L’ISAE-SUPAERO sur Mars

L’ISAE-SUPAERO sur Mars

Depuis le 23 février et jusqu’au 17 mars, 6 élèves de l’ISAE-SUPAERO de Toulouse accomplissent une simulation de mission martienne dans le désert de l’Utah. Isolement, expériences et ressources au compte-gouttes sont au programme !

Dans le désert de l’Utah aux États-Unis, l’organisme américain à but non-lucratif  The Mars Society a implanté sa Mars Desert Research Station (MDRS), un équipement qui simule ce que pourrait être une base de vie sur la planète rouge pour de futures missions habitées. C’est là-bas que 6 étudiants de l’école d’ingénieurs ISAE-SUPAERO de Toulouse mènent MDRS 206, un séjour de 3 semaines qui s’approche des contraintes que vivront les astronautes qui un jour partiront pour la quatrième planète.

Mars n’est pas facile, MDRS non plus

Ils s’appellent Cerise, Norbert, Benjamin, Aurélien, Gaspard et Jérémy et ils sont sur Mars en ce moment. Enfin presque puisque, bien entendu, ils vivent au sein de la station MDRS. Vous pouvez suivre leur mission grâce à leur site web, leur page Facebook et leur compte Twitter. Dans l’équipe, Benjamin est chargé de tenir un journal de bord régulier.

L’équipage de MDRS 206, de gauche à droite : Gaspard Thieulin (ingénieur), Norbert Pouzin (responsable de la serre Green-Hab), Benjamin Auzou (journaliste), Jérémy Auclair  (commandant), Cerise Cuny (biologiste), Aurélien Mure (astronome et officier).<br /> Crédit : ISAE-SUPAERO/MDRS 206

L’équipage de MDRS 206, de gauche à droite : Gaspard Thieulin (ingénieur), Norbert Pouzin (responsable de la serre Green-Hab), Benjamin Auzou (journaliste), Jérémy Auclair  (commandant), Cerise Cuny (biologiste), Aurélien Mure (astronome et officier).
Crédit : ISAE-SUPAERO/MDRS 206

Même si le désert de l’Utah présente de troublantes ressemblances esthétiques avec Mars, l’environnement n’y est pas aussi extrême. Certes, la station MDRS est isolée et le climat de la région peut être qualifié de rude. Mais il n’y a pas là-bas les radiations qui règnent sur la planète rouge, la pesanteur 3 fois moindre que sur Terre, l’atmosphère considérablement moins dense, etc. Alors, quel est l’intérêt de ces simulations ? Il réside avant tout dans le fait que les conditions de vie en communauté sont très proches de celles qui rencontreront des équipages qui auront, eux, à vraiment séjourner sur Mars.

Un filtre orangé et on s’y croit ! En revanche, les conditions spartiates et l’exigence de suivre des procédures de préparation à chaque sortie confrontent véritablement l’équipage de MDRS 206 aux défis que relèveront les astronautes de demain sur Mars. Crédit : ISAE-SUPAERO/MDRS 206

Un filtre orangé et on s’y croit ! En revanche, les conditions spartiates et l’exigence de suivre des procédures de préparation à chaque sortie confrontent véritablement l’équipage de MDRS 206 aux défis que relèveront les astronautes de demain sur Mars.
Crédit : ISAE-SUPAERO/MDRS 206

Tout d’abord, la promiscuité dans un espace de vie commun de taille réduite et donc la nécessité de travailler ensemble pour l’entretenir et le faire fonctionner. Les communications avec l’extérieur subissent un retard volontaire pour reconstituer le décalage dans les transmissions radio du fait de l’éloignement de la planète rouge par rapport à la Terre. L’eau est rationnée et la nourriture doit être gérée sinon elle manquera ! Vous voulez sortir ? Oubliez l’idée repousser la porte de la station pour profiter du paysage. Il est impératif de revêtir un scaphandre et de suivre les procédures du sas. On le comprend, il s’agit de soumettre un équipage, et en l’occurrence les 6 étudiants de l’ISAE-SUPAERO, aux contraintes de la vie sur une planète hostile. Ces simulations apportent ainsi de précieux enseignements sur les défis psychologies et sociaux qu’il conviendra de connaître avant de partir là-bas.

Vie en communauté au sein d’un espace restreint et entretien de la station, y compris de sa serre (le Green Hab) : un quotidien très martien ! Crédit : ISAE-SUPAERO/MDRS 206

Vie en communauté au sein d’un espace restreint et entretien de la station, y compris de sa serre (le Green Hab) : un quotidien très martien !
Crédit : ISAE-SUPAERO/MDRS 206

Ces simulations sont aussi l’occasion de réaliser des expériences technologiques et scientifiques. MDRS 206 ne fait pas exception. Le Laboratoire de Physique et de Chimie de l’Environnement et de l’Espace (LPC2E) du CNRS à Orléans a ainsi confié aux 6 étudiants une expérience sur le comptage des particules fines et de leur typologie (ce qui sera certainement utile sur Mars). Bien d’autres études sont menées comme le suivi des effets du confinement et de l’isolement sur la qualité du sommeil ou encore la mesure de la qualité de l’eau avec Aquapad en partenariat avec BioMérieux et le CNES. On notera qu’Aquapad fut l’une des expériences que Thomas Pesquet fut chargé de réaliser lors de sa mission Proxima à bord de la Station Spatiale Internationale.

L’aventure martienne de l’ISAE-SUPAERO continue jusqu’au 17 mars : suivez chaque épisode sur le blog dédié.

Petit bonus, ci-dessous, une vidéo de la chaîne Stardust qui présente MDRS 206.