ExoMars 2018 décollera en 2020

ExoMars 2018 décollera en 2020

Deuxième volet du programme ExoMars de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), ExoMars 2018 consiste à envoyer un rover sur la planète rouge. Les partenaires de la mission ont décidé de repousser l’envol de 2018 à 2020 afin que tout soit prêt.

Le 14 mars dernier, un lanceur russe Proton envoyait avec succès ExoMars 2016 vers la quatrième planète du système solaire. La sonde, appelée TGO pour Trace Gas Orbiter, doit se placer sur orbite autour de Mars en octobre prochain. De là, elle scrutera son atmosphère pour y détecter la présence de gaz tels que le méthane dont l’origine peut être géologique (volcanisme par exemple) ou biologique (issu de microbes). La sonde aura de plus largué un atterrisseur baptisé Schiaparelli qui fonctionnera quelques jours à la surface.

Ci-dessous, Jorge Vago de l’ESA explique les objectifs scientifiques d’ExoMars 2016, mais aussi ceux d’ExoMars 2018, deuxième volet du programme (une vidéo Cité de l’espace réalisée le jour du lancement au centre de contrôle ESOC de l’ESA en Allemagne).

Deux années de plus pour ExoMars

ExoMars 2016 (la sonde TGO et Schiaparelli donc) est ainsi le premier volet d’un programme d’exploration de la planète rouge qui associe l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et son homologue de Russie, Roscosmos. Un second volet dit ExoMars 2018 ambitionne lui de poser un rover capable de forer jusqu’à deux mètres dans le sol martien, ce qui n’a jamais été fait. Au départ, la NASA coopérait à ExoMars mais, confrontée à des limitations budgétaires, elle s’est retirée en 2011. L’année suivante, l’ESA sauvait son programme en concluant un accord avec la Russie. C’est au titre de cette coopération que Roscosmos fournit le lanceur et des instruments.
Comme son nom l’indique, ExoMars 2018 devait décoller en 2018. La complexité de la mission et quelques retards pris faisaient qu’un report à 2020 (en 2019, Mars n’est pas en position favorable pour un lancement) avait été évoqué. L’ESA a toutefois confirmé officiellement le 2 mai que le rover s’envolerait en juillet 2020 au sommet d’un Proton russe.
Ci-dessous, une vidéo ESA qui montre l’essai d’un prototype du rover. Ce dernier était au CNES (l’agence spatiale française) à Toulouse sur une reconstitution de terrain martien. Les contrôleurs du robot travaillaient depuis le centre ESTEC de l’ESA aux Pays-Bas.

L’ESA précise que la décision du report de 2018 à 2020 résulte des travaux d’une commission conjointe avec Roscosmos chargée d’analyser la situation de la préparation de la mission. Le Joint ExoMars Steering Board (JESB) estime qu’un départ en 2020 permet de «prendre en compte les retards dans les activités industrielles et celles de livraisons des instruments, côté européen et russe». Le communiqué officiel parle aussi de «mesures additionnelles qui seront prises afin de maintenir un contrôle des activités des deux côtés jusqu’au lancement».

S’il n’est pas souhaitable, le report de missions spatiales n’est pas non plus inédit. Pour se limiter à Mars et sans remonter trop loin, on citera le rover de la NASA Curiosity qui recula de 2 ans afin d’être prêt à partir en 2011 ou encore Mars InSight (NASA également), récemment reporté à 2018 au lieu de 2016, l’instrument fourni par le CNES présentant un défaut d’étanchéité.