1000 sols et magnitude 4,2 pour InSight

1000 sols et magnitude 4,2 pour InSight

Sur la planète rouge depuis la fin novembre 2018, l’atterrisseur InSight de la NASA a passé le cap des 1000 sols (jours martiens) le 18 septembre 2021. Son sismomètre français SEIS a de plus détecté le même jour un tremblement de terre de magnitude 4,2.

Le 26 novembre 2018, après presque 7 mois de voyage, InSight se posait sur Mars dans la région d’Elysium Planitia. Cet atterrisseur du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA emporte plusieurs instruments dont le principal est SEIS (Seismic Experiment for Interior Structure), un sismomètre extrêmement précis fourni par l’agence spatiale française CNES.

La quête de l’intérieur de Mars

Après son déploiement au sol par le bras robotique de l’atterrisseur, SEIS a passé avec succès une période de calibration suivie par une «écoute» attentive de l’activité sismique de Mars. L’équipe scientifique, avec à sa tête le Français Philippe Lognonné de l’Institut de Physique du Globe de Paris, se penche depuis sur l’analyse des tremblements de terre de la quatrième planète qu’enregistre l’instrument.
Par une heureuse coïncidence, le 18 septembre 2021, alors qu’InSight franchissait le cap symbolique des 1000 sols (jours martiens) au sein d’Elysium Planitia, SEIS a capté un tremblement de Terre de magnitude 4,2. L’un des plus importants ainsi mesuré. Il est comparable à ceux de 4,2 et 4,1 perçus le 25 août 2021.

Le sismomètre InSight posé sur le sol de Mars sous son dôme protecteur devant InSight. Crédit : NASA/JPL-Caltech

Le sismomètre InSight posé sur le sol de Mars sous son dôme protecteur devant InSight.
Crédit : NASA/JPL-Caltech

Ces récentes détections et enregistrements d’ondes sismiques en août et septembre ont bien failli ne pas pouvoir être réalisés. En effet, Mars est en ce moment sur un point de son orbite où elle est plus loin du Soleil et cela diminue logiquement la performance des cellules photovoltaïques d’InSight qui de plus se sont recouvertes de poussière depuis fin 2018. Les équipes du JPL en Californie avaient d’ailleurs envisagé de devoir éteindre certains instruments, dont SEIS, en raison de la pénurie d’électricité qui résulte de cette situation. Mais les ingénieurs et techniciens ont réussi à enlever de la poussière en utilisant le bras robotique de l’atterrisseur (en versant un prélèvement de sol qui a entrainé avec lui une partie des poussières accumulées). Le gain en production d’électricité permis par ce «nettoyage» des panneaux solaires est suffisant pour que SEIS continue de fonctionner !
Les données récoltées en «bonus» s’ajouteront à d’autres afin de mieux définir la structure interne de la planète rouge. En effet, les ondes sismiques sont altérées par les différentes couches qu’elles traversent avant d’atteindre SEIS, fournissant une sorte d’échographie de la planète. Philippe Lognonné et ses collègues ont ainsi déjà affiné le portrait de l’intérieur de Mars. Sa croûte se révèle plus fine que ce qu’on évaluait auparavant avec environ 20 à 35 km d’épaisseur alors que certains modèles prédisaient jusqu’à 100 km. Cette croûte semble dotée de 2 ou 3 sous-couches. Le manteau, sous la croûte, présente une seule couche de 1560 km. Enfin, le noyau, liquide et chaud, est plus grand que prévu avec un rayon de 1830 km. Le flux de chaleur, à l’intérieur de Mars, serait trois à cinq fois plus faible que celui de la Terre.

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