La Corée du Sud sur orbite en autonomie

La Corée du Sud sur orbite en autonomie

Le 21 juin, pour la première fois, un lanceur intégralement conçu et fabriqué en Corée du Sud a placé avec succès un satellite sur orbite. Le KSLV-2 a rencontré le succès après un échec en octobre 2021.

Créé en 1989, le KARI (Korea Aerospace Research Institute) est l’institut de recherche aérospatial de la Corée du Sud chargé de donner une autonomie en la matière au pays. Ainsi, en décembre 1999, Arirang-1 (ou KOMPSAT-1) devenait le premier satellite essentiellement construit par des équipes sud-coréennes. Toutefois, sa mise sur orbite avait fait appel à un lanceur américain Taurus.

L’autonomie pour l’accès à l’espace

L’étape suivante devint la volonté d’obtenir un accès autonome à l’espace. La Corée du Sud se tourna tout d’abord vers un partenariat avec la Russie pour la mise au point du KSLV-1, pour Korean Space Launch Vehicle, également connu sous le nom de Naro-1. Après 2 échecs en 2009 et 2010, le Naro-1 atteignit l’orbite le 30 janvier 2013 pour y placer le satellite STSat-2C.
Le programme de la KARI opta ensuite pour une autonomie complète avec un KSLV-2 ou Nuri (qui signifie monde en coréen) doté de 3 étages tous conçus et fabriqués nationalement. Le lancement inaugural le 21 octobre 2021 se solda par un échec, le troisième étage cessant de fonctionner trop tôt.
Mais le 21 juin 2022, KSLV-2 signa un succès. Pour la première fois, un lanceur intégralement sud-coréen a atteint l’orbite, plaçant autour de la Terre à 700 km d’altitude un satellite de test de 1,3 tonne et un de 162 kg qui larguera prochainement 4 petits satellites issus d’universités. Ci-dessous, plusieurs vues du décollage (vidéo KARI).

Le KSLV-2 ou Nuri est un lanceur de 47,2 m de hauteur et 200 tonnes au décollage. La propulsion de ses 3 étages fait appel au kérosène et l’oxygène liquide. La Corée du Sud peut ainsi, de façon indépendante, placer sur orbite basse à 300 km jusqu’à 2,6 tonnes ou 1,5 tonne à 600-800 km.
Les satellites d’observation de la Terre apparaissent comme l’utilité principale de ce lanceur, mais une version améliorée devrait envoyer vers la Lune un rover de la KARI d’ici 2030.