La Chine teste avec succès sa prochaine capsule habitée - Cité de l'Espace

La Chine teste avec succès sa prochaine capsule habitée

La Chine teste avec succès sa prochaine capsule habitée

Envoyée sur orbite par le lanceur CZ-5B le 5 mai, la capsule est revenue sur Terre après presque 3 jours de vol, entrant dans l’atmosphère à une vitesse équivalente à un retour de la Lune.

La CNSA, l’agence spatiale chinoise, a déjà mené 6 missions habitées avec succès depuis 2003. Le vaisseau habité employé était à chaque fois la capsule Shenzhou. Le programme se caractérise par une montée en complexité des vols puisque les 3 derniers consistaient à rejoindre une station spatiale constituée d’un module unique (Tiangong-1 puis 2). Pour aller encore plus loin, la Chine a récemment testé ce qu’on appelle un «vaisseau de nouvelle génération», une capsule partiellement réutilisable capable de desservir une future station spatiale, mais aussi d’aller vers la Lune.

Un test en vol significatif

Le 5 mai 2020, le lanceur CZ-5, dans sa version CZ-5B, décollait du centre spatial de Wenchang sur l’île d’Hainan. Dépourvue d’un deuxième étage, cette version permet de placer des charges utiles plus massives sur orbite basse. En l’occurrence, il s’agissait d’un démonstrateur de bouclier thermique gonflable (un échec confirmé par la CNSA) et surtout d’un prototype du «vaisseau de nouvelle génération».

Décollage du CZ-5B le 5 mai dernier depuis l’île d’Hainan. Crédit : CNSA

Décollage du CZ-5B le 5 mai dernier depuis l’île d’Hainan.
Crédit : CNSA

Dépourvu d’astronaute, le «vaisseau de nouvelle génération» accomplissait une mission automatique sous les ordres du centre de contrôle de Pékin (le BACC, Beijing Aerospace Control Center). Une série de manœuvres fut ainsi initiée pour inscrire la capsule sur une orbite elliptique l’éloignant jusqu’à 8 000 km de notre planète afin d’obtenir une rentrée dans l’atmosphère avec une vitesse (32 400 km/h) s’approchant de celle d’un retour de la Lune.
Après presque 3 jours de vol, le 8 mai 2020, le «vaisseau de nouvelle génération» a réussi sa rentée atmosphérique puis continué sa descente sous 3 parachutes principaux avant de gonfler 6 airbags qui ont amorti l’atterrissage.

La capsule du «vaisseau de nouvelle génération» revenue au sol le 8 mai 2020. Crédit : CNSA

La capsule du «vaisseau de nouvelle génération» revenue au sol le 8 mai 2020.
Crédit : CNSA

L’avenir immédiat de ce vaisseau chinois vise l’orbite terrestre puisqu’il a aussi été conçu pour desservir la future China Space Station ou Tiangong-3. Ce complexe orbital marquera une montée en puissance des vols habités de la CNSA car il comprendra plusieurs modules à l’image de la station Mir par exemple. Le lanceur CZ-5 sera chargé de placer les modules sur orbite à partir de 2021.

Image d’artiste de la future China Space Station ou Tiangong-3. Crédit : CNSA

Image d’artiste de la future China Space Station ou Tiangong-3.
Crédit : CNSA

La Chine a déjà fait savoir qu’elle ouvrait cette station à la coopération internationale, soit pour des expériences scientifiques, soit en accueillant des astronautes d’autres pays (on notera que des astronautes de l’Agence Spatiale Européenne ont participé à des entraînements partiels en Chine en vue d’une telle possibilité).

Le «vaisseau de nouvelle génération» testé à vide du 5 au 8 mai servira au transport des équipages de la China Space Station. Sa capacité maximale serait de 6 à 7 personnes. En configuration à 3 passagers, 500 kg de cargo s’ajouteront (à l’aller comme au retour). Cette nouvelle capsule joue aussi la carte de la réutilisation jusqu’à 10 fois, moyennant un changement de sa protection thermique et d’autres opérations de maintenance.
Ci-dessous, une vidéo qui résume le vol du 5 au 8 mai.

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D’une longueur de 8,8 m (avec son module de service doté de panneaux solaires), d’un diamètre maximal de 5 m pour 21 tonnes au décollage, ce nouveau vaisseau a depuis longtemps été annoncé comme pouvant servir à des missions vers la Lune, du moins dans une version spécifique. Le test de rentrée à une vitesse compatible avec un profil de retour depuis notre satellite naturel confirme les ambitions de la Chine en la matière. Bien évidemment, cette capsule ne peut pas accomplir un alunissage. Pour que des Chinois foulent le sol sélène, il faudra employer un engin supplémentaire dédié, un atterrisseur. En revanche, le «vaisseau de nouvelle génération» à lui seul pourrait accomplir un survol de la Lune.