Les avions du futur selon la NASA

Les avions du futur selon la NASA
À quoi ressemblera le transport aérien en 2030 ? L’agence spatiale américaine y réfléchit.

Cette prospective de Boeing repose sur un avion ou le fuselage élargi joue le rôle d’aile. Un tel aéronef prendra la place du 777 actuel de l’avionneur américain.Crédit : NASA/Boeing

La NASA est bien évidemment une agence spatiale, mais on oublie souvent qu’elle s’occupe aussi du secteur aéronautique comme l’indique d’ailleurs son nom complet : National Aeronautics and Space Administration, administration nationale de l’aéronautique et de l’espace. À ce titre, et depuis 2008, elle travaille avec des industriels et instituts de recherche américains sur l’avenir du transport aérien à l’horizon 2030.

Des avions moins polluants et moins bruyants
Les pistes identifiées par la NASA avec Boeing, Northrop, Lockheed, General Electric ou encore le prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) font appel à des technologies de pointe comme les fuselages en matériaux composites, les alliages à mémoire de forme, des hublots dotés de dispositifs de réalité virtuelle, etc. L’étude menée et qui doit continuer s’articule autour de 4 grandes priorités : réduire les polluants rejetés par les réacteurs, diminuer grandement la consommation en carburant, lutter contre le bruit et concevoir des avions capables d’utiliser des aéroports situés au coeur des zones urbaines, ce qui implique des pistes plus courtes.


Etudié par General Electric, ce petit avion de 20 places serait destiné au transport aérien entre les centres urbains.
Crédit : NASA/GE Aviation


Des aéronefs, silencieux et économes en kérosène, emportant une vingtaine de passagers sont ainsi envisagés pour des trajets courts entre les villes. D’autres avions de la classe de 120 à 180 places visent les transports sur le continent nord-américain avec des objectifs ambitieux comme réduire la facture de carburant de 70 % ! Pour y parvenir, on compte notamment sur des revêtements qui favorisent la pénétration dans l’air, des longues ailes qui se replient une fois au sol et même une propulsion à hélice hybride combinant le classique kérosène et la puissance électrique issue de piles à combustible. Rappelons que la pile à combustible, découverte en 1830, a connu un fort développement grâce au spatial et qu’on la retrouve à bord des navettes de la NASA.


Le SUGAR (Subsonic Ultra Green Aircraft Research) de Boeing se veut résolument respectueux de l’environnement avec une voilure à l’envergure impressionnante (repliable au sol) et des moteurs à hélice hybrides combinant carburant conventionnel et énergie électrique.
Crédit : NASA/Boeing


Le retour du supersonique ?
Au sein des réflexions avancées, il a été souligné que réduire la vitesse de croisière des avions à Mach 0,7 (856 km/h) au lieu du Mach 0,85 (1.040 km/h) habituel entraînait déjà de substantielles économies sans pour autant rallonger à l’excès les temps de trajet.


Envisagé par le MIT, ce concept D8 repose sur deux fuselages accolés et trois réacteurs d’un nouveau type situés à l’arrière. Cet avion transporterait 180 passagers à Mach 0,74 et répondrait aux besoins aériens aujourd’hui remplis avec les Boeing 737 ou les Airbus A320.
Crédit : NASA/MIT


Pourtant, la NASA n’exclut pas le retour du transport supersonique commercial qui s’arrêta en 2003 avec la mise à la retraite du Concorde franco-britannique. En effet, certaines routes aériennes (on peut citer les vols vers l’Australie) bénéficieraient grandement d’un voyage accompli plus rapidement. Mais emporter des passagers plus vite que le son s’accompagnera à l’avenir de nouveaux défis par rapport à ceux résolus avec talent par les concepteurs du Concorde de 100 places dans les années 1960 (le premier vol fut réalisé en 1969 et l’exploitation commerciale débuta en 1976).


Les années 2030 verront-elles le retour du supersonique ? Ce concept de Lockheed Martin emploie plusieurs solutions innovantes pour réduire la consommation en carburant et minimiser l’impact du bang sonique.
Crédit : NASA/Lockheed Martin


Outre une capacité de sièges bien supérieure afin de rendre l’exploitation économiquement viable selon les critères actuels, le supersonique des années 2030 visera le respect de l’environnement en étant avant tout particulièrement économe en carburant et réduira aussi l’impact du fameux bang sonique. La réduction des nuisances sonores serait telle, que cet avion pourrait se voir autoriser le survol des terres à vitesse supersonique, ce qui renforcerait son intérêt commercial.


Les designs proposés ne sont pas forcément révolutionnaires comme cette étude de Northrop pour un avion de 120 places. Ici, les progrès cachés sous une ligne conventionnelle, comme des matériaux composites alliés à des réacteurs plus performants, permettent de réduire consommation et pollution tout en minimisant les nuisances sonores.
Crédit : NASA/Northrop

Publié le 23 mai 2010