Copernicus et le climat

Copernicus et le climat

Les satellites du programme européen d’observation de la Terre Copernicus permettent de surveiller et quantifier le changement climatique. Des données librement accessibles qui seront évoquées lors des Copernicus Days du 20 au 24 mai.

Dans un bulletin mis en ligne à la mi-mai 2022, Météo France pointe une «chaleur précoce» avec «30 à 34 °C sur la plupart des régions». L’organisme avertit ainsi que sur les 15 premiers jours de mai, la température moyenne observée en France est plus élevée de 2,7 °C que la normale établie de 1981 à 2010. Si cet épisode de chaleur particulier ne peut pas être uniquement imputé au changement climatique, Météo France explique toutefois que «dans le contexte du changement climatique, les périodes de vagues de chaleur sont amenées à devenir plus fréquentes et tendent à s’installer plus précocement au cours du printemps qu’avant».

Copernicus surveille le climat

Un avertissement très clair et qui, au passage, s’inscrit dans les prévisions établies par les différents rapports du GIEC (ou IPCC en anglais), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat créé en 1988. Les vagues de chaleur sont des phénomènes qui impactent directement la vie de tous les jours, parfois de façon dramatique comme cela a été récemment le cas en Inde et au Pakistan avec des températures de 50 °C.
Grâce notamment à la famille de satellites Sentinel, le programme européen d’observation de la Terre Copernicus surveille l’état de notre planète, que ce soit la hauteur des océans, le couvert végétal, l’étendue des glaces et bien évidemment la température comme le montre la carte ci-dessous.

Carte des anomalies de température pour le mois d’avril 2022. En rouge, les températures plus élevées que la normale. En bleu, les températures moins élevées que la normale. On voit les températures très élevées en Inde et au Pakistan. Crédit : Copernicus

Carte des anomalies de température pour le mois d’avril 2022. En rouge, les températures plus élevées que la normale. En bleu, les températures moins élevées que la normale. On voit les températures très élevées en Inde et au Pakistan.
Crédit : Copernicus

Ce type de carte repose sur un travail de compilation de données recueillies au sol et via des satellites. Même si on voit ici des températures plus basses que la normale (période de référence 1991-2020 pour cette carte), l’analyse des mesures récoltées depuis plusieurs décennies pointe une incontestable hausse générale (graphiques ci-dessous).

De 1980 à nos jours, ces deux graphiques montrent les anomalies de températures globales et mensuelles. On constate une nette tendance à la hausse (rouge). Crédit : Copernicus

De 1980 à nos jours, ces deux graphiques montrent les anomalies de températures globales et mensuelles. On constate une nette tendance à la hausse (rouge).
Crédit : Copernicus

On sait qu’avril 2022 est le sixième mois d’avril le plus chaud enregistré tout en étant seulement 0,2 °C moins chaud que les records d’avril 2016 et 2020. Cette constatation s’entend globalement pour l’ensemble de la planète. Pour l’Europe en revanche, avril 2022 est ainsi 0,42 °C plus bas que la référence 1991-2020. Le changement climatique est en effet un phénomène planétaire et quelques répits régionaux ne signalent pas que la situation s’améliorera sans efforts concrets pour la réduction des gaz à effet de serre.

C3S : des outils concrets pour le climat

Des vagues de chaleur plus fréquentes, comme avertit plus haut Météo France, ne sont pas les seules conséquences du changement climatique. Tensions sur les récoltes au point de remettre en cause la sécurité alimentaire (voir notre précédent article), montée des océans qui menacent les zones côtières, impacts sur les écosystèmes, etc. Les conséquences négatives sont nombreuses et les risques identifiés vont jusqu’à l’instabilité géopolitique. En tant que programme d’observation de la Terre financé par l’Europe, Copernicus n’a pas pour vocation à prendre les décisions politiques qui s’imposent (par exemple une législation de réduction des émissions de gaz à effet de serre). En revanche, il se définit comme un outil apportant des données certifiées sur l’état de la Terre : «Les principaux utilisateurs des services Copernicus sont les décideurs politiques et les autorités publiques qui ont besoin de ces informations pour développer la législation et les politiques» (extrait du site web Copernicus).
À ce titre, Copernicus comprend un service intégralement dédié au climat et intitulé C3S pour Copernicus Climate Change Service. Toujours sur le principe de la mise à disposition libre des données récoltées, C3S diffuse régulièrement des bulletins. Certains sont plutôt destinés au grand public comme Climate Now dont vous pouvez voir ci-dessous l’édition pour le mois de mars 2022.

Le C3S établit également des publications plus techniques dont sont par exemple issus les cartes et graphiques sur les températures que vous avez pu lire plus haut dans cet article. L’ensemble de ces travaux est appelé Climate Bulletins et intégralement consultable en ligne sur le site web Copernicus.

Publications mensuelles du C3S dans la section Climate Bulletins. Crédit : Copernicus/Cité de l’espace (capture d’écran)

Publications mensuelles du C3S dans la section Climate Bulletins.
Crédit : Copernicus/Cité de l’espace (capture d’écran)

Chaque année, le C3S établit un European State of the Climate qui récapitule l’évolution des conditions climatiques et leurs multiples impacts. Le rapport de 2021 rappelle que depuis 1850-1900, la température globale de la planète a augmenté de 1,2 °C et de 2,2 °C pour l’Europe. L’intégralité des European State of the Climate avec données chiffrées, cartes et schémas est accessible librement en ligne.
Ce rôle essentiel de Copernicus sera évoqué lors des Copernicus Days du 20 au 24 mai prochains et qui seront relayés à la Cité de l’espace de Toulouse auprès du grand public les 21 et 22 mai.