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ExoMars : l’ESA retourne vers la planète rouge

ExoMars : l’ESA retourne vers la planète rouge

Le 14 mars, le lanceur russe Proton va envoyer la sonde ExoMars 2016 vers la planète rouge, signant le retour de l’Agence Spatiale Européenne vers ce monde après Mars Express en 2003. La recherche de la vie est au programme.

Le programme d’exploration ExoMars de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) revient de loin ! Cette ambitieuse étude de la planète rouge tournée vers la recherche de la vie se faisait au départ avec la coopération de la NASA qui fournissait les deux lancements, des instruments plus un rover pour 2018. Car ce programme comprend deux phases : une sonde destinée à tourner autour de Mars en 2016 et un engin mobile à la surface en 2018. Mais en 2011, l’agence américaine jette l’éponge pour des raisons budgétaires. Le retour de l’ESA et donc de l’Europe vers la quatrième planète (après Mars Express en 2003, sonde qui fonctionne toujours d’ailleurs) s’en trouve compromis !
Le directeur général de l’ESA de l’époque, le français Jean-Jacques Dordain, décide toutefois qu’ExoMars doit se faire et il demande même à l’industriel maître d’œuvre, Thales Alenia Space, de continuer le travail. En 2012, un accord est signé avec l’agence russe Roscosmos qui apporte son lanceur russe Proton pour les deux lancements, des instruments et le système d’atterrissage du rover de 2018. L’étude de l’exobiologie (soit la science du vivant en dehors de la Terre) sur Mars est sauvée.

ExoMars 2016 : un orbiteur et un atterrisseur
Aujourd’hui, la mission ExoMars 2016 suit ses derniers préparatifs. L’orbiteur dénommé TGO (Trace Gas Orbiter) et l’atterrisseur EDM (Entry, descend and landing Demonstrator Module) baptisé Schiaparelli sont en effet tous deux au cosmodrome de Baïkonour, attendant d’être installés au sommet du lanceur Proton. La vidéo ESA ci-dessous montre la mise en place de l’EDM au sommet du TGO à Baïkonour.

Le décollage est prévu pour le 14 mars prochain à 10h31 heure française et il sera possible de suivre cet événement à la Cité de l’espace

Les principales étapes de cet envol européen vers Mars seront aussi retransmises sur notre compte Twitter.

La vidéo ESA ci-dessous montre en images de synthèse le lancement d’ExoMars 2016, son périple vers Mars et son arrivée.

Après un périple de plusieurs mois, ExoMars 2016 arrivera à destination en octobre prochain. Le 19 octobre, l’orbiteur TGO se placera… sur orbite (comme son nom l’indique !) autour de la planète rouge. Il est équipé d’instruments lui permettant de photographier la surface de Mars avec une résolution de 5 m et, surtout, d’analyser la composition de l’atmosphère de cette planète. Les très faibles proportions de méthane seront particulièrement scrutées. Ceci, car ce gaz peut provenir d’une activité géologique (volcanisme résiduel par exemple), ou être généré par des processus propres au vivant, peut-être par des microbes présents dans le sous-sol. Les scientifiques de la mission pensent pouvoir faire la différence entre les deux types d’origine. Si une activité volcanique subsiste encore sur Mars, le méthane devrait être accompagné d’autres gaz typiques tel le dioxyde de soufre. En revanche, des gaz organiques à l’image de l’éthane feraient pencher la balance en faveur d’une source biologique. Nul doute que les résultats sont très attendus mais il faudra être patient : la récolte des données demandera du temps (plusieurs mois afin de cumuler les mesures pour minimiser les erreurs).

L’orbiteur TGO (Trace Gas Orbiter) d’ExoMars 2016 autour de la planète rouge (image d’artiste). Crédit : ESA / D. Ducros

L’orbiteur TGO (Trace Gas Orbiter) d’ExoMars 2016 autour de la planète rouge (image d’artiste).
Crédit : ESA / D. Ducros

Le 19 octobre sera aussi le jour où l’Europe se posera sur Mars avec l’atterrisseur EDM nommé Schiaparelli en hommage à l’astronome italien du même nom, Giovanni Schiaparelli (1835-1910) qui étudia Mars avec des télescopes. Largué 3 jours avant par le TGO, l’EDM Schiaparelli va rentrer dans l’atmosphère à grande vitesse et, en quelques minutes, enchaîner de façon automatisée une séquence complexe (largage des boucliers thermiques, parachute puis descente sous rétrofusées) afin de se poser dans la région de Meridiani Planum. Là où le rover de la NASA Opportunity arriva en janvier 2004. Équipé d’une petite station météo, Schiaparelli enverra des «bulletins météo martiens» pendant quelques jours avant épuisement de ses piles.

Une fois au sol, l’atterrisseur EDM Schiaparelli fera des mesures météo pendant quelques jours (image d’artiste). Crédit : ESA / ATG Medialab

Une fois au sol, l’atterrisseur EDM Schiaparelli fera des mesures météo pendant quelques jours (image d’artiste).
Crédit : ESA / ATG Medialab

ExoMars 2018 : un rover martien européen
Le TGO de son côté est conçu pour rester opérationnel jusqu’en 2022 (et plus s’il fonctionne bien). Car en 2018, il viendra en support de la mission ExoMars 2018. Ce rover européen utilisera en effet le TGO comme relais de communication avec la Terre.
ExoMars 2018 sera un laboratoire d’analyse mobile avec des instruments orientés vers la recherche de la vie passée (ou éventuellement présente même si cette hypothèse est jugée peu probable) sur Mars. N’oublions pas que le rover Curiosity de la NASA a démontré que la planète rouge avait été habitable voici 3 milliards d’années ou un peu plus. Habitable donc, mais on ne sait pas si elle a été habitée. Le rover ExoMars 2018 pourraient bien répondre à cette question grâce à une innovation : il est équipé d’une foreuse capable de prélever des échantillons jusqu’à 2 m dans le sous-sol. Les traces d’une vie passée sur la planète rouge sont peut-être préservées à cette profondeur où les radiations qui stérilisent la surface pénètrent moins.

Test au sol du prototype du rover ExoMars 2018. Cet essai s’est déroulé sur une simulation de terrain martien du Centre Spatial de Toulouse du CNES (l’agence spatiale française). Crédit : ESA–G. Porter

Test au sol du prototype du rover ExoMars 2018. Cet essai s’est déroulé sur une simulation de terrain martien du Centre Spatial de Toulouse du CNES (l’agence spatiale française).
Crédit : ESA–G. Porter