La Chine et la France sur la Lune

La Chine et la France sur la Lune

Au terme d’un accord signé le 25 mars entre les agences spatiales de la Chine et de la France, la mission lunaire chinoise Chang’E-6 prévue pour 2023-2024 intégrera des expériences françaises.

La vente de 300 avions Airbus lors de la visite d’État en France du président chinois Xi Jinping a logiquement fait la une des news économiques. Toutefois, la coopération spatiale entre les deux pays a aussi connu une signature importante le 25 mars et elle concerne l’exploration de notre satellite naturel, preuve supplémentaire que 2019 s’impose comme l’Année Lune en plus du cinquantenaire d’Apollo 11 et un renouveau des missions à destination de notre voisine céleste.

Chang’E-6 sur la Lune avec la France

Le 25 mars, le siège du CNES à Paris avait tout d’abord réuni les responsables du satellite franco-chinois CFOSat chargé d’étudier l’atmosphère et les océans. La France et la Chine partagent les données des 2 instruments (l’un français, l’autre chinois) de ce satellite placé sur orbite le 29 octobre 2018 par un lanceur chinois. La journée s’est poursuivie au palais de l’Élysée où, en présence des présidents Xi Jinping et Emmanuel Macron, la France et la Chine ont scellé un accord sur l’exploration de la Lune. En effet, le vice-administrateur de l’agence spatiale chinoise (CNSA) Zhang Jianhua et le président de l’agence spatiale française (CNES) Jean-Yves Le Gall ont signé un document qui prévoit que des expériences françaises seront intégrées à la sonde chinoise Chang’E-6. Cette dernière doit partir en 2023-2024 vers notre satellite naturel afin d’y extraire des échantillons du sol pour les ramener sur Terre. 

Poignée de main entre Zhang Jianhua (à gauche) et Jean-Yves Le Gall devant les présidents Xi Jinping (derrière Jean-Yves Le Gall) et Emmanuel Macron (tout à droite) au palais de l’Élysée le 25 mars. Crédit : Twitter de Jean-Yves Le Gall

Poignée de main entre Zhang Jianhua (à gauche) et Jean-Yves Le Gall devant les présidents Xi Jinping (derrière Jean-Yves Le Gall) et Emmanuel Macron (tout à droite) au palais de l’Élysée le 25 mars.
Crédit : Twitter de Jean-Yves Le Gall

Ce sera la deuxième mission de ce type pour la Chine puisque Chang’E-5 doit normalement le faire une première fois à la fin de l’année en cours, soit 2019. On notera que pour Chang’E-5 comme pour Chang’E-6, la masse de l’engin robotique est telle qu’il faut un lanceur plus puissant que pour Chang’E-4 qui a réussi le premier alunissage sur la face cachée en début d’année. Il s’agit du CZ-5 qui a connu une défaillance lors de son second vol en juillet 2017. Cet été, un satellite de télécommunications doit être placé sur orbite avec le CZ-5 : un succès confirmera les correctifs apportés par les ingénieurs chinois et ouvrira la voie à Chang’E-5.

Signature de l’accord concernant l’exploration de la Lune avec la mission chinoise Chang’E-6. Crédit : Twitter de Jean-Yves Le Gall

Signature de l’accord concernant l’exploration de la Lune avec la mission chinoise Chang’E-6.
Crédit : Twitter de Jean-Yves Le Gall