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Lancement de Sentinelle-3B, pour le suivi des océans

Représentation d'artiste du satellite Sentinel 3 Crédit : ESA

Le satellite européen Sentinelle-3B d’observation de la Terre a été lancé mercredi 25 avril depuis le cosmodrome russe de Plesetsk par une fusée Rockot, avec pour principale mission de suivre l’évolution des océans et les températures au sol sur terre et sur mer.

« Sentinelle-3B marque l’accomplissement par l’Europe de la mise en orbite de la première constellation de Sentinelle » (….), une constellation qui « va nous permettre d’assurer au quotidien un suivi très précis de l’état de notre planète et fournir des informations essentielles aux décideurs », a souligné Josef Aschbacher, Directeur Programmes d’observation de la Terre de l’ESA.
Sentinelle-3B, septième satellite de la série Sentinelle de l’Agence spatiale européenne (ESA) pour le programme européen Copernicus d’observation et de surveillance de l’environnement, rejoindra en orbite son jumeau, le 3A, placé sur orbite en 2016.
Travaillant de pair, sur une orbite héliosynchrone avec une périodicité de 1 à 2 jours, les deux satellites recueilleront notamment des données sur la température, la couleur et la hauteur de surface des océans ainsi que sur l’épaisseur des glaces de mer. Ils fourniront ainsi des éléments essentiels sur la hauteur des vagues et la vitesse du vent au-dessus des océans, l’évolution de leur niveau, la pollution marine ou l’écosystème marin.
Ils enverront également des informations sur les terres émergées, permettant la détection des incendies, le suivi de l’état de la végétation, la cartographie de l’utilisation des sols, ou encore de mesurer la hauteur des cours d’eau et des lacs.

Lancement du satellite Sentinelle-3B le 25 avril par une fusée Rockot du cosmodrome de Plesetsk (Russie)
Crédit : ESA

Le satellite Sentinelle-3B, un parallélépipède de 3,7 m de long et d’une masse de 1,2 tonne, a été conçu et fabriqué par un consortium réunissant près de 100 sociétés dirigé par Thales Alenia Space. Sa mission est une collaboration entre l’ESA, la Commission européenne, EUMETSAT et le Centre national d’études spatiales (Cnes).
Il comporte quatre instruments principaux :
L’OLCI (Ocean and Land Color Instrument) observe la couleur des océans et des terres émergées. Il permet ainsi, pour les océans, d’apprécier la concentration en plancton, la présence de chlorophylle dans l’eau, le transport de sédiments, l’évolution d’une pollution… Sur les continents, il fournira des éléments sur les différentes zones (forêts, déserts, parties inondées ou brûlées…).
Le SLSTR (Sea and Land Surface Temperature Radiometer) mesure la température de surface pour observer l’impact de l’évolution du climat sur la température des océans et améliorer les prévisions météorologiques.
Le SRAL (Sar Radar Altimeter) mesure avec une très grande précision la distance entre le satellite et les surfaces visées comme le sommet des vagues, les zones côtières, les glaces, les lacs, les rivières…
Le MWR (Microwave Radiometer), enfin, permet quant à lui de mesurer la topographie de la surface des océans au large et aux abords des zones côtières, ainsi que celle des glaces.

Sentinelle : le bras spatial de Copernicus

Les satellites Sentinelle constituent le volet spatial du programme Copernicus, financé par l’Union européenne et géré par l’ESA. Il a pour but de de mettre à disposition des pays européens des informations sur le sol, les océans, le traitement de l’urgence, l’atmosphère, la sécurité ou le changement climatique.
« Nous en sommes à sept satellites Sentinelle placés sur orbite en quatre ans. C’est la preuve indéniable de ce que la coopération européenne permet de réaliser et un pas de plus vers l’exploitation du plus grand programme d’observation de la Terre au monde, aux côtés de nos partenaires de la Commission européenne et d’EUMETSAT », s’est félicité Jan Wörner, Directeur général de l’ESA, après le lancement de Sentinelle-3B.

La constellation des satellites Sentinelle dans le programme européen Copernicus d’observation de la Terre
Crédit : ESA

Les Sentinellle-1A et 1B, lancés en 2014 et 2016, fournissent une imagerie radar par tous les temps, de jour comme de nuit, sur le sol et les océans. Les Sentinelle-2, dont le premier a été lancé en 2015, seront chargés de l’observation des sols et du traitement des situations d’urgence. Les Sentinelle-3, dont le second vient d’être lancé, mesurent la hauteur des vagues et la vitesse du vent, et fournissent des données optiques et altimétriques sur les océans et les continents. Les Sentinelle-4 seront des instruments embarqués comme charge utile sur les satellites météorologiques géostationnaires Météosat de Troisième Génération (MTG) d’EUMETSAT, pour l’étude de la composition de l’atmosphère. Le premier doit être lancé cette année. Les Sentinelle-5, quant à eux, sont également des instruments dédiés à l’étude de la composition de l’atmosphère. Ils seront embarqués comme charges utiles sur les satellites météorologiques polaires MetOp de deuxième génération (EPS-SG) développés par EUMETSAT, dont le premier doit être lancé en 2019. Les Sentinelle-6, enfin, mesureront la hauteur de la surface des océans, pour l’étude de l’océanographie et du climat.