Les feux de la côte ouest des États-Unis depuis l’espace

Les feux de la côte ouest des États-Unis depuis l’espace

La Californie et l’Oregon sont particulièrement touchés par de vastes incendies qui ont commencé en août et qui se poursuivent en septembre. Les satellites donnent une vision d’ensemble et mesurent l’impact sur la qualité de l’air.

Au début de l’année 2020, la sécheresse constatée en Californie faisait craindre une «saison des feux» potentiellement importante. En prévision, un état d’urgence fut décrété dès le mois de mai. Malheureusement, août confirma cette crainte avec des incendies dévastateurs qui continuent encore en septembre. Le 9 septembre, la Californie répertoriait plus de 7000 feux et plus de 8000 km2 détruits. Le voisin au nord, l’Oregon, est aussi durement touché.

L’ISS et les satellites mesurent l’étendue des feux

Si les incendies californiens de 2020 ont de multiples causes (dont des négligences humaines), le plus souvent ils résultent d’impacts de foudre. La sécheresse a facilité la progression des feux qui ont atteint des proportions inédites pour la côte ouest des États-Unis.
Les satellites fournissent une vue globale qui peut aider pour l’organisation des secours et la lutte contre la propagation de ces feux. Les données récoltées permettent aussi de dresser un bilan de la dégradation de l’air engendrée par les rejets dans l’atmosphère de dioxyde de carbone, de monoxyde de carbone ainsi que de composés chimiques comme le dioxyde de soufre ou d’azote, des gaz acides, des dioxines et autres. Les vents en altitude favorisant leur dispersion à très grande échelle (voir ci-dessous), les satellites autorisent des actions de prévention sur les zones touchées puisque les conséquences sont multiples, allant de la baisse de visibilité à des problèmes de santé. Ce type de dégradation de l’air peut en effet affecter le système respiratoire, cardiaque ou nerveux des personnes en fonction de leur fragilité.

Images et données acquises par le satellite Suomi NPP de la NASA et de la NOAA (agence américaine qui étudie les océans et l’atmosphère). En haut, on constate en lumière visible la propagation des fumées des incendies vers l’intérieur du territoire américain. En bas, les données de l’instrument OMPS (Ozone Mapper and Profiler Suite) du satellite indiquent en couleur la concentration des aérosols issus des incendies, le rouge étant pour les concentrations les plus élevées. Crédit : NOAA/NASA

Images et données acquises par le satellite Suomi NPP de la NASA et de la NOAA (agence américaine qui étudie les océans et l’atmosphère). En haut, on constate en lumière visible la propagation des fumées des incendies vers l’intérieur du territoire américain. En bas, les données de l’instrument OMPS (Ozone Mapper and Profiler Suite) du satellite indiquent en couleur la concentration des aérosols issus des incendies, le rouge étant pour les concentrations les plus élevées.
Crédit : NOAA/NASA

En compilant les images de son satellite géostationnaire GOES-17, l’agence fédérale NOAA chargée de surveiller les océans, l’atmosphère et le climat montre l’impressionnante quantité de fumées rejetée par les feux en Californie et en Oregon. Il s’agit ici de la journée du 8 septembre.

Ce Tweet de la NOAA intègre une vidéo accélérée de la journée du samedi 5 septembre où les images du même satellite, GOES-17, démontrent la rapidité avec laquelle l’incendie dit Creek Fire dans le comté de Fresno s’est développé après avoir démarré la veille. Le 9 septembre, il n’était toujours pas maîtrisé.

https://twitter.com/i/status/1303448953141116928

Installé sur la Station Spatiale Internationale (ISS), l’instrument ECOSTRESS (ECOsystem Spaceborne Thermal Radiometer Experiment on Space Station) du Jet Propulsion Laboratory de la NASA a été conçu pour mesurer avec précision la température de la surface afin d’étudier celle des plantes. Les données ci-dessous ont été acquises le 6 septembre et concernent le sud de la Californie.

L’instrument américain ECOSTRESS, placé sur la plateforme extérieure du laboratoire japonais Kibo de l’ISS, détaille les températures pour les incendies dits El Dorado Fire et Valley Fire qui dépassent 191 °C (zones rouges). Autour, les données montrent la vague de chaleur qui en résulte. Crédit : NASA/JPL

L’instrument américain ECOSTRESS, placé sur la plateforme extérieure du laboratoire japonais Kibo de l’ISS, détaille les températures pour les incendies dits El Dorado Fire et Valley Fire qui dépassent 191 °C (zones rouges). Autour, les données montrent la vague de chaleur qui en résulte.
Crédit : NASA/JPL

La situation au sol confirme le diagnostic livré par les moyens spatiaux, à savoir que  les conséquences des incendies s’étendent bien au-delà des feux eux-mêmes. Résident de San Francisco Bay Area, Andy Weir, l’auteur du célèbre livre Seul sur Mars dont fut tiré le film du même nom, a ainsi posté sur son compte twitter cette photo du pont Golden Gate noyé dans un brouillard orange. Il ajoute que la fumée des feux a dégradé la qualité de l’air au point qu’il «est presque irrespirable».

Sur orbite, les satellites ne connaissent pas les frontières. Ainsi, les satellites Sentinel du programme d’observation de la Terre européen Copernicus n’ont pas manqué de saisir l’ampleur des feux qui sévissent sur la côte ouest américaine. Ci-dessous, une impressionnante photo du 10 septembre.
Copernicus est une initiative de la Commission européenne et l’Agence Spatiale Européenne (ESA) est chargée du segment spatial de ce programme.

L'énorme panache de fumées provoqué par les incendies en Californie, Oregon et Washington. Une image du satellite Sentinel-3. Crédit : modified Copernicus Sentinel data (2020), processed by ESA, CC BY-SA 3.0 IGO

L’énorme panache de fumées provoqué par les incendies en Californie, Oregon et Washington. Une image du satellite Sentinel-3. Crédit : modified Copernicus Sentinel data (2020), processed by ESA, CC BY-SA 3.0 IGO