DORN : la France à bord de Chang’E-6

DORN : la France à bord de Chang’E-6

Au terme d’un accord de coopération scientifique, l’agence spatiale française CNES fournira à la Chine un instrument pour la future mission lunaire Chang’E-6. Il s’agit de DORN, un détecteur de radon conçu par l’IRAP de Toulouse.

Au mois de mars de cette année, au palais de l’Élysée et en présence des présidents Xi Jinping et Emmanuel Macron, la Chine et la France formalisaient un accord de coopération scientifique. Le vice-administrateur de l’agence spatiale chinoise (CNSA) Zhang Jianhua et le président de l’agence spatiale française (CNES) Jean-Yves Le Gall signait ainsi un protocole prévoyant la fourniture d’un instrument pour la mission lunaire Chang’E-6.

DORN sur la Lune

Quelques mois plus tard, le 6 novembre, cette logique de coopération spatiale a franchi une étape supplémentaire à l’occasion de la visite d’État du président français Emmanuel Macron en Chine. Jean-Yves Le Gall a ainsi rencontré Zhang Keijan, l’administrateur de la CNSA (tweet ci-dessous).

https://twitter.com/JY_LeGall/status/1191705308776816641

Il a été confirmé que l’instrument français qui partira à bord de la sonde chinoise Chang’E-6 sera DORN. Mis au point par l’IRAP de Toulouse (Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie), il s’agit d’un spectromètre alpha optimisé pour la détection du radon. D’ailleurs DORN signifie Detection of Outgassing RadoN (détection du dégazage de radon). Le radon est un gaz rare radioactif et son étude sur la Lune permettra de mieux comprendre les transports de gaz dans l’environnement de notre satellite naturel que ce soit pour le régolithe (la couche de poussière en surface) ou l’exosphère (atmosphère extrêmement tenue).

Traces de roues laissées par le rover Yutu 2 de la mission chinoise Chang’E-4 qui a signé le premier atterrissage sur la face cachée de la Lune. Les missions de retour d’échantillons Chang’E-5 et 6 utiliseront des engins différents.
Crédit : CNSA

Traces de roues laissées par le rover Yutu 2 de la mission chinoise Chang’E-4 qui a signé le premier atterrissage sur la face cachée de la Lune. Les missions de retour d’échantillons Chang’E-5 et 6 utiliseront des engins différents.
 Crédit : CNSA

Chang’E-6 est le double de la mission de retour d’échantillons Chang’E-5 qui doit se dérouler fin 2020. DORN décollera donc plus tard fin 2023 et restera environ 48 heures sur la Lune. Passé ce délai, la sonde chinoise (et ainsi DORN) repartira avec ses précieux échantillons. Un séjour certes court, mais qui devrait compléter efficacement des mesures qui n’ont été jusque là réalisées que depuis l’orbite.

On notera que la coopération spatiale franco-chinoise s’étend aussi au domaine de l’observation de la Terre et plus particulièrement au suivi du changement climatique. Pour le président du CNES Jean-Yves Le Gall, «La coopération que nous menons avec la Chine dans le domaine spatial continue de s’intensifier, comme le démontre cette nouvelle étape franchie avec ses deux volets. D’une part, l’étude scientifique de la Lune alors que son exploration sera le fil conducteur des missions spatiales de la prochaine décennie. D’autre part, l’étude du cycle de l’eau sur la Terre pour mieux comprendre le changement climatique, l’un des enjeux majeurs pour notre planète».

DORN : la France à bord de Chang’E-6

Au terme d’un accord de coopération scientifique, l’agence spatiale française CNES fournira à la Chine un instrument pour la future mission lunaire Chang’E-6. Il s’agit de DORN, un détecteur de radon conçu par l’IRAP de Toulouse.