Il y a 10 ans, Neil Armstrong nous quittait

Neil Armstrong en février 2012.
Crédit : NASA/Bill Ingals

Neil Armstrong en février 2012.
Crédit : NASA/Bill Ingals

Le 25 août 2012, voici donc 10 ans, le premier homme à avoir marché sur la Lune nous quittait, victime de complications suite à une opération du cœur.
Né le 5 août 1930 à Wapakoneta dans l’Ohio, ce pilote d’essai de la Navy fut sélectionné par la NASA en septembre 1962. Si sa première mission spatiale fut Gemini 8 en 1966, l’histoire a surtout retenu son rôle de commandant pour sa deuxième, Apollo 11 en 1969, et sa phrase emblématique au moment de poser son pied gauche sur la Lune : «C’est un petit pas pour un homme, un bond de géant pour l’humanité».
Contrairement à une légende tenace sur sa prétendue volonté de s’isoler après Apollo, Neil Armstrong continua sa carrière professionnelle, notamment vers l’enseignement, donnant des cours d’ingénierie à l’University of Cincinnati jusqu’en 1980. Il participa aussi à la commission d’enquête sur l’accident de la navette Challenger en 1986.
Rétif à toute forme de célébrité, il accepta néanmoins de rédiger sa biographie avec l’historien James Hansen. Ce livre publié en 2005, First Man, fut adapté au cinéma en 2018.

à l’occasion du quarantième anniversaire d’Apollo 11 en 2009, Neil Armstrong, nous accorda une interview (ce qui est assez rare pour être signalé). À l’époque, l’Amérique envisageait un retour sur la Lune avec le programme Constellation qui fut annulé plus tard. Mais la logique de revenir sur notre satellite naturel a refait surface avec le programme Artemis dont le premier vol est prévu le 29 août prochain. Aujourd’hui encore, les propos du commandant d’Apollo 11 gardent toute leur pertinence.

Cité de l’espace : 40 ans après [en 2009 donc], votre analyse personnelle des premiers pas sur la Lune et de leur importance historique a-t-elle changé par rapport à l’époque d’Apollo ?

Neil Armstrong : Au début de l’ère spatiale, voici un demi-siècle, beaucoup se demandaient si les humains pourraient survivre dans l’espace. Après avoir appris qu’ils le pouvaient, ils se sont demandé s’ils pourraient quitter la Terre et se diriger vers d’autres destinations au sein du Cosmos. Avec le programme Apollo, il a été prouvé que l’espèce humaine n’est pas enchaînée pour toujours à la Terre par la force de gravité. Les humains, à l’aide d’une technologie suffisamment avancée, peuvent voyager au sein du système solaire, rechercher des ressources naturelles exploitables et apprendre beaucoup sur notre petite partie de l’univers qui reste toujours inconnue. Cette capacité reste inchangée quatre décennies plus tard.

Cité de l’espace : Vous avez souvent rappelé qu’Apollo n’a été possible que grâce au dévouement sans faille de 400 000 hommes et femmes, qu’il s’agisse du personnel de la NASA ou de ses contractants et sous-traitants. Mais depuis, le monde de l’industrie a changé, de même que la NASA. Dans l’Amérique d’aujourd’hui, est-il possible d’initier à nouveau un tel dévouement pour le programme spatial et en particulier pour le retour sur la Lune ?

Neil Armstrong : La course à l’espace est issue de la compétition entre l’Est et l’Ouest lors des premières décennies de la seconde moitié du vingtième siècle. Cette compétition intense a fait naître des projets qui ont produit de nombreuses innovations et encouragé un grand nombre de jeunes gens de talent à y participer grâce à des études supérieures en ingénierie, science et mathématiques. De nouveaux programmes passionnants inciteront certainement de nombreux jeunes étudiants à faire de leur mieux pour y participer. Toutefois, je ne peux dire si le grand public dans sa majorité sera aussi motivé pour soutenir l’existence de tels programmes.