4 missions vers Mars en 2020

4 missions vers Mars en 2020

L’année 2020 sera celle d’un nouveau créneau de lancement favorable vers la planète rouge. Les États-Unis, l’Europe (avec la Russie), la Chine et les Émirats Arabes Unis sont sur les rangs pour y envoyer des explorateurs robotiques.

Alors que notre planète tourne autour du Soleil en 1 an (c’est de toute façon la définition de l’année terrestre), Mars qui est plus éloignée met environ 2 fois plus de temps pour accomplir la même ronde. Résultat, le créneau le plus favorable pour envoyer une sonde vers cette destination se présente environ tous les 2 ans. Après 2018 qui a vu le départ d’InSight (NASA avec l’instrument SEIS fourni par le CNES), 2020 s’impose comme plus « encombrée » avec 4 missions au programme. Toutes arriveront à destination l’année suivante en 2021 en raison de la durée du voyage.
Mise à jour du 12 mars 2020 : l’ESA a annoncé que sa mission ExoMars 2020 est reportée et décollera en 2022.

Les États-Unis avec Mars 2020

La mission Mars 2020 de la NASA consiste à poser sur la surface de la planète rouge, au sein du cratère Jezero, un rover qui reprend l’architecture de Curiosity. Rappelons que ce dernier arpente le cratère Gale depuis 2012. Cependant, l’astromobile de 1 tonne de Mars 2020 (qui n’a pas encore de nom précis, Mars 2020 étant celui de la mission) sera équipée d’instruments tournés vers la recherche d’indices de vie passée alors que son prédécesseur visait surtout la géologie. Via son agence spatiale CNES, la France est à bord en fournissant l’instrument SuperCam. Conçu par l’IRAP (Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie) de Toulouse, SuperCam est une caméra-laser capable d’analyser à distance la surface et les roches. Il s’agit d’une évolution de la ChemCam présente sur Curiosity.

Mars 2020 doit décoller de la Cape Canaveral Air Force Station en Floride entre le 17 juillet et le 5 août 2020 au sommet d’un lanceur Atlas V d’United Launch Alliance. Le JPL (Jet Propulsion Laboratory) de la NASA gère la mission. L’atterrissage est prévu le 18 février 2021.

L’Europe creusera avec Rosalind Franklin

Rosalind Franklin est le patronyme retenu pour le rover de 310 kg de la mission ExoMars 2020 de l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Ce nom rend hommage à la scientifique britannique qui participa à la découverte de l’ADN.
Là aussi, le but est la recherche d’indices de vie passée sur Mars. Le rover européen dispose d’un atout : une foreuse capable d’aller prélever des échantillons jusqu’à 2 m sous la surface. Les planétologues estiment qu’à une telle profondeur, le sol offre une protection contre les fortes radiations subies par la planète rouge dénuée de champ magnétique. L’industriel principal de l’ESA pour ExoMars 2020 est Thales Alenia Space tandis qu’Airbus agit en sous-traitant pour la construction du rover.
Pour arriver à destination, l’ESA travaille en coopération avec son homologue russe Roscosmos. Le lanceur sera donc un Proton (firme Krounitchev) et la plateforme d’atterrissage nommée Kazachok est l’œuvre de l’industriel Lavotchkine non loin de Moscou.
ExoMars 2020 doit décoller du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan entre le 25 juillet et 8 août 2020 au sommet d’un lanceur russe Proton. L’arrivée sur Mars dans la zone d’Oxia Planum est prévue le 19 mars 2021.

Un problème lors d’un test du système de parachutes fait que l’ESA ne donnera un feu vert définitif qu’au début de l’année 2020 après un nouvel essai.
Mise à jour du 12 mars 2020 : l’ESA a annoncé que sa mission ExoMars 2020 est reportée et décollera en 2022.

Coup double pour la Chine avec HX-1

En matière d’exploration du Système solaire, la Chine vise bien plus loin que la Lune ou les astéroïdes (on oublie parfois que Chang’E-2 a survolé Toutatis en 2012). L’agence spatiale chinoise CNSA a donc prévu une ambitieuse mission vers la planète rouge avec Huoxing-1 ou HX-1. Ce sera même un coup double puisqu’il s’agit d’inscrire autour de la planète rouge un orbiteur de 3 tonnes doté de plusieurs instruments, dont une caméra d’une résolution de 2 m, mais aussi de faire atterrir un rover de 240 kg. Cette mission nécessite l’emploi du lanceur lourd CZ-5 qui doit auparavant réussir son retour en vol prochainement après un échec en juillet 2017.
Huoxing-1 doit décoller du centre spatial de Wenchang entre le 23 juillet et le 5 août 2020. L’insertion orbitale est prévue entre le 11 et 24 février 2021. L’atterrissage du rover interviendra plus tard le 23 avril. Le site retenu n’a pas été officiellement précisé.

Hope : une première pour les Émirats Arabes Unis

Le programme spatial des Émirats Arabes Unis connaît ces dernières années une montée en puissance. Après un vol habité mené avec la Russie (l’astronaute émirati Hazzaa al-Mansouri a accompli un séjour d’une semaine dans l’ISS du 25 septembre au 3 octobre 2019), l’agence spatiale de cette fédération, l’UAE Space Agency, vise la planète rouge. La sonde Hope d’une masse de 1,5 tonne construite par le Mohammed Bin Rashid Space Centre avec 2 universités américaines (University of Colorado et Arizona State University) emportera 3 instruments. Elle se placera sur orbite autour de Mars.
Hope doit décoller en juillet 2020 grâce au lanceur japonais H-IIA depuis Tanegashima. L’insertion orbitale est prévue pour 2021. Ce sera la première sonde d’exploration planétaire des Émirats Arabes Unis.

Si tous ces départs se réalisent en 2020, l’année suivante verra l’arrivée autour de Mars de 2 nouveaux orbiteurs (HX-1 et Hope) ainsi que l’atterrissage de 3 rovers (Mars 2020, Rosalind Franklin et celui de HX-1).

Crédit images : NASA/ESA/CNSA/UAE Space Agency/Cité de l’espace

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