MEDES célèbre ses 30 ans

MEDES célèbre ses 30 ans

Les compétences de cet institut de médecine spatiale basé à Toulouse sont reconnues dans le monde entier. Le 3 octobre, il a fêté 3 décennies d’excellence tout en préparant le futur des vols habités et des applications médicales venues de l’espace.

Si l’institut de médecine spatiale a vu le jour sous sa forme actuelle de MEDES en 1989, son histoire remonte en fait aux débuts des vols habités avec des équipes toulousaines. Un savoir-faire qui a permis de préparer en 1982 la mission du premier Français dans l’espace, Jean-Loup Chrétien. Sept ans plus tard, le MEDES naissait avec le soutien de l’agence spatiale française CNES et se définit aujourd’hui comme une «structure hybride entre l’espace et la santé».

La santé des astronautes, mais pas seulement

L’activité la plus médiatisée de MEDES a trait au suivi médical des astronautes ou à la conduite d’études comme celles durant lesquelles des volontaires sont alités sur de longues périodes afin de simuler les effets de l’impesanteur et ainsi rechercher des contre-mesures efficaces en vue de préserver la santé des équipages.

Expérience d’alitement, ou plus exactement d’immersion sèche où des volontaires sont placés en flottabilité dans une baignoire, mais au sec afin de simuler certains effets de l’impesanteur. Le but est d’affiner les contre-mesures qui permettent aux astronautes de lutter contre les pertes osseuse et musculaire, la distribution différente des fluides dans le corps, etc. Ici, une étude de 2018-19 menée à la Clinique Spatiale de MEDES. Crédit : CNES/Rémi Benoit

Expérience d’alitement, ou plus exactement d’immersion sèche où des volontaires sont placés en flottabilité dans une baignoire, mais au sec afin de simuler certains effets de l’impesanteur. Le but est d’affiner les contre-mesures qui permettent aux astronautes de lutter contre les pertes osseuse et musculaire, la distribution différente des fluides dans le corps, etc. Ici, une étude de 2018-19 menée à la Clinique Spatiale de MEDES.
Crédit : CNES/Rémi Benoit

À ce titre, l’établissement emblématique est la Clinique Spatiale située à Toulouse au sein du CHU de Rangueil. À l’occasion des 30 ans de MEDES, elle a été baptisée Clinique Spatiale René Bost pour rendre hommage au premier directeur de l’institution décédé en 2015.
Les 30 ans de MEDES ont aussi été célébrés lors d’une soirée à la Cité de l’espace de Toulouse le 3 octobre.

Table ronde exceptionnelle pour les 30 ans du MEDES à la Cité de l’espace. De gauche à droite : Alain Souchier du CNES avec les astronautes Jean-Jacques Favier, Michael Lopez-Alegria, Philippe Perrin, Claudie Haigneré et Thomas Pesquet. Crédit : MEDES

Table ronde exceptionnelle pour les 30 ans du MEDES à la Cité de l’espace. De gauche à droite : Alain Souchier du CNES avec les astronautes Jean-Jacques Favier, Michael Lopez-Alegria, Philippe Perrin, Claudie Haigneré et Thomas Pesquet.
Crédit : MEDES

Le MEDES, c’est aussi d’autres sites comme le pôle Ingénierie-Projets d’Application de la Pélude (Toulouse), 8 membres de son personnel qui travaillent en permanence au CADMOS (Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales) au sein du Centre Spatial de Toulouse du CNES en qualité de support opérationnel des expériences de physiologies menées sur orbite, sans oublier 3 membres du personnel en poste au Centre Européen des Astronautes de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) à Darmstadt en Allemagne. D’ailleurs le MEDES a apporté son expertise médicale lors de la sélection des astronautes de l’ESA en 2009.

Ci-dessous, un reportage du CNES de 2016 sur MEDES.

Avec le MEDES on a également une illustration concrète des retombées de l’exploration spatiale dans la vie de tous les jours, car étudier la santé des astronautes revient à améliorer celle des terriennes et terriens qui restent sur le plancher des vaches. Un homme ou une femme en mission sur orbite est en effet notamment un modèle de vieillissement accéléré et les observations médicales menées lors des vols habités sont très souvent applicables à différentes pathologies sur Terre. C’est pourquoi le MEDES identifie 3 principaux secteurs d’activités qui sont le soutien à l’exploration spatiale, la recherche clinique (y compris pour des domaines non-spatiaux) ainsi que l’innovation et l’application en santé. La télémédecine ou le suivi épidémiologique sont des secteurs qui bénéficient de l’apport des technologies spatiales. Par exemple, demain, et même aujourd’hui dans certains cas, lorsqu’un patient dans une région isolée accédera à un examen de santé à distance, les technologies employées devront beaucoup à l’astronautique et au MEDES. L’institut entend bien évidemment aussi se consacrer au futur des vols habités. Pour son directeur exécutif Philippe Hazane, «dès aujourd’hui, MEDES doit se préparer à accompagner les Hommes au-delà de l’orbite basse». Qu’il s’agisse de la Lune ou de Mars, les besoins en autonomie médicale des équipages seront bien plus grands qu’actuellement, de même que leur exposition à des facteurs de risque comme les radiations. Philippe Hazane en est persuadé : «nous ne sommes qu’au tout début de l’aventure, une aventure qui nous fait rêver tout en contribuant à améliorer chaque jour les conditions de vie de toute la société».