De la brume dans le cratère Occator de Cérès

De la brume dans le cratère Occator de Cérès

Baptisé Occator, le cratère de 90 km de large sur la planète naine Cérès est devenu célèbre en raison de ses taches brillantes détaillées par la sonde Dawn. De la brume y aurait été détectée à plusieurs reprises.

Au fur et à mesure que la sonde de la NASA Dawn s’approchait de la planète naine Cérès (située dans la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter), les scientifiques attendaient des images de plus en plus résolues d’une zone plus brillante à la surface de ce petit monde de 940 km de diamètre.
Le simple point brillant se révéla en apparence double et au cœur d’un cratère d’impact (donc issu de la chute d’un astéroïde) de 90 km de diamètre. Puis, Dawn se plaçant sur une orbite à 4400 km d’altitude, la résolution des images s’améliora encore et révéla une tache principale centrale et plusieurs autres petites taches. Il est important de noter que ces taches ne brillent pas par elles-mêmes : elles ne sont pas des sources de lumière, mais elles réfléchissent la lumière du Soleil plus que le reste du terrain environnant.

Le cratère Occator (vers la droite) et ses fameuses taches brillantes. Ce ne sont pas les seules sur Cérès, mais elle s’imposent comme les plus étendues. Crédit : NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA

Le cratère Occator (vers la droite) et ses fameuses taches brillantes. Ce ne sont pas les seules sur Cérès, mais elle s’imposent comme les plus étendues.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA

Plusieurs hypothèses ont été envisagées, mais ce sont celles de dépôts de sel, de glace localisée, de geysers et cryovolcans qui semblent les plus probables. Toutefois, lors d’une série de conférences au centre Ames de la NASA fin juillet, on a appris qu’une brume avait été détectée à plusieurs reprises au sein du cratère Occator. Cette brume proviendrait-elle d’une activité des taches brillantes qui seraient alors des sortes de geysers ou le résultat d’un cryovolcanisme ? La conclusion est tentante, mais de toute évidence prématurée car Dawn est encore trop loin pour trancher avec des clichés ou même des mesures de ses autres instruments. La brume en revanche pourrait être rapprochée de mesures accomplies avec le télescope infrarouge Herschel de l’Agence Spatiale Européenne qui indiquaient la présence de vapeur d’eau autour de Cérès. Mais là encore, il faut définitivement confirmer le lien entre deux mesures réalisées à plusieurs années d’écart (2011 et 2013 pour Herschel) et avec des moyens forts différents.
La bonne nouvelle est qu’après avoir subi un dysfonctionnement, Dawn a repris sa descente très progressive vers une orbite autour de Cérès bien plus proche que celle suivie jusqu’à présent. Dès la moitié du mois d’août, la sonde américaine, notamment équipée d’une caméra allemande, orbitera en effet à un peu moins de 1500 km de la surface de la planète naine. La résolution accrue des clichés permettra-t-elle de percer le mystère d’Occator ? Beaucoup le souhaitent, mais personne n’en est certain. Rien n’est perdu toutefois puisque Dawn doit plus tard se rapprocher encore plus de Cérès.

Vue globale de Cérès par Dawn. Découverte en 1801 par l’astronome italien Giuseppe Piazzi, cette planète naine orbite au sein de la ceinture d’astéroïdes (dont elle est le plus gros objet) entre Mars et Jupiter. Crédit : NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA

Vue globale de Cérès par Dawn. Découverte en 1801 par l’astronome italien Giuseppe Piazzi, cette planète naine orbite au sein de la ceinture d’astéroïdes (dont elle est le plus gros objet) entre Mars et Jupiter.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA