Nauka est amarré à l’ISS

Nauka est amarré à l’ISS

Le module russe Nauka s’est amarré avec succès à l’ISS ce 29 juillet. D’une masse de 22 tonnes pour une longueur de 13 m et un diamètre de 4,3 m, il est principalement dédié à la science.

L’histoire de Nauka est parsemée de contretemps, de délais et de suspense ! Aussi dénommé MLM pour Multi-purpose Laboratory Module, ce nouvel élément russe de la Station Spatiale Internationale (ISS) a en effet connu plus de 10 ans de retards puisqu’il devait à l’origine être lancé en 2007.

Suspense sur orbite

Nauka est l’héritier du savoir-faire russe en matière de stations spatiales. Mais ce module a connu un développement compliqué, émaillé de soucis techniques. Finalement, le 21 juillet 2021, il décolla de du cosmodrome de Baïkonour au sommet d’un lanceur russe Proton (vidéo Roscosmos ci-dessous).

Après le suspense lié à sa construction, celui de son acheminement vers l’ISS prit le relais. Nauka souffrait en effet de problèmes techniques après son lancement, notamment du côté de sa propulsion, indispensable pour rehausser son orbite et ainsi atteindre la station. Au sol, les contrôleurs russes trouvèrent un moyen d’amener à bon port cet élément de 22 tonnes. Au regard de ce succès, l’agence spatiale russe Roscosmos donna le feu vert au départ de son cargo Progress MS-16 le 26 juillet qui emmena avec lui le module d’amarrage Pirs afin de préparer la place nécessaire à Nauka (vidéo Roscosmos ci-dessous).

Le bras robotique canadien Canadarm2 fut ensuite mis à contribution afin d’observer visuellement la zone d’amarrage ainsi laissée vacante et désormais dédiée à Nauka. Le 29 juillet, ce dernier arriva à proximité de l’ISS, accomplissant les derniers mètres sous la surveillance d’Oleg Novitskiy.

Nauka s’approche de l’ISS. Deux photos prises par le Russe Oleg Novitskiy. Crédit : Roscosmos/Oleg Novitskiy

Nauka s’approche de l’ISS. Deux photos prises par le Russe Oleg Novitskiy.
Crédit : Roscosmos/Oleg Novitskiy

Là-haut, Oleg Novitskiy (l’un des 6 collègues de Thomas Pesquet au sein de l’Expédition 65) était prêt à intervenir en mode manuel si le besoin se présentait. Nauka s’amarra à 13h29 Temps Universel ou 15h29 heure de France métropolitaine.

Nauka amarré à l’ISS. Une photo de l’Américain Shane Kimbrough. Crédit : NASA/Shane Kimbrough

Nauka amarré à l’ISS. Une photo de l’Américain Shane Kimbrough.
Crédit : NASA/Shane Kimbrough

Dans les jours et semaines à venir, Nauka passera en phase opérationnelle afin de remplir son rôle de laboratoire scientifique et également de port d’amarrage pour des engins russes.

Mise à jour : après l’amarrage, les propulseurs de Nauka se sont mis en route de façon imprévue. L’orientation de l’ISS s’en est trouvée modifiée. Fort heureusement, le dysfonctionnement a ensuite cessé et la station a retrouvé son attitude normale. « L’équipage n’a jamais été en danger » a commenté la NASA. Le centre de contrôle russe près de Moscou va s’assurer que les propulseurs de Nauka ne puissent plus se mettre ainsi en action. Communiqué de la NASA.

ERA : un bras robotique européen

Nauka transportait avec lui un «passager» européen. Placé à l’extérieur, il s’agit d’un bras robotique nommé ERA pour European Robotic Arm. Ce dispositif est conçu et fourni par l’Agence Spatiale Européenne (ESA).

Schéma montrant l’emplacement de base du bras robotique ERA au sein de Nauka sur l’ISS. Crédit : ESA

Schéma montrant l’emplacement de base du bras robotique ERA au sein de Nauka sur l’ISS.
Crédit : ESA

Long de 11 m, ERA peut se déplacer en plusieurs endroits sur la coque de Nauka pour mener des opérations semblables à celles de son «collègue» canadien (observation avec des caméras, déplacements de charges utiles, etc.). ERA se contrôle depuis l’intérieur de la station, mais aussi depuis un poste de commande situé à l’extérieur. Un astronaute en sortie extravéhiculaire peut donc utiliser directement ERA, une innovation.

Schéma du bras robotique européen ERA. Crédit : ESA

Schéma du bras robotique européen ERA.
Crédit : ESA