La One-Year Mission commence

La One-Year Mission commence
Le Soyouz TMA-16M a décollé avec succès de Baïkonour et a amené vers la Station Spatiale Internationale 3 nouveaux astronautes, dont deux, le Russe Mikhail Kornienko et l’Américain Scott Kelly, resteront là-haut 1 an.

Décollage du Soyouz TMA-16M à destination de l’ISS le 28 mars à 1h42, heure locale de Baïkonour.Crédit : NASA


Après le retour du TMA-14M le 12 mars dernier (voir cet article), la Station Spatiale Internationale n’hébergeait plus que 3 astronautes : L’Italienne de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) Samantha Cristoforetti, le Russe Anton Shkaplerov et l’Américain Terry Virts (là-haut depuis le 24 novembre 2014).
Conformément au désormais habituel renouvellement des équipages de la Station par moitié, cette Expédition 43 n’allait pas rester un trio bien longtemps ! C’est pourquoi ce 28 mars à 1h42 du matin heure locale de Baïkonour (le 27 mars à 20h42 heure française), le Soyouz TMA-16M s’est envolé en direction de l’ISS (vidéo ci-dessous).

Le vaisseau triplace russe transportait Gennady Padalka, Mikhail Kornienko et Scott Kelly. Leur arrivée à bord de l’ISS s’est déroulée comme prévue environ 6 heures après le décollage. La vidéo ci-dessous montre le nouveau trio accueilli à bord de la Station, puis une conférence de presse, via une liaison vidéo, des 6 astronautes de l’Expédition 43 avec le sol.

L’équipage du Soyouz TMA-16M (de gauche à droite) : Scott Kelly, Gennady Padalka et Mikhail Kornienko.Crédit : Roscosmos/GCTC

Au sein de ce nouveau trio, le Russe Mikhail Kornienko et l’Américain Scott Kelly participent à une expérience de vol de longue durée intitulé One-Year Mission, soit mission d’un an. En effet, contrairement aux équipages habituels de l’ISS qui restent en moyenne 6 mois, Kornienko et Scott séjourneront sur orbite le double de temps, participant du coup aux Expéditions 43 à 46 !

Scott Kelly (gauche) et Mikhail Kornienko : le duo de la One-Year Mission qui va signer le plus long séjour à bord de la Station Spatiale Internationale. Jusqu’à présent, le record pour cette station est détenu par le Russe Mikhail Tyurin et l’Américain Michael Lopez-Alegria avec 215 jours en 2006/2007. Mais à bord de la défunte Mir, des missions ont duré plus longtemps.Crédit : NASA

Le but de cette mission spécifique d’un an, qui résulte d’un accord entre la NASA et son homologue russe Roscosmos, consiste à évaluer les effets sur le corps humain des voyages spatiaux de longue durée. De plus, côté américain, Scott Kelly a pour frère jumeau Mark Kelly, également astronaute de la NASA. Bien que ce dernier ait quitté l’agence, il participe à cette étude car les médecins comptent scruter les différences entre les jumeaux (qui partagent le même patrimoine génétique) après la mission d’un an de l’un des deux pour déterminer l’impact, notamment au niveau de l’ADN, que peut avoir un séjour prolongé sur orbite.

Scott Kelly (à gauche) et son frère jumeau, Mark, également astronaute de la NASA. Même si ce dernier a quitté l’agence américaine, il participe à une étude qui consiste à le comparer médicalement avec son frère afin d’évaluer les effets d’un long séjour spatial sur le corps humain.Crédit : NASA/Bill Ingalls

La vidéo NASA ci-dessous explique les enjeux de cette mission, notamment pour préparer une future mission habitée vers Mars.

En dépit de sa durée, la One-Year Mission ne représentera pas un record de séjour sur orbite. Ce record est détenu par le russe Valeri Polyakov qui passa 437 jours à bord de Mir en 1994/95. En 1998/99, un autre Russe, Sergueï Avdeyev, resta 379 jours à bord de Mir. Dix ans auparavant, les Soviétiques Vladimir Titov et Musa Manarov vécurent 1 an, eux aussi à bord de Mir en 1987/88. La One-Year Mission de Kornienko et Kelly ne fera donc qu’égaler ce séjour, mais Russes et Américains tablent sur le fait que les progrès techniques en matière de suivi médical (appareils plus précis, analyses plus fines) permettront de mieux connaître les effets du voyage spatial sur le corps humain et les contre-mesures à apporter pour conserver des astronautes en bonne santé. Imaginez en effet que les premiers hommes et femmes sur Mars soient incapables de mener à bien leur programme d’exploration en raison d’une condition physique mise à mal lors du trajet, faute de mesures médicales adéquates ! La One-Year Mission fait partie d’un ensemble de recherches visant à éviter ce scénario catastrophe.
Cette émission sur France Bleu Toulouse explique aussi le principe de la One-Year Mission.


Publié le 27 mars 2015