Devenez astronaute de l’ESA

Devenez astronaute de l’ESA

L’Agence Spatiale Européenne lance sa quatrième sélection d’astronautes. Pour participer, il faut déposer sa candidature entre le 31 mars et le 28 mai 2021. L’ESA étudiera la possibilité d’inclure des personnes handicapées, une première.

Pour la quatrième fois depuis sa création en 1975, l’Agence Spatiale Européenne ESA procède dès ce 31 mars 2021 à une sélection d’astronautes. Il faut remonter à 2008 pour retrouver le précédent processus qui avait abouti en 2009 à retenir 6 personnes, dont le Français Thomas Pesquet.

«Il faut tenter» dit Claudie Haigneré

Première Française dans l’espace et marraine de la Cité de l’espace, Claudie Haigneré a répondu à des questions lors d’une conférence en ligne organisée par l’Agence Spatiale Européenne le 31 mars. La Cité de l’espace a ainsi expliqué que beaucoup de personnes avaient exprimé leur enthousiasme pour cette sélection tout en s’estimant en même temps insuffisamment qualifiées. Claudie Haigneré a aussitôt rappelé le point suivant : «On n’est pas à la recherche de superhéros ou de gens parfaits». Elle pousse donc celles et ceux qui répondent aux critères du diplôme de niveau mastère et des trois ans d’expérience professionnelle à se présenter. «Il faut y aller, il faut tenter» encourage-t-elle. Zineb Elomri, spécialiste de l’acquisition de talents à l’ESA précise d’ailleurs que si astronaute peut apparaître comme «un métier inaccessible», tel n’est pas le cas puisque «le mastère est accessible de même que la maîtrise de l’anglais». Elle rappelle aussi qu’il n’est pas nécessaire d’être pilote ou de parler russe comme on le croit souvent. Claudie Haigneré a renchéri en soulignant qu’il fallait oublier le «cliché du pilote d’essai militaire», car les profils étaient aujourd’hui bien plus ouverts, tout en ajoutant que «les jeunes femmes doivent candidater». Enfin, elle explique que même si on n’est pas sélectionné au final, une candidature reste enrichissante : «On aura appris, découvert d’autres métiers du spatial et fait des rencontres».

Qui peut poser sa candidature ?

Tout d’abord, il faut être titulaire de la citoyenneté de l’un des 22 pays membres de l’ESA ou des 2 associés.
La liste des pays concernés : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Suède, République Tchèque et Suisse. Plus la Slovénie et la Lettonie (membres associés).
Le maître-mot de cette sélection de 2021 est la diversité. David Parker, Directeur du Programme de vols habités et d’exploration robotique de l’ESA, explique la volonté de diversité de l’agence par ces mots : « Nous accordons une grande importance au fait de représenter toutes les composantes de notre société« . La sélection est ainsi ouverte aux hommes comme aux femmes . Cela a toujours été le cas, mais les années précédentes et notamment en 2008, le pourcentage de candidatures féminines était faible avec seulement 15 % (nous y revenons plus bas).

Ci-dessous, une vidéo ESA sur cette nouvelle campagne de sélection.

Un diplôme de niveau Master en sciences, mathématiques ou ingénierie est exigé, ou alors une qualification de pilote d’essai. À cela s’ajoutent 3 années d’expérience professionnelle pertinentes. La maîtrise de l’anglais (niveau minimum dit CEFR C1) est également un prérequis. La connaissance d’une autre langue (niveau CEFR B1-B2) est un atout.
Outre ses critères, l’ESA précise que les candidates ou candidats doivent avoir une forte motivation, la capacité de travailler à des horaires très fluctuants et qu’ils ou elles voyageront beaucoup et seront donc souvent absent(e)s de leur domicile.
Tous ces éléments et d’autres sont expliqués sur le site de l’ESA consacré à la campagne de recrutement (cliquez sur l’image ci-dessous). Lors de la conférence de presse du 16 février, il a été indiqué que l’âge maximum admis sera de 50 ans.


Cliquer sur cette image vous amènera donc sur le site général de la sélection. En sélectionnant « Apply now! » (à gauche), vous arriverez sur le site Esa Jobs et en entrant « Astronaut » dans le critère de recherche, vous arriverez à cette page ESA pour commencer en ligne le dépôt de votre candidature.
Egalement très utile, cet Astronaut Appliquant Handbook au format PDF (en anglais) qui détaille tout ce que les candidates ou candidats doivent savoir.

Diversité, Lune, Mars et les parastronautes

Comme indiqué dans ce précédent article, l’ESA «vise à initier un véritable changement générationnel» et «encourage vivement les femmes à postuler». Rappelons que pour la sélection de 2009, il n’y avait qu’une seule femme (l’italienne Samantha Cristoforetti) et 5 hommes. Une proportion hélas équivalente à celle des femmes s’étant présentées. L’agence espère que pour 2021 bien plus de femmes feront acte de candidature.
Il est à noter que l’ESA envisage de retenir 4 à 6 astronautes. Outre les missions vers la Station Spatiale Internationale qui se déroulent actuellement, la Lune et plus tard Mars font partie des objectifs. Surtout la Lune d’ailleurs au regard de la coopération active de l’ESA au sein du programme NASA Artemis de retour vers la Lune.
Enfin,  pour David Parker, Directeur du Programme de vols habités et d’exploration robotique de l’ESA, la notion de diversité doit aussi prendre en compte le handicap physique. Il l’explique ainsi : « L’ESA ne souhaite pas considérer la diversité uniquement du point de vue de la nationalité, de l’âge, du milieu social ou du genre des astronautes, mais aussi du point de vue du handicap physique. J’ai décidé, afin que ce rêve devienne une réalité, de lancer en parallèle du recrutement des astronautes ce projet de faisabilité des parastronautes, une idée novatrice qu’il était temps de concrétiser ».

Infographie de l’ESA à propos du projet parastronautes. Crédit : ESA

Infographie de l’ESA à propos du projet parastronautes.
Crédit : ESA

Il s’agit d’étudier la possibilité d’inclure comme astronautes des personnes touchées par un handicap physique. La perte d’un membre inférieur, une différence de taille des jambes ou une taille inférieure à 130 cm sont cités en exemple. L’idée est de ne pas se priver de talents pour une question de handicap. Toutefois, l’agence ne souhaite pas non plus initier de faux espoirs et souligne qu’elle entreprend là une étude de faisabilité à propos d’un «projet très innovant» pour lequel elle devra «travailler avec des experts du domaine».

Le processus de sélection suivra les étapes suivantes.
– 31 mars au 28 mai 2021 : phase de candidatures.
– Mai à juin 2021 : examen des candidatures.
– Juillet à novembre 2021 : tests psychologiques.
– Janvier à avril 2022 : tests pratiques et psychométriques.
– Mai à juillet 2022 : sélection médicale.
– Juillet à septembre 2022 : première phase d’entretiens.
– Septembre 2022 : deuxième phase d’entretiens.
– Octobre 2022 : annonce de la sélection.

En attendant, un peu de nostalgie avec cette vidéo de la visite en 2010 à la Cité de l’espace de Toulouse des 6 sélectionné(e)s ESA de 2009. Depuis, tous ont accompli au moins une mission spatiale !

Crédit de l’illustration du titre : Cité de l’espace à partir de documents ESA

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