À la découverte d’EGNOS

À la découverte d’EGNOS

Le programme européen EGNOS utilise des stations au sol et des satellites pour améliorer et certifier la précision du GPS ou de Galileo. Les nombreuses applications, notamment pour l’aviation, sont expliquées à la Cité de l’espace.

La géolocalisation fait partie de ces applications spatiales tellement intégrées à notre vie quotidienne qu’on oublie souvent qu’elles reposent sur des satellites. Pourtant, sans des dizaines de satellites autour de notre planète (et les lanceurs pour les placer sur orbite !), nos smartphones ne pourraient pas par exemple nous indiquer où nous sommes à quelques dizaines de mètres près grâce au GPS ou son équivalent européen Galileo. Encore plus discret, mais très efficace, EGNOS est un système qui améliore la précision de la géolocalisation par satellites ce qui permet de l’utiliser pour des usages où la sécurité est essentielle comme l’aviation.

EGNOS : une localisation par satellite améliorée et certifiée

Le GPS américain, son homologue russe GLONASS ou encore le Galileo européen reposent sur la même solution technique. Une trentaine de satellites sur orbite à environ 20 000 km émettent des signaux d’horloge très précis. Sur Terre, un récepteur utilise ces signaux pour déterminer à quelle distance il est des satellites (cette distance est fonction du temps que met le signal radio pour aller du satellite au récepteur à la vitesse de 300 000 km/s). En fait, votre smartphone ou le dispositif qui vous guide dans la voiture se situe à l’intersection des distances ainsi calculées entre généralement 4 satellites. Si la géolocalisation par satellites a fait ses preuves, certaines applications exigent toutefois une précision supplémentaire. Et c’est là que le programme européen EGNOS (European Geostationary Navigation Overlay Service) entre en jeu. La vidéo d’EuroNews ci-dessous en explique les grandes lignes.

Pour EGNOS, une quarantaine de stations dites de référence ont été placées en Europe. La position géographique de ces stations est bien évidemment connue avec une extrême précision. EGNOS consiste donc à comparer cette position avec celle qu’en donne un GPS ou Galileo. Le correctif à apporter est ensuite envoyé à des récepteurs spécifiques EGNOS via des satellites de télécommunications. Enfin, et c’est très important, au-delà d’une précision accrue (on passe d’une vingtaine de mètres à 2 m), le signal EGNOS fournit une certification, c’est-à-dire que l’utilisateur est prévenu si jamais le positionnement souffre d’une trop grande imprécision. Cette certification est essentielle pour des applications professionnelles de transports et EGNOS peut du coup être employé pour faire atterrir des avions de ligne en procédure de vol aux instruments lorsque la visibilité est réduite.

Posez un avion avec EGNOS à la Cité de l’espace

Un système comme EGNOS apporte donc beaucoup mais reste «caché» auprès du grand public qui très souvent ne soupçonne pas toute l’infrastructure nécessaire. C’est pourquoi la Cité de l’espace de Toulouse a réalisé un nouvel élément d’exposition appelé «Aux Commandes de l’Avion». Les visiteurs peuvent alors prendre la place d’un pilote et voir l’apport d’EGNOS pour une phase d’atterrissage.

À la Cité de l’espace, «Aux Commandes de l’Avion» permet aux visiteurs de comprendre, par un exemple concret, les avantages du système EGNOS. Crédit : Florence Seroussi/Cité de l’espace

À la Cité de l’espace, «Aux Commandes de l’Avion» permet aux visiteurs de comprendre, par un exemple concret, les avantages du système EGNOS.
Crédit : Florence Seroussi/Cité de l’espace

Rappelons que ce service de navigation est géré par l’Agence du GNSS européen (la GSA) et fourni par la société toulousaine ESSP. L’élément «Aux Commandes de l’Avion», déjà à disposition des visiteurs de la Cité de l’espace sera officiellement inauguré le 11 octobre à 19 h en présence de représentants de la Commission Européenne et de la GSA. Cet événement et les autres associés se déroulent en dehors des heures d’ouverture de la Cité de l’espace afin de ne pas gêner les visiteurs.

On notera aussi dès 17h un accueil de la presse autour d’une rencontre avec les acteurs de la géolocalisation de précision européenne et une démonstration de «Aux commandes de l’avion».
Les intervenants seront : Jean-Marc Pieplu (EGNOS Programme Manager, GSA), Nicolas Dubois (Directeur Adjoint de la DTI/Toulouse DGAC/DSNA), Thierry Racaud (Directeur général ESSP), Jean Baptiste Desbois (Directeur général de la Cité de l’espace) et un représentant d’AIRBUS Commercial Aircraft.

De 18 à 19h, les doctorants du CNES et les étudiants des différentes écoles et universités de Toulouse seront conviés à une série de présentations flash autour des programmes de navigation par satellite de l’Union Européenne.