Crew Dragon : course au drapeau et simulateur - Cité de l'Espace

Crew Dragon : course au drapeau et simulateur

Crew Dragon : course au drapeau et simulateur

SpaceX et la NASA préparent Demo-2, le premier vol orbital habité d’un vaisseau américain depuis 2011. L’équipage ramènera un drapeau laissé là-haut depuis 9 ans. Au sol, les internautes accèdent à un simulateur d’amarrage.

Le Commercial Crew Program de la NASA approche enfin de son but, à savoir le retour de l’indépendance des États-Unis pour l’accès à l’orbite terrestre et plus précisément la Station Spatiale Internationale (ISS). L’agence américaine a en effet décidé de confier au secteur privé le transport de ses astronautes vers le complexe orbital. Et c’est la société SpaceX fondée par Elon Musk qui est désormais la mieux placée pour signer ce retour.

La «course» au drapeau

En 2014, la NASA a sélectionné SpaceX et Boeing comme futurs prestataires pour un contrat de transport «clé en main» de ses astronautes vers l’ISS. Il ne s’agit pas pour autant d’un chèque en blanc car l’agence surveille de près les solutions techniques appliquées par les 2 sociétés et exige une batterie de tests pour garantir la sécurité des équipages. L’année dernière, en mars 2019, SpaceX a ainsi accompli une mission complète vers l’ISS et retour avec sa capsule Crew Dragon en mode automatique (vol Demo-1). Plus tard, en décembre de la même année, Boeing devait faire de même avec sa capsule Starliner, mais le vol fut écourté et le géant aérospatial américain devra reconduire cet essai «à vide» avant d’envisager une ultime certification avec des astronautes à bord.
Côté SpaceX en revanche, la prochaine étape est bien celle d’une mission habitée appelée Demo-2. L’équipage est constitué de Douglas «Doug» Hurley (commandant) et Robert «Bob» Behnken.

Robert «Bob» Behnken (à gauche) et Douglas «Doug» Hurley: l’équipage de Demo-2 à bord d’une capsule Crew Dragon pour des essais au sol. Leur combinaison de vol est fournie par SpaceX. La durée exacte de leur mission (de 1 à 4 mois ?) n’a pas encore été fixée et dépendra des impératifs liés à la rotation des équipages de l’ISS. Crédit : NASA

Robert «Bob» Behnken (à gauche) et Douglas «Doug» Hurley: l’équipage de Demo-2 à bord d’une capsule Crew Dragon pour des essais au sol. Leur combinaison de vol est fournie par SpaceX. La durée exacte de leur mission (de 1 à 4 mois ?) n’a pas encore été fixée et dépendra des impératifs liés à la rotation des équipages de l’ISS.
Crédit : NASA

Ces astronautes NASA, tous deux vétérans de vols à bord des navettes spatiales, sont donc chargés de vérifier le bon comportement de la Crew Dragon dans le cadre d’une prestation complète de transport (décollage, amarrage puis retour). Le décollage au sommet d’un Falcon 9 de SpaceX depuis le centre spatial Kennedy en Floride est pour le moment prévu le 27 mai à 16h32 heure locale (22h32 en France métropolitaine).
La vidéo SpaceX ci-dessous, montre le déroulement des étapes principales de cette mission.

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L’amarrage à l’ISS doit se dérouler le 28 mai à 17h29 heure française. La NASA a prévenu depuis plusieurs semaines que la date du décollage du 27 mai pourrait évoluer en fonction de la situation sanitaire qui résulte du COVID-19. L’équipage subit bien évidemment une quarantaine (qui est de toute façon une mesure de principe).

Douglas Hurley et Robert Behnken devraient donc accomplir le premier vol habité orbital américain depuis 2011, soit presque 9 ans. Car du 8 au 21 juillet 2011, la navette Atlantis signa la dernière mission d’un avion spatial de la NASA en allant vers l’ISS. Et lors de ce vol, l’équipage déposa sur une écoutille d’accès de la station un petit drapeau américain entouré des insignes de la première et de la dernière mission de navette.

Le drapeau américain laissé en juillet 2011 sur l’écoutille du sas du module Harmony de l’ISS. Il est accompagné des insignes des missions STS-1 et STS-135. Le ramener sur Terre est réservé au premier équipage d’un nouveau vaisseau américain. Crédit : NASA/Cité de l’espace

Le drapeau américain laissé en juillet 2011 sur l’écoutille du sas du module Harmony de l’ISS. Il est accompagné des insignes des missions STS-1 et STS-135. Le ramener sur Terre est réservé au premier équipage d’un nouveau vaisseau américain.
Crédit : NASA/Cité de l’espace

Une règle bien précise est attachée à cette bannière étoilée. Elle ne pourra être ramenée sur Terre que par l’équipage d’un vaisseau américain ! On saisit d’autant plus la force du symbole lorsqu’on sait que l’emblème avait également voyagé dans l’espace avec la navette Columbia pour le vol STS-1 inaugural du programme des navettes en 1981. Il y a ainsi eu une sorte de «course» entre SpaceX et Boeing pour déterminer qui allait être le premier à rapporter sur le territoire américain ce drapeau. Avec Demo-2 prévu fin mai, SpaceX semble être en bonne position.
Et ce n’est pas tout. On rajoutera que Douglas Hurley connaît très bien cet objectif. En tant que pilote d’Atlantis sur STS-135, il était un membre de l’équipage qui a amené ce drapeau à bord de l’ISS en juillet 2011. Le commandant de STS-135 était au passage Christopher Ferguson, qui travaille désormais chez Boeing et qui fera partie du trio du premier vol habité d’une capsule Starliner. Que la «course» au drapeau ait été remportée par SpaceX ou Boeing, on notera qu’il serait de toute façon revenu avec un des astronautes qui l’avaient convoyé là-haut…

Un simulateur d’amarrage en ligne

L’envol de Demo-2 s’annonce comme un événement important. Mais en raison de la pandémie de COVID-19, la NASA demande au public de ne pas se rendre en Floride pour assister au décollage et promet une large couverture via les réseaux sociaux et ses directs vidéos en ligne.
Si tout se déroule comme prévu, l’agence américaine retrouvera son indépendance dans l’accès à l’ISS et évitera ainsi de payer plusieurs dizaines de millions de dollars le siège d’un Soyouz russe (le tarif est récemment monté à 90 millions de dollars, entraînement inclus). Les astronautes japonais, canadiens et européens (par exemple Thomas Pesquet qui est récemment parti s’entraîner à Houston pour sa deuxième mission), voyagent sur le contingent de la NASA, ce qui signifie qu’ils devraient aller vers l’ISS et en revenir à bord des vaisseaux du Commercial Crew Program, donc une capsule Crew Dragon de SpaceX ou plus tard Starliner de Boeing (une fois ces engins certifiés bien sûr).
Dès aujourd’hui, les internautes peuvent toutefois s’essayer à piloter l’amarrage d’une capsule Crew Dragon de SpaceX grâce à un simulateur en ligne (cliquez ici). Vous constaterez que ce n’est pas forcément évident et que la minutie est requise. En vol opérationnel, ceci s’effectue en mode automatique. L’équipage peut reprendre la main en cas de besoin.

Capture d’écran du simulateur d’amarrage de la capsule Crew Dragon proposé par SpaceX. Crédit : SpaceX/Cité de l’espace

Capture d’écran du simulateur d’amarrage de la capsule Crew Dragon proposé par SpaceX.
Crédit : SpaceX/Cité de l’espace