InSight : bienvenue sur Elysium Planitia !

InSight : bienvenue sur Elysium Planitia !

Après un atterrissage réussi le 26 novembre, InSight a déployé ses panneaux solaires tandis qu’une de ses caméras saisissait la plaine d’Elysium Planitia avec notamment le sismomètre français SEIS en avant-plan.

Après 7 mois de voyage, l’atterrisseur InSight de la NASA s’est posé avec succès sur la planète rouge le 26 novembre peu avant midi, heure du Jet Propulsion Laboratory en Californie d’où est contrôlée la mission (voir cet article). Quelques heures plus tard, nous recevions une spectaculaire image, sorte de «selfie» d’InSight qui montre le futur «terrain de jeu» du sismomètre SEIS (Seismic Experiment for Interior Structure) fourni par l’agence spatiale française CNES.

Elysium Planitia : ennuyeuse mais idéale

Les responsables d’InSight l’ont plusieurs fois souligné, et c’est même devenu une astuce de communication pour l’agence américaine : la zone choisie pour l’atterrissage, dans la région d’Elysium Planitia, est… ennuyeuse ! Plate, sans roches (ou du moins pas trop), et avec peu de cratères. Bref, une morne plaine qui s’avère en fait idéale pour y poser un sismomètre, en l’occurrence SEIS, instrument délicat qui fonctionne mal sur des surfaces accidentées ou recouvertes de cailloux. Il en est de même pour l’instrument allemand HP3 (mesure des flux de chaleur en sous-sol).
Grâce à une caméra couleur située sur le bras robotique IDA (Instrument Deployment Arm), nous pouvons voir SEIS en avant-plan de l’horizon d’Elysium Planitia (image ci-dessous).

Crédit : NASA/JPL-Caltech

Pour mieux comprendre ce que nous voyons, nous avons légendé la photo.

Crédit : NASA/JPL-Caltech/Cité de l’espace

Lorsque bien d’autres opérations préliminaires auront été accomplies, le  bras robotique IDA saisira avec son grappin SEIS pour l’amener à la surface de Mars comme le montre le schéma ci-dessous. Le godet peut servir a déplacer un caillou susceptible de gêner la dépose du sismomètre ou de HP3. Ce dessin montre aussi de chaque côté de l’atterrisseur les 2 panneaux solaires circulaires. La NASA a confirmé que ceux-ci s’étaient correctement ouverts et qu’ils fournissaient l’énergie électrique attendue.

Crédit : NASA/JPL-Caltech/Cité de l’espace

On notera qu’une fois que SEIS aura été déposé au sol, il sera ensuite recouvert du dôme blanc que l’on voit sur l’atterrisseur. Dôme qui apportera une protection thermique supplémentaire tout en isolant le sismomètre des vents martiens.
Cependant, avant d’en arriver à la phase de dépose de SEIS (d’ici quelques semaines), il faut le «réveiller» et vérifier son bon état. Un travail qui commence pour les équipes françaises dès le 27 novembre comme nous l’avait expliqué Charles Yana du CNES dans la vidéo ci-dessous.

Rappelons qu’en scrutant les ondes sismiques, SEIS permettra de connaître la structure interne de Mars et donc l’histoire de la formation de ce monde. Une histoire riche d’enseignements pour mieux comprendre les mécanismes de formation des autres planètes telluriques comme Mercure, Vénus ou bien entendu la Terre.