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MarCO A et B, les compagnons de route d’InSight

MarCO A et B, les compagnons de route d’InSight

En route pour se poser sur Mars en novembre, l’atterrisseur InSight est accompagné par MarCO A et B, les 2 premiers nano-satellites envoyés pour une mission interplanétaire. Il surveilleront l’arrivée d’InSight sur la planète rouge.

Le 5 mai dernier, l’atterrisseur InSight de la NASA s’est envolé avec succès vers Mars. Il emporte notamment l’instrument SEIS, un sismomètre réalisé par l’agence spatiale française CNES, qui permettra d’étudier l’intérieur de la planète rouge. InSight n’accomplit pas son trajet interplanétaire tout seul : il est accompagné par 2 nano-satellites, MarCO A et B.

Les premiers CubeSats interplanétaires

MarCO signifie Mars Cube One. Ici, Cube est une référence directe à la norme CubeSat, des petits satellites de 10 cm de côté de forme cubique. Ce standard a été mis au point afin de permettre à des institutions, des universités et même des sociétés privées qui n’ont pas les moyens de financer des satellites «classiques» d’accéder à l’espace. En raison d’une taille très modeste, les capacités d’un CubeSat sont plus limitées que celles de leurs «grands frères». Toutefois, la miniaturisation des composants électroniques et le fait que l’on puisse combiner les unités CubeSat comme des briques de Lego donnent l’opportunité aux concepteurs de ces nano-satellites de mettre au point des engins spatiaux de plus en plus performants, que ce soit pour tester de nouvelles technologies, accomplir des expériences scientifiques sur orbite ou observer notre planète. MarCO A et B consistent d’ailleurs, côté taille, en 6 CubeSats (par paires de 3) auxquels on a greffé des panneaux solaires et des antennes spécifiques.

Les ingénieurs Joel Steinkraus et Farah Alibay du JPL avec une maquette taille réelle d’un MarCO (Mars Cube One). Crédit : NASA/JPL-Caltech

Les ingénieurs Joel Steinkraus et Farah Alibay du JPL avec une maquette taille réelle d’un MarCO (Mars Cube One).
Crédit : NASA/JPL-Caltech

Jusqu’à maintenant, les CubeSats restaient dans le domaine de l’orbite terrestre. Avec MarCO A et B, ce n’est plus le cas. Le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA a en effet décidé d’ajouter à la mission InSight 2 nano-satellites afin de tester si de tels engins, plus petits et moins chers à réaliser, sont suffisamment résistants pour devenir des outils concrets de l’exploration planétaire. La vidéo ci-dessous explique la mission de MarCO A et B.

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Comme le montre cette vidéo, MarCO A et B ont été largués peu après InSight. En novembre prochain, lorsqu’insight se posera sur Mars, les 2 nano-satellites survoleront la planète à 3500 km de distance. Ils capteront alors le signal radio UHF d’InSight pour l’émettre en bande X vers la Terre (une bande de fréquence adaptée aux liaisons sur de si longues distances). De fait, la NASA pourra suivre l’arrivée de son atterrisseur «en direct», si ce n’est le décalage causé par le temps de propagation du signal de Mars à la Terre (en novembre, ce décalage sera de presque 9 minutes).

MarCO A et B en préparation au JPL avant leur départ pour Mars avec InSight. Crédit : NASA/JPL-Caltech

MarCO A et B en préparation au JPL avant leur départ pour Mars avec InSight.
Crédit : NASA/JPL-Caltech

S’agissant d’une expérience, MarCO A et B agissent ici en complément de l’écoute réalisée par la sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO, sur orbite martienne depuis 2006). Mais cette dernière ne pourra retransmettre son enregistrement de «l’état de santé» d’InSight qu’une heure après l’atterrissage ! Nul doute que le relais des 2 nano-satellites sera apprécié des scientifiques impatients de savoir si la toujours délicate arrivée à la surface de la planète rouge s’est bien déroulée (ce sera un événement à vivre à la Cité de l’espace de Toulouse le 26 novembre).

Une photo de la Terre et de la Lune

On le comprend, MarCO A et B est donc avant tout un test. En effet, si la technologie CubeSat démontre sa capacité à survivre aux exigences d’un trajet interplanétaire, elle pourrait être employée pour mener des missions d’exploration certes moins ambitieuses, mais aussi moins couteuses et adaptées à des projets scientifiques bien ciblés ou en support annexe à une sonde «classique». En attendant de voir si MarCO A et B donnent satisfaction, l’un d’eux nous a déjà offert, grâce à une caméra embarquée, un portrait de la Terre et de la Lune à plus d’un million de km de distance. Notre planète et son satellite naturel apparaissent tels 2 points de lumière perdus dans le vaste océan cosmique histoire de nous transmettre une petite leçon de modestie analogue à celle de la fameuse photo dite Pale Blue Dot (un point bleu pâle) accomplie par Voyager 1 à 6 milliards de kilomètres en 1990.

La Terre et la Lune photographiées à plus d’un million de kilomètres le 9 mai par MarCO-B. La caméra embarquée n’avait pas de fonction scientifique et servait surtout à vérifier le bon déploiement du système d’antennes en bande X. Crédit : NASA/JPL-Caltech (Cité de l’espace

La Terre et la Lune photographiées à plus d’un million de kilomètres le 9 mai par MarCO-B. La caméra embarquée n’avait pas de fonction scientifique et servait surtout à vérifier le bon déploiement du système d’antennes en bande X.
Crédit : NASA/JPL-Caltech (Cité de l’espace