ClearSpace-1, le chasseur européen de débris

ClearSpace-1, le chasseur européen de débris

À la demande de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), une société suisse va fabriquer ClearSpace-1, un engin qui permettra de capturer un débris orbital pour ensuite le faire brûler dans l’atmosphère.

Fin novembre, le conseil ministériel de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) appelé Space19+ a approuvé les budgets nécessaires à plusieurs programmes. L’un d’entre eux concerne ClearSpace-1, un concept de satellite-chasseur qui pourrait devenir un moyen opérationnel de nettoyage de l’orbite terrestre.

De la prévention au nettoyage actif

Les satellites sont devenus indispensables à notre quotidien, qu’il s’agisse de la géolocalisation (GPS ou Galileo par exemple), des télécommunications ou encore de l’observation de notre planète qui fournit des données essentielles à la gestion de l’environnement. Toutefois, placer tous ces engins autour de la Terre entraîne aussi la production de nombreux débris. Les étages supérieurs de lanceurs ou les satellites hors d’usage constituent les plus gros débris auxquels s’ajoutent d’autres issus de collisions ou de l’explosion des réservoirs ou des batteries (des incidents fort heureusement peu courants). Les agences spatiales, les sociétés de lancement et les fabricants de satellites suivent un ensemble de bonnes pratiques afin de minimiser la production de débris du fait de notre utilisation de l’orbite terrestre. Cela se traduit notamment par la volonté de gérer la fin de vie d’un satellite en l’envoyant sur une orbite dite cimetière ou en le consumant en le faisant rentrer de façon contrôlée dans l’atmosphère.

Illustration d’artiste montrant l’adaptateur VESPA saisi par le satellite ClearSpace-1. Crédit : ClearSpace

Illustration d’artiste montrant l’adaptateur VESPA saisi par le satellite ClearSpace-1.
Crédit : ClearSpace

Toutefois, Luisa Innocenti qui est à la tête de l’initiative Clean Space de l’ESA rappelle que des études « montrent que la seule manière de stabiliser l’environnement orbital, c’est de retirer activement les gros débris ». D’un principe simple, cette logique exige la maîtrise de procédures automatiques complexes. Il faut ainsi qu’un satellite-chasseur se dirige vers le débris visé et s’y amarre ou le capture alors que sa cible n’est nullement coopérative ! Comprenez que le débris, par nature inerte, ne manœuvrera pas de son côté pour faciliter l’opération et ne sera probablement pas doté de dispositif spécifique pour un rendez-vous et/ou d’un mécanisme permettant de le saisir aisément. C’est pourquoi l’ESA envisage de financer la mission ClearSpace-1 qui s’appuie sur un satellite-chasseur conçu et construit par la start-up ClearSpace issue de l’École polytechnique fédérale de Lausanne. ClearSpace doit prochainement soumettre une proposition à l’agence. En cas d’accord, le projet entrera en phase de préparatifs au mois de mars 2020.
L’objectif est déjà connu : il s’agit de l’adaptateur VESPA (VEga Secondary Payload Adapter) de 100 kg laissé sur orbite entre 660 et 800 km en 2013 par le lanceur européen Vega lors de son deuxième vol. ClearSpace-1 s’en approchera, puis en deviendra solidaire à l’aide de quatre bras robotiques. La propulsion de ClearSpace-1 permettra ensuite de désorbiter les deux objets réunis et d’assurer leur destruction en les faisant brûler dans l’atmosphère.
Cette mission que Luisa Innocenti qualifie de « première mondiale » pourrait en effet ouvrir la voie à d’autres opérations similaires en vue de nettoyer l’orbite terrestre des débris les plus encombrants et les plus potentiellement dangereux.

Ci-dessous, une vidéo de ClearSpace montrant le déroulement d’une mission (mais pas celle qui visera l’étage VESPA).

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