Disparition de Toni Myers

Née en 1943, la cinéaste canadienne Toni Myers s’est éteinte en cette fin de mois de février. Elle est connue pour sa participation (en tant que monteuse puis réalisatrice) à des documentaires IMAX qui ont marqué des générations de spectateurs, notamment ceux consacrés au spatial. Ses 3 dernières œuvres sont Space Station 3D, Hubble 3D et A Beautiful Planet (qui ont été au programme de la salle IMAX de la Cité de l’espace de Toulouse).
Quelques jours avant son décès, sa compatriote et astronaute Julie Payette lui avait remis, en sa qualité de gouverneure générale, l’Ordre du Canada afin de saluer une «pionnière du cinéma» qui a «révélé l’immensité et la beauté de l’univers».

Toni Myers (à gauche) avec Julie Payette lors de la remise de l’Ordre du Canada. Crédit : compte Twitter de Julie Payette

Toni Myers (à gauche) avec Julie Payette lors de la remise de l’Ordre du Canada.
Crédit : compte Twitter de Julie Payette

Ne pouvant aller filmer elle-même dans l’espace (chose qu’elle regrettait même si elle admettait avec humour qu’elle ne serait pas forcément à l’aise là-haut), elle a formé de nombreux astronautes au tournage de séquences au format IMAX afin d’obtenir les images dont elle aurait besoin pour ses œuvres. Sur le réseau social Twitter, plusieurs de ces astronautes qui ont endossé le rôle de «caméraman» ou «assistant» sur orbite lui ont rendu hommage, tel Mark Polansky (3 missions de navette) qu’on peut voir dans Space Station 3D.

On notera que Space Station 3D et Hubble 3D font partie des films IMAX ayant eu le plus de succès dans les salles à écran géant. Toni Myers est de plus l’une des cinéastes qui ont forgé le langage visuel propre à l’IMAX lors de sa période pellicule (du 70 mm sur 15 perforations en passage horizontal ou 15/70 en jargon technique). Toutefois, sans cesse tournée vers l’excellence et l’innovation, elle a aussi été à la tête de l’utilisation du numérique avec Hubble 3D et A Beautiful Planet. Dans ce dernier film, l’emploi de caméras doté de capteurs électroniques a permis de saisir des vues nocturnes de la Terre alors inédites ou encore d’impressionnantes séquences de sortie en scaphandre avec une GoPro. C’est ce qu’explique l’astronaute Terry Virts, interviewé par la Cité de l’espace lors de l’arrivée sur les écrans de cette production.

Ce film tenait particulièrement à cœur à Toni Myers qui espérait transmettre la beauté de notre planète en même temps que sa fragilité, persuadée, comme les astronautes, que l’humanité doit prendre soin de son vaisseau spatial Terre.

Ci-dessous, un Tweet de Regards sur la Terre montrant Toni Myers lors de la première de A Beautiful Planet à la Cité de l’espace en février 2017.