L’ISS, un symbole d’amitié et de coopération

L’ISS, un symbole d’amitié et de coopération

Le 29 mars, en confiant le commandement de la Station Spatiale Internationale à l’Américain Thomas Marshburn, le Russe Anton Shkaplerov a souligné que celle-ci était «un symbole d’amitié, de coopération et du futur de l’exploration spatiale».

En ce moment, la Station Spatiale Internationale (ISS) est en phase de rotation d’équipage, passant de l’Expédition 66 à 67. Le 18 mars, cette relève des occupants du complexe orbital avait commencé par l’arrivée de 3 Russes avec le Soyouz MS-21. Ce 29 mars une autre étape traditionnelle a eu lieu : le changement de commandement de l’ISS.

Anton Shkaplerov met en avant l’amitié

Cette cérémonie se déroule toujours de la même manière. Le commandant en titre prononce un court discours puis remet à son successeur la «clé» de l’ISS. Celle-ci n’a bien sûr aucune réelle fonction, si ce n’est symbolique. Elle reprend, comme l’a précisé Anton Shkaplerov, le principe d’une clé pour une écoutille de Soyouz ou d’un engin russe puisque le premier module de l’ISS, Zarya, a été fabriqué en Russie.
Ci-dessous, la vidéo de cette cérémonie.

Jusqu’à cette cérémonie du 29 mars, le commandant en titre de l’ISS était le Russe Anton Shkaplerov. Il a résumé les principaux événements qui se sont déroulés là-haut pendant qu’il était en fonction, notant l’arrivée de plusieurs vaisseaux russes et américains, se déclarant «très fier de cet excellent équipage». Avec humour, il a rappelé quelques situations d’urgence (qualifiées au passage de peu dangereuses) comme lorsque «des satellites ont essayé de nous tuer», une remarque qui a beaucoup fait rire ses collègues ! Probablement une allusion à la pollution orbitale et à l’essai d’arme anti-satellite russe du 15 novembre qui a généré des débris obligeant l’équipage à se réfugier momentanément par prudence dans les capsules Soyouz et Crew Dragon.
Le passage du commandement de l’ISS d’un Russe à un Américain revêt un aspect particulier au regard de la situation géopolitique, notamment l’invasion de l’Ukraine par la Russie et des sanctions prises par plusieurs pays (dont les États-Unis) avec des conséquences en cascade sur le spatial. Cependant, le code de conduite des équipages de la station interdit aux astronautes de prendre position, et plus précisément de faire toute déclaration pouvant s’interpréter comme une critique des nations ou des 5 agences partenaires (NASA pour les USA, Roscosmos pour la Russie, ESA pour l’Europe, JAXA pour le Japon et ASC pour le Canada).
Respectant le règlement, Anton Shkaplerov a toutefois évoqué le fait que «les gens ont des problèmes sur Terre» et que «sur orbite, nous sommes un seul équipage», soulignant que «l’ISS est comme un symbole d’amitié, de coopération et du futur de l’exploration spatiale». Puis se tournant vers ses collègues, il leur a dit : «vous êtes mes frères de l’espace et (regardant plus particulièrement Kayla Barron, seule femme à bord) ma sœur de l’espace». Un message clair dans le contexte actuel.
Après avoir reçu la clé, Thomas Marshburn a salué en Shkaplerov un «merveilleux commandant» et expliqué que c’était pour lui un «honneur et un privilège» que de continuer ce «partenariat international en matière de vol spatial». Marshburn a ensuite souhaité à Anton Shkaplerov, Pyotr Dubrov et à son compatriote Mark Vande Hei un bon retour sur Terre. Le trio revient en effet le 30 mars et se posera dans les plaines du Kazakhstan à bord du Soyouz MS-19.