L’Inde se prépare à alunir début septembre

L’Inde se prépare à alunir début septembre

La sonde indienne Chandrayaan-2 tourne autour de notre satellite naturel depuis le 20 août. Le 6 septembre, la partie atterrisseur baptisée Vikram doit se poser en douceur sur la Lune, une première pour l’Inde.

Le 22 juillet dernier, peu après la célébration du cinquantenaire des premiers pas sur la Lune, l’agence spatiale indienne ISRO faisait décoller avec succès sa sonde lunaire Chandrayaan-2. Celle-ci a depuis suivi une ronde orbitale autour de notre planète l’amenant à s’éloigner de plus en plus de nous pour enfin basculer pleinement dans l’influence gravitationnelle de notre satellite naturel le 20 août. Chandrayaan-2 scrute désormais la surface sélène pour préparer l’arrivée de son atterrisseur au début du mois de septembre.

Portrait lunaire indien

Avec Chandrayaan-2, l’ISRO retourne vers la Lune (après Chandrayaan-1 en 2008) en affichant des objectifs très ambitieux. La sonde est ainsi en fait double, car elle regroupe un orbiteur et un atterrisseur.
L’orbiteur, qui fait 2,3 tonnes à lui seul, est équipé de 8 instruments scientifiques, dont des caméras, des spectromètres et même un radar. Il est également chargé des manœuvres orbitales qui se déroulent actuellement afin de progressivement atteindre une ronde autour de la Lune à une centaine de kilomètres d’altitude. Une fois cet objectif accompli, l’atterrisseur Vikram (hommage au père du programme spatial indien, Vikram A Sarabhai mort en 1971) de 1,4 tonne se séparera de l’orbiteur pour alunir. En attendant ce moment pour l’instant prévu le 6 septembre en fin de soirée (vers 22h25 heure française, donc le 7 septembre très tôt en Inde), Chandrayaan-2 nous propose de superbes images de la surface sélène.

La Lune le 21 août par la sonde Chandrayaan-2 à 2650 km de distance. Crédit : ISRO

La Lune le 21 août par la sonde Chandrayaan-2 à 2650 km de distance.
Crédit : ISRO

Détails de la face cachée par la Terrain Mapping Camera le 23 août. Crédit : ISRO

Détails de la face cachée par la Terrain Mapping Camera le 23 août.
Crédit : ISRO

Le cratère Sommerfeld de 169 km de diamètre est également situé sur la face cachée. Crédit : ISRO

Le cratère Sommerfeld de 169 km de diamètre est également situé sur la face cachée.
Crédit : ISRO

Région polaire Nord de la Lune, côté face cachée. Il est à noter que l’atterrisseur Vikram se posera sur la face visible de notre satellite naturel. Crédit : ISRO

Région polaire Nord de la Lune, côté face cachée. Il est à noter que l’atterrisseur Vikram se posera sur la face visible de notre satellite naturel.
Crédit : ISRO

Si tout se déroule comme prévu, l’Inde signera sa première arrivée en douceur sur la Lune début septembre (gardez à l’esprit que la date du 6 septembre peut être modifiée en fonction des manœuvres orbitales). La précision «en douceur» s’impose, car lors de la mission Chandrayaan-1 en 2008, une petite sonde avait été larguée afin de percuter (volontairement) notre satellite naturel. L’Inde a donc déjà atteint la surface de la Lune ! Bien évidemment, pour début septembre, la manœuvre s’avère bien plus délicate. L’atterrisseur Vikram vise une région à 70° de latitude sud, donc relativement proche du pôle Sud, région qui intéresse les planétologues, notamment en raison de la présence très probable de glace d’eau. Une fois posé, Vikram déploiera une rampe par laquelle le rover Pragyan (sagesse en sanscrit) descendra afin d’arpenter la surface. Il est équipé de plusieurs instruments scientifiques, dont un laser capable d’analyser les roches à distance. La vidéo de l’ISRO ci-dessous résume la mission jusqu’aux premiers tours de roues de ce rover.

L’Inde deviendra alors la quatrième nation à s’être posée sur la Lune, après la Russie, les États-Unis et la Chine. Pour l’ISRO, Chandrayaan-2 n’est pas une mission sans lendemain puisqu’elle y voit «un banc d’essai prometteur pour éprouver les technologies requises pour les missions vers l’espace lointain». Cette notion de la Lune comme banc d’essai des technologies nécessaires pour aller plus loin (notamment les vols habités vers Mars) est d’ailleurs une des raisons avancées par les agences qui participent au renouveau de l’exploration sélène, sujet de l’Exposition Lune – Episode II de la Cité de l’espace de Toulouse.
Rappelons qu’après le succès de sa sonde martienne MOM (Mars Orbiter Mission) qui tourne autour de la planète rouge depuis 2014, l’agence indienne a décidé qu’une autre sonde partirait vers cette destination. De plus, l’ISRO prépare un vol habité avec des moyens nationaux (lanceur et capsule) qui pourrait intervenir en 2022. Une initiative qui a le soutien de l’exécutif de la plus grande démocratie du monde. L’agence spatiale française CNES et l’ISRO ont même signé une coopération afin de mettre «en commun leur expertise dans les domaines de la médecine spatiale, du suivi de l’état de santé des astronautes, du support-vie, de la protection contre les radiations, de la protection contre les débris spatiaux et des systèmes d’hygiène personnelle».