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ISS : la Cité de l’espace au cœur de l’entraînement des astronautes

ISS : la Cité de l’espace au cœur de l’entraînement des astronautes

Des membres de l’International Training Implementation Working Group, organisme chargé de fédérer l’entraînement des astronautes de la Station Spatiale Internationale, se sont réunis à la Cité de l’espace, à Toulouse.

L’ISS (Station Spatiale Internationale) est un assemblage de modules et équipements fournis par les agences spatiales des États-Unis (NASA), de la Russie (Roscosmos), de l’Europe (ESA), du Japon (JAXA) et du Canada (CSA). Par ailleurs, elle avait en mars 2019 accueilli 236 personnes de 18 pays, astronautes professionnels ou «touristes» (officiellement dénommés spaceflight participants).
Des représentants des 5 agences spatiales participant à ce programme, membres de l’International Training Implementation Working Group, se sont réunis pendant cinq jours à la Cité de l’espace, à Toulouse, pour échanger sur l’entraînement des équipages.

Les membres de l’International Training Implementation Working Group réunis à Toulouse en octobre à la Cité de l’espace. À leur droite, Philippe Droneau de la Cité de l’espace.<br /> Crédit : Cité de l’espace/Benoit Favier

Les membres de l’International Training Implementation Working Group réunis à Toulouse en octobre à la Cité de l’espace. À leur droite, Philippe Droneau de la Cité de l’espace.
Crédit : Cité de l’espace/Benoit Favier

Harmoniser l’entraînement des équipages de l’ISS

L’International Training Implementation Working Group, organisme basé à Cologne, en Allemagne, a été créé pour harmoniser les procédures à respecter par les équipages, partager leurs expériences, les initier aux systèmes des différents modules, les entraîner à vivre en communauté dans des milieux fermés… Ses membres se rencontrent quatre fois par an, et s’entretiennent toutes les deux semaines par vidéoconférence.
«Il s’agit de coordonner de façon détaillée tous les entraînements», précise le responsable de cet organisme, Kris Capelle, également en charge de la formation sur l’ISS et le laboratoire européen Columbus au Centre européen des astronautes (EAC) de l’ESA, à Cologne.

L’ISS, un laboratoire sur orbite à 400 km géré en commun par 5 agences spatiales. Crédit : NASA

L’ISS, un laboratoire sur orbite à 400 km géré en commun par 5 agences spatiales.
Crédit : NASA

Deux ans d’entraînement physique, technique, scientifique…

«La formation d’un astronaute pour devenir membre d’équipage de l’ISS dure deux ans», note Kris Capelle (à la tête de l’ISS Increment Training Unit à l’EAC). «Elle se déroule principalement au centre spatial Lyndon B. Johnson de la NASA à Houston, au centre d’entraînement Youri Gagarine près de Moscou, et à l’EAC».
Dans un premier temps, les futurs astronautes des 5 agences spatiales concernées reçoivent une formation de base pour une mise à niveau dans tous les domaines (biologie, physique, mathématiques, notions de médecine, sciences des réseaux, etc.), «pour qu’ils aient tous des bases communes». Ils apprennent également le russe, l’anglais étant exigé d’entrée.
Cette première étape ne leur pose pas de problème étant donné les qualités demandées aux candidats : en ce qui concerne l’ESA, quelque 9.000 candidats se sont présentés à la dernière sélection, en 2009. Sept seulement ont été retenus. «Ce sont déjà des champions… Ce sont les meilleurs, dans presque tous les domaines», se félicite Kris Capelle.
Ensuite, une fois qu’une mission spécifique lui aura été attribuée (expériences en biologie, physique des matériaux, etc.) chaque aspirant astronaute sera appelé à se spécialiser et à se rendre éventuellement dans les laboratoires en charge de l’étude pour se préparer.

Des maquettes à la plongée, de la survie à la vie en communauté

Les futurs astronautes doivent également s’entraîner sur des maquettes grandeur nature de l’ISS, pour connaître sur le bout des doigts l’environnement dans lequel ils devront vivre et travailler. Pour certains pendant plus de six mois.
Sont donc prévus des stages à l’EAC dans le laboratoire européen Columbus, à Moscou pour se familiariser avec le vaisseau Soyouz, utilisé pour rejoindre la Station spatiale et revenir sur Terre, et à Houston pour découvrir l’ISS avec tous ses modules.

L’astronaute italienne de l’ESA Samantha Cristoforetti au travail dans le laboratoire européen Columbus de l’ISS. Comme tous les autres astronautes, européens ou non, elle a suivi l’entraînement mis au point par l'ISS Increment Training Unit. Crédit : ESA/NASA

L’astronaute italienne de l’ESA Samantha Cristoforetti au travail dans le laboratoire européen Columbus de l’ISS en 2015. Comme tous les autres astronautes, européens ou non, elle a suivi l’entraînement mis au point par l’ISS Increment Training Unit.
Crédit : ESA/NASA

À Houston également, les élèves astronautes s’entraînent dans une gigantesque piscine (61 m de long, 12 de large, 10 de profondeur et contenant 23,5 millions de m3 d’eau) au fond de laquelle se trouve une autre maquette grandeur nature de l’ISS. Equipés d’un scaphandre, ils y effectuent des travaux pour simuler des sorties extravéhiculaires (EVA) dans l’espace.

L’impressionnante piscine de Houston avec sa maquette immergée de l’ISS afin de simuler des sorties spatiales. Crédit : ESA/Stéphane Corvaja

L’impressionnante piscine de Houston avec sa maquette immergée de l’ISS afin de simuler des sorties spatiales.
Crédit : ESA/Stéphane Corvaja

Deux stages de survie sont encore au programme : l’un dans une région chaude, l’autre en hiver en Russie. Le futur astronaute est lâché plusieurs jours, seul et sans assistance, pour apprendre à survivre en cas d’atterrissage accidentel dans des régions isolées.

En parallèle, sont organisés deux stages de vie en petite communauté, entre élèves astronautes. L’un, CAVES, se déroule en Sardaigne dans des réseaux de grottes souterraines naturelles. Une mission spatiale y est simulée, pour apprendre à travailler en équipe multiculturelle dans un environnement extrême. L’autre, NEEMO, se tient plusieurs jours dans un habitat sous-marin, l’Aquarius, au large de la Floride.

L’Aquarius, une base sous-marine utilisée pour l’entraînement des astronautes dans le cadre de missions appelées NEEMO. Crédit : NASAL’Aquarius, une base sous-marine utilisée pour l’entraînement des astronautes dans le cadre de missions appelées NEEMO. Crédit : NASA

L’Aquarius, une base sous-marine utilisée pour l’entraînement des astronautes dans le cadre de missions appelées NEEMO.
Crédit : NASA

Coopération exemplaire dans un environnement à risque

«La coopération entre les agences spatiales concernées est excellente», se réjouit Kris Capelle, ce qui est capital dans l’environnement particulièrement risqué qu’est l’ISS.

Ainsi, une partie très importante de cette collaboration, entre agences et entre membres de l’équipage, porte sur la sécurité. «À chaque moment, précise-t-il, chaque astronaute à bord sait ce qu’il doit faire en cas d’urgence : feu, émission d’un gaz toxique, dépressurisation… Tout le monde doit savoir quoi faire, qui est où et qui fait quoi».

Aussi, des exercices ont lieu dans les maquettes avec le départ, et régulièrement pendant la mission à bord de l’ISS, avec des alertes surprises.