Disparition d’André Brahic

Disparition d’André Brahic

L’astrophysicien français qui avait découvert les anneaux de Neptune est mort le 15 mai. Fervent défenseur de l’exploration spatiale, il avait participé à la mission de la sonde Galileo autour de Jupiter et de celle de Cassini (Saturne).

Né le 30 novembre 1942, André Brahic était astrophysicien au CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique). Spécialiste du Système solaire et de sa formation, il suggère dans les années 1980 avec des collègues d’observer l’occultation d’une étoile par Neptune. Les variations de luminosité trahissent alors le fait que «quelque chose» est à proximité de la planète géante : de probables anneaux. La découverte d’André Brahic et ses confrères sera confirmée par la sonde Voyager 2 en 1989 puis avec des clichés du télescope spatial Hubble. L’un des 5 anneaux (bien plus ténus que ceux de Saturne) apparaît discontinu avec des arcs plus denses que Brahic propose de baptiser Liberté, Égalité et Fraternité en hommage à la devise de la République française. Un quatrième sera nommé Courage.

André Brahic, défenseur de l’exploration spatiale

Mais Neptune était loin d’être le seul domaine de prédilection de ce chercheur qui semblait ne jamais dormir (il travaillait ou répondait souvent à des interviews de nuit). Il participa aussi à deux missions majeures de l’exploration de notre Système solaire avec Galileo autour de Jupiter puis Cassini pour Saturne. Cette dernière planète géante fascinait André Brahic, particulièrement ses anneaux. Il était l’un des grands spécialistes de la question.
Il n’hésitait d’ailleurs pas à se faire l’avocat de l’exploration spatiale en général, défendant avec talent et vigueur l’intérêt d’envoyer des sondes pour visiter les différents corps du Système solaire, soulignant les connaissances fabuleuses qui en découlaient et l’avancée des sciences qui en résultait.

André Brahic

André Brahic lors d’une conférence en 2014 au Festival d’Astronomie de Fleurance (un événement dont la Cité de l’espace est partenaire). Ce soir-là, comme tant d’autres, il captiva le public présent.
Crédit : Espace & Exploration / Marie Ange Sanguy

Un vulgarisateur et conférencier hors pair

André Brahic aimait de plus partager sa passion de la science, sachant se muer en vulgarisateur de talent (il a écrit plusieurs ouvrages) et en conférencier hors pair capable de tenir en haleine son public plusieurs heures ! Véritable showman, il commentait ses diapos avec de multiples anecdotes qui, au-delà d’un humour souvent ravageur, dessinaient aussi la petite histoire de la science la transformant en une saga humaine qui captivait l’auditoire. Il ne manquait pas alors de fustiger l’obscurantisme, présentant la démarche scientifique comme l’antidote aux croyances et superstitions tout en balayant le pessimisme et défendant l’idée d’un avenir brillant basé sur la recherche et la connaissance. Un discours jamais pompeux ou ennuyeux car déclamé avec fougue selon un rythme effréné. Lors de sa venue à la Cité de l’espace de Toulouse en juin 2005 pour une conférence, les traducteurs en langue des signes (qui se relaient) avaient même fini la soirée épuisés !
Il était également venu en 2009 à la Cité de l’espace dans le cadre de la manifestation Ciel en Fête. La photo en tête de cet article a été prise à cette occasion.
Voir la vidéo ci-dessous.

Ci-dessous, une conférence enregistrée en 2012 à l’université de Nantes.

Ce torrent d’énergie et d’optimisme a malheureusement succombé à 73 ans à un cancer. Depuis 1990, l’astéroïde (3488) Brahic porte son nom pour saluer sa contribution à la science et à la vulgarisation de l’astronomie. L’astronaute de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) Jean-François Clervoy a déclaré sur Twitter : «André Brahic grand et joyeux savant, d’esprit si jeune et généreux, immortel dans nos cœurs, parti vers les étoiles, Godspeed». Godspeed est une expression anglo-saxonne utilisée pour souhaiter un bon voyage et fréquemment employée pour saluer l’envol d’astronautes lors de leur mission.

André Brahic

André Brahic dédicace ses ouvrages au Festival de Fleurance en 2014. Son dernier livre est «Terres d’ailleurs» publié chez Odile Jacob.
Crédit : Espace & Exploration / Marie Ange Sanguy

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