CubeSats : autour de la Terre et bien plus loin

CubeSats : autour de la Terre et bien plus loin

Ces petits satellites peu coûteux sont basés sur des modules cubiques de 10 cm de côté. Le 10ème symposium européen sur les CubeSats qui se tient à Toulouse du 5 au 7 décembre montre un fort potentiel qui va jusqu’à l’exploration planétaire.

Un satellite dans un cube de 10 cm ? Et le plus souvent réalisé avec des éléments «sur étagère», c’est-à-dire déjà existants et pas forcément conçus pour le spatial ? Une drôle d’idée qui a pourtant fait son chemin. La norme CubeSat est née aux États-Unis en 1999 à l’initiative de l’Université polytechnique de Californie et de l’Université de Stanford. En définissant un standard (et notamment le dispositif assurant leur largage sur orbite), il s’agissait de faciliter l’envoi de tels petits engins dans l’espace à un moindre coût, par exemple en qualité de passagers auxiliaires lors du lancement de satellites conventionnels ou depuis la Station Spatiale Internationale. 

Exemple d’un CubeSat d’une unité ou 1U, soit un cube de 10 cm de côté. On peut concevoir des CubeSats plus grands en combinant plusieurs unités, on dit 2U, 3U, etc. Crédit : NASA

Exemple d’un CubeSat d’une unité ou 1U, soit un cube de 10 cm de côté. On peut concevoir des CubeSats plus grands en combinant plusieurs unités, on dit 2U, 3U, etc.
Crédit : NASA

Ainsi, les universités peuvent financièrement et techniquement accéder à l’orbite terrestre dans le cadre de certains projets étudiants. En réalité, cet objectif a été largement dépassé et les CubeSats partent non seulement à l’assaut du spatial commercial mais entendent aussi jouer un rôle dans l’exploration du Système solaire !

CubeSat : foisonnement d’idées à Toulouse

En effet, la norme CubeSat est depuis déjà un moment sortie du domaine universitaire. Dans la mouvance du NewSpace, des sociétés privées emploient cette «recette» pour des petits satellites peu coûteux afin de tester de nouvelles technologies et même mettre sur pied l’infrastructure orbitale qui leur assurera des revenus, notamment en ce qui concerne l’observation de la Terre.

Ci-dessous, une courte vidéo de la NASA sur le concept CubeSat.

Les agences spatiales s’intéressent aussi aux CubeSats et l’exemple le plus spectaculaire dernièrement est celui des 2 MarCO (Mars Cube One A et B), 2 engins à la norme CubeSat envoyés avec la sonde InSight de la NASA et qui ont relayé les données de celle-ci lorsqu’elle atterrissait sur la planète rouge. Ce sont les premiers CubeSats interplanétaires !

Mars photographiée à 7600 km de distance par un des 2 MarCO (le B). Ces CubeSats de 6U servaient à relayer les informations transmises par la sonde InSight qui se posait sur la planète rouge. Une illustration du potentiel de ces petits satellites. À droite, on voit l’antenne du CubeSat. Crédit : NASA

Mars photographiée à 7600 km de distance par un des 2 MarCO (le B). Ces CubeSats de 6U servaient à relayer les informations transmises par la sonde InSight qui se posait sur la planète rouge. Une illustration du potentiel de ces petits satellites. À droite, on voit l’antenne du CubeSat.
Crédit : NASA

Les CubeSats n’ambitionnent plus d’être uniquement des moyens peu coûteux de tester des technologies ou de procurer à des étudiants l’accès à l’espace (2 objectifs déjà très importants !), mais, à l’image de leurs «grands frères» satellites, de jouer un rôle disruptif au sein d’applications telles que les télécommunications, la récolte de données sur notre planète ou pour mener des missions scientifiques. Et force est de constater que les idées foisonnent comme le montre le 10th European CubeSat Symposium qui se tient du 5 au 7 décembre à l’ISAE-SUPAERO à Toulouse.

Pour suivre ce symposium, tournez-vous vers Twitter et le hashtag #ECS18_TLS. Vous verrez qu’une «digiteam» très active couvre l’événement et permet d’avoir un aperçu de la richesse des projets mais aussi des enjeux et difficultés.

Nous évoquions la «digiteam» hier avec ce tweet.

Il convient d’y rajouter le compte Twitter @CSUT_Officiel, celui du Centre Spatial Universitaire de Toulouse, Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) créé en 2016 et porté par l’ISAE-SUPAERO avec 8 partenaires. Le but est clairement affiché : «Le CSUT organise le développement et la réalisation de projets collaboratifs et innovants de nano systèmes spatiaux utilisant principalement des nano-satellites (Cubesats) ou vols de ballons stratosphériques pour réaliser des missions scientifiques ou technologiques. Il participe ainsi à la formation des futurs acteurs du domaine spatial et soutient les actions de recherche de ses membres ou partenaires dans le domaine des systèmes spatiaux miniaturisés».

Eye-Sat, un CubeSat de 3U du CSUT en cours de développement. Outre tester de nouvelles technologies, il observera la lumière zodiacale depuis l’orbite et obtiendra une image globale de la Voie Lactée. Crédit : CSUT

Eye-Sat, un CubeSat de 3U du CSUT en cours de développement. Outre tester de nouvelles technologies, il observera la lumière zodiacale depuis l’orbite et obtiendra une image globale de la Voie Lactée.
Crédit : CSUT

Né à la fin du 20ème siècle, le CubeSat s’impose de plus en plus comme une des réponses du 21ème siècle en vue de concrétiser un nouvel élan vers l’espace qui se veut à la fois plus abordable et plus inventif.