La 3D dans l’espace et chez vous

La 3D dans l’espace et chez vous
La vidéo en relief joue les vedettes au salon CES de Las Vegas. Une technologie couramment employée pour entraîner les astronautes.


IMAX 3D
Avec l’IMAX 3D, le relief a acquis ses lettres de noblesse et une maturité technologique. Des documentaires sur l’espace existent dans ce format et sont programmés dans les salles équipées comme celle de la Cité de l’espace à Toulouse.
Crédit : IMAX


Le relief au cinéma n’est pas véritablement une nouveauté. Dans les années 1950, quelques productions, comme L’Étrange Créature du Lac Noir, tablèrent sur le procédé dit de l’anaglyphe (les fameuses lunettes rouges et vertes ou rouges et bleues) pour créer l’événement. Mais, le rendu était loin d’être parfait.

Une 3D efficace
De nouveaux procédés, basés sur des lunettes polarisantes ou actives, donnèrent enfin des résultats spectaculaires, notamment avec l’IMAX 3D qui combine écran géant et relief. On notera que l’espace s’impose comme un thème de prédilection au sein des documentaires IMAX et certains ont même été réalisés en 3D comme Space Station ou Walking on The Moon. Le récent succès du film de SF Avatar de James Cameron (lire cet article), qui est proposé en relief dans certaines salles, a montré que le cinéma 3D pouvait sortir de la classique logique du documentaire immersif. Un mouvement de fond amorcé par l’exploitation de versions spécifiques de quelques grosses productions (Harry Potter, Star Trek) pour les salles IMAX 3D et qui intéresse au plus haut point les fabricants de téléviseurs qui y voient une innovation susceptible de pousser les gens à renouveler leur matériel.

CES Las Vegas 3D
Les plus grands acteurs de l’électronique grand public ont présenté des écrans 3D aux CES de Las Vegas cette année.
Crédit : CES


D’ailleurs, les différents produits haute définition 3D (lecteurs Blu-Ray adaptés, écrans, lunettes, projecteurs, etc.) font sensation au salon CES (Consumer Electronics Show) qui se déroule en ce moment même à Las Vegas jusqu’au 10 janvier et qui regroupe les acteurs les plus influents de l’électronique grand public.

Un outil pour le spatial
Si les téléviseurs 3D arrivent dès cette année dans les magasins, le procédé de la vidéo en relief a déjà largement été utilisé par les agences spatiales, notamment pour l’entraînement des astronautes. Ainsi, la NASA emploie fréquemment la 3D pour donner plus de réalisme aux simulations de certaines opérations comme la manipulation du bras robotique de la navette.

Clervoy - 3D
Jean-François Clervoy (assis) s’entraîne à contrôler le bras robotique de la navette afin d’attraper le télescope spatial Hubble (mission STS-103 qui se déroula en décembre 1999). L’écran vidéo est en 3D grâce aux lunettes que portent l’astronaute français et son collègue américain, John Grunsfeld.
Crédit : NASA


L’agence américaine dispose même d’un laboratoire de réalité virtuelle avec lequel les équipages concernés répètent leurs sorties en scaphandre. Grâce à des casques vidéo et des gants bardés de capteurs, les astronautes voient en relief les conséquences de leurs gestes sur une reconstitution 3D temps réel de l’environnement auquel ils seront confrontés (l’extérieur de l’ISS ou le télescope spatial Hubble). Ce type d’entraînement vient en complément des classiques répétitions en scaphandre dans la grande piscine du centre spatial Johnson à Houston.

Virtual lab NASA
Deux astronautes répètent les gestes de leur sortie en scaphandre dans le laboratoire de réalité virtuelle de la NASA. Notez les casques qui fournissent une image pour chaque oeil afin de recréer la vision en relief et les gants dotés de capteurs de mouvements.
Crédit : NASA

La réalité augmentée au service des astronautes
L’Agence Spatiale Européenne (ESA) utilise aussi fréquemment la 3D. Pendant son séjour à bord de la Station Spatiale Internationale, en 2006, l’Allemand Thomas Reiter filma des séquences vidéos en relief à l’aide d’une caméra conçue par l’agence. Mais l’ESA veut aller plus loin et compte intégrer la 3D à une logique de réalité augmentée afin de fournir aux astronautes un accès plus rapide aux informations techniques dont ils ont besoin. En effet, pour chaque équipement de la Station, il existe une volumineuse documentation dont la consultation n’est pas forcément aisée (classeurs regorgeants de pages ou fiches stockées sur ordinateur). L’idée repose sur un casque doté d’une caméra et d’un dispositif de visionnage pour un oeil, le tout relié à un ordinateur portable (voir photo ci-dessous).

WEAR - ESA
Au sol, Frank De Winne teste le WEAR de l’ESA, un dispositif capable de superposer en relief et dans son champ de vision les documentations techniques des équipements qu’il regarde.
Crédit : ESA


En fonction de ce que filme la caméra, l’ordinateur est capable d’identifier les matériels que regarde l’astronaute et d’afficher en relief les graphiques ou les instructions nécessaires à leur bonne manipulation. Baptisé WEAR (WEarable Augmented Reality), ce dispositif a été testé par le Belge Frank De Winne lors de sa récente mission à bord de la Station. Dans le futur, miniaturisation aidant, on pourra développer de nombreuses applications pour monsieur et madame tout le monde. Imaginez-vous en train de visiter une ville que vous ne connaissez pas : en regardant une station de bus, vous verrez aussi en superposition 3D un plan des lignes ou, d’un geste de la main, accéderez aux tarifs et horaires. Le dispositif pourrait même, par des flèches, vous montrer le bon chemin afin de rejoindre votre hôtel à pied !

Publié le 8 janvier 2010