que les données des satellites de plusieurs pays et organisations sont fournies gracieusement aux institutions capables d’analyser les informations afin qu’elles soient concrètement utilisables par les secours et autorités concernées. En France, à la demande du CNES, le SERTIT (SErvice Régional de Traitement d’Image et de Télédétection) a établi une carte des zones touchées en à peine 6 heures.

Carte du SERTIT transmise dans le cadre de la Charte internationale Espace et catastrophes majeures. On remarque notamment les points rouges qui identifient les édifices détruits et ceux endommagés en orange. Crédit : SERTIT/Disaster Charter

Carte du SERTIT transmise dans le cadre de la Charte internationale Espace et catastrophes majeures. On remarque notamment les points rouges qui identifient les édifices détruits et ceux endommagés en orange.
Crédit : SERTIT/Disaster Charter

Le CNES précise que les images à haute résolution de Beyrouth seront analysées pendant 10 jours, car au-delà de l’état des lieux, il convient de «suivre quotidiennement les rassemblements de populations spontanés et l’installation de campements d’urgence». On estime en effet que 300000 personnes ont perdu leur logement après l’explosion du 5 août.

La Charte internationale Espace et catastrophes majeures (site officiel) concerne le monde entier et montre que le spatial est un outil concret au service de tous les hommes et femmes sur Terre. Rien que pour 2020, elle a déjà été mise en œuvre 26 fois avant Beyrouth pour des événements aussi différents que des inondations, des glissements de terrain ou des cyclones. La vidéo du DLR ci-dessous explique (en anglais) le principe de fonctionnement de la Charte.

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