MASCOT réussit son arrivée sur Ryugu

MASCOT réussit son arrivée sur Ryugu

Peu avant 4 h du matin (heure France métropolitaine) le 3 octobre, la sonde japonaise Hayabusa 2 a largué MASCOT en direction de l’astéroïde Ryugu. Parvenu à la surface, l’atterrisseur franco-allemand a activé avec succès ses 4 instruments.

Avec Hayabusa 2, l’agence spatiale japonaise JAXA mène une ambitieuse mission d’exploration de l’astéroïde Ryugu (voir aussi cet article). La sonde, qui doit prélever des échantillons afin de les ramener sur Terre, transporte aussi des petits atterrisseurs. Deux ont été largués à la surface de l’astéroïde fin septembre et en ce début octobre, venait le tour de MASCOT.

Un concentré de science en 15 heures 

MASCOT (pour Mobile Asteroid surface SCOuT) est un petit robot de l’agence spatiale française CNES et de son homologue allemande DLR qui se présente comme un parallélépipède de 30 cm de côté et 10 kg qui contient 4 instruments scientifiques. Dépourvu de propulsion, son arrivée sur Ryugu dépendait de la réussite de la délicate approche opérée par la sonde Hayabusa 2 qui le transporte.

Ryugu photographié par Hyabusa 2 à 130 m d’altitude. Image reçue à 3h46 du matin (heure FR).
Crédit : JAXA/University of Tokyo and Co

Dans la nuit du 2 au 3 octobre, Hayabusa 2 a quitté sa position de base à 20 km de l’astéroïde afin de s’en approcher. Arrivée à 51 m, la sonde a comme prévu largué MASCOT à 3h58 du matin (FR). Le petit robot a mis alors plus de 10 minutes à tomber vers Ryugu (le champ gravitationnel est 100 000 fois plus faible que celui de la Terre).

Ryugu photographié par MASCOT alors qu’il se dirigeait vers l’astéroïde. En haut à droite, on voit l’ombre rectangulaire de l’atterrisseur ! Crédit : DLR

Ryugu photographié par MASCOT alors qu’il se dirigeait vers l’astéroïde. En haut à droite, on voit l’ombre rectangulaire de l’atterrisseur !
Crédit : DLR

Le premier contact avec la surface de l’astéroïde s’est soldé par un rebond, ce qui était attendu. MASCOT a fini par se stabiliser, mais pas sur le bon côté, à savoir celui où ses instruments fonctionnent au mieux, notamment son microscope infrarouge MicrOmega (qui peut déterminer la composition de la surface). Il a donc été décidé d’activer son dispositif interne à base d’une masse mise en rotation. Par réaction, et grâce à la faible pesanteur, l’atterrisseur franco-allemand accomplit alors un bond. Le CNES comme le DLR ont ensuite indiqué que les 4 instruments engrangeaient des données de façon satisfaisante.

Dépourvu de panneaux solaires, MASCOT tire son énergie électrique d’une batterie qui lui assure 12 à 15 heures d’autonomie. Les données qu’il émet par signal radio sont stockées par la sonde Hayabusa 2 qui les retransmettra vers la Terre dans les jours qui suivent. C’est donc prochainement que nous saurons quels trésors scientifiques le robot a dénichés à la surface de Ryugu à 300 millions de kilomètres de notre planète. Rappelons qu’étudier un astéroïde revient à examiner un laissé pour compte de la formation des planètes il y a plus de 4 milliards d’années, un véritable témoin peu altéré de ce lointain passé. Cela permettra de mieux comprendre comment sont «nés» les mondes qui tournent autour de notre étoile y compris le nôtre.

Tout au long de la journée du 3 octobre, la Cité de l’espace a mis en place une animation qui a permis aux visiteurs de suivre l’avancée de la mission de MASCOT. Francis Rocard (responsable des Programmes d’Exploration du Système solaire au CNES était même présent afin de commenter les nouvelles reçues. Crédit : Cité de l’espace.

Tout au long de la journée du 3 octobre, la Cité de l’espace a mis en place une animation qui a permis aux visiteurs de suivre l’avancée de la mission de MASCOT. Francis Rocard (responsable des Programmes d’Exploration du Système solaire au CNES) était même présent afin de commenter les nouvelles reçues.
Crédit : Cité de l’espace.