Objectif Lune pour Apollo 11 : du défi à la légende

Objectif Lune pour Apollo 11 : du défi à la légende

Le 16 juillet 1969, il y a 50 ans, la gigantesque fusée Saturn V s’élevait dans le ciel de Floride pour une mission qui allait marquer à tout jamais l’épopée de la conquête spatiale : Apollo 11 et le premier pas de l’Homme sur la Lune.

 

Lancement de la fusée Saturn V pour la mission Apollo 11, le 16 juillet 1969 à 9H32 (heure locale) du centre spatial de la Nasa à Cap Kennedy. A bord : Neil Armstrong, Michael Collins et Edwin « Buzz » Aldrin. Quatre jours plus tard, le 20 juillet, Armstrong et Aldrin mettaient le pied sur la Lune. ©NASA

Ce jour-là à 9H32 (heure locale), sur le complexe de lancement 39 (LC-39) du Centre spatial Kennedy, un déluge de feu et d’eau s’abat sur le pas de tir, d’énormes volutes de vapeur d’eau masquent en partie la fusée, le sol tremble sous la poussée des puissants moteurs.

Lentement, la fusée s’élève dans un bruit assourdissant. A son sommet, engoncés dans un vaisseau spatial, trois hommes : Neil Armstrong, commandant de la mission, « Buzz » Aldrin et Michael Collins. Ils ont déjà réalisé chacun au moins une mission dans l’espace.

 

Une mission de défi, et hors norme

Photo officielle de l’équipage de la mission Apollo 11 avec, de gauche à droite, Neil A. Armstrong, commandant de la mission, Michael Collins, pilote du module de commande, Edwin E. Aldrin Jr, pilote du module lunaire ©NASA

A peine 8 ans auparavant, le 25 mai 1961, le président des Etats-Unis John Fitzgerald Kennedy lançait devant le Congrès un défi colossal : « Je crois que cette nation devrait se donner comme objectif, avant la fin de cette décennie, de faire atterrir un homme sur la Lune et le ramener sain et sauf sur Terre ». En pleine Guerre froide et en réponse aux nombreux succès de l’Union soviétique dans la conquête spatiale, dont le vol de Youri Gagarine.

Un défi colossal parce tout ou presque est à faire : les Etats-Unis n’ont alors réalisé aucun vol orbital habité.

L’agence spatiale américaine, la Nasa, se met alors en ordre de marche avec de multiples programmes pour permettre la réussite d’un voyage sur la Lune : développement des techniques de rendez-vous spatiaux, observations de la Lune pour déterminer les techniques d’approche et connaître son environnement, mise au point des véhicules et, tout d’abord, de la fusée Saturn V.

La fusée Saturn V, prise lors du lancement de la mission Apollo 6 au centre spatial Kennedy le 4 avril 1968. ©NASA

Le lanceur, mis au point par Werner von Braun, reste le plus puissant et le plus lourd (3 000 tonnes) jamais créé. D’une hauteur – 110,6 m – et d’un diamètre – 10,1 m – impressionnants, il pouvait mettre des charges de 140 tonnes en orbite basse terrestre.

Mais outre la fusée elle-même, il fallut créer les véhicules permettant à trois astronautes d’aller jusqu’à la Lune, d’y atterrir, d’en repartir et de revenir sur Terre : le module de commande, conique, dans lequel voyagent les astronautes, le module de service, le module lunaire, composé d’un étage de descente et d’un étage de remontée.

 

Un vol de trois jours

Configuration du sommet de la fusée Saturn V pour les missions Apollo ©NASA – The Planetary Society

A Cap Kennedy et dans les environs du Centre spatial, plus d’un million de personnes se pressent ce 16 juillet 1969 pour assister au lancement de la mission et observent la fusée s’éloigner, dans un ciel sans nuages. Le tir, diffusé par la télévision en mondiovision, est regardé par des milliards de téléspectateurs autour du monde.

Après 2 minutes et 30 secondes de vol, les moteurs du premier étage s’arrêtent. Ils ont consommé 2 000 tonnes d’ergols liquide. Et quand le second étage allume ses moteurs, Saturn V se trouve déjà à une altitude de 61 km et sa vitesse est de 8 600 km/h.

Dans le module de commande, les trois astronautes se préparent à la suite de leur mission et des objectifs à remplir : effectuer une sortie extravéhiculaire pour fouler le sol de la Lune, recueillir des échantillons de roches lunaires, évaluer les conditions de séjour sur l’astre, déployer quatre instruments scientifiques dont un sismomètre et un détecteur de rayons cosmiques…

L’équipage de la mission Apollo 11 rejoint la fusée Saturn V le 16 juillet 1969, pour poser le pied sur la Lune ©NASA

Quelques heures après leur départ, conformément au plan de vol, l’ensemble formé par les modules de commande et de service se détache et pivote de 180° pour revenir s’arrimer avec le module lunaire, le LEM, dans son carénage. Le troisième étage de la fusée Saturn V se sépare à son tour et s’éloigne en suivant sa propre route vers le Soleil.

Les trois astronautes mettront trois jours (72 heures) avant de se placer sur orbite lunaire. Après 13 révolutions autour de la Lune, Armstrong et Aldrin monteront dans le module lunaire, laissant Collins dans le module de commande.

Puis ils descendront sur l’astre et imprimeront l’empreinte de leurs chaussures sur le sol poudreux, entrant ainsi dans la légende.

Un cinquantenaire célébré par la Cité de l’espace

Le cinquantenaire de la mission Apollo 11 donnera lieu à de nombreuses manifestations autour du monde, dont plusieurs à la Cité de l’espace de Toulouse où l’on peut admirer un échantillon de pierre de Lune ramené par les astronautes de la mission Apollo15.

Dès le 16 juillet, pour célébrer le décollage de la mission Apollo 11, la Cité et l’association Planète Sciences Occitanie s’associent pour l’événement « 50 ans, 50 fusées », consistant à tirer simultanément 50 fusées miniatures partout en France.

Cette opération sera retransmise à la Cité de l’espace où, toute la journée, il sera possible de fabriquer et lancer des fusées à air. (inclus dans le billet d’entrée de la Cité aux tarifs habituels).

Le dimanche 21 juillet, entrée gratuite à la Cité de l’espace de 14H à 22H30 à l’occasion de l’Apollo Day, pour revivre le premier pas de l’Homme sur la Lune avec des animations exceptionnelles.

Un module d’alunissage (LEM) des missions Apollo grandeur nature (7m de haut et 10m d’envergure) sera posé dans les jardins. De nombreux experts spatiaux et témoins directs des missions Apollo seront présents, tels Claudie Haigneré (astronaute ESA), Philippe Perrin (astronaute), Ron Paulus, ingénieur NASA pendant les missions Apollo, Sylvestre Maurice, astrophysicien à l’IRAP…

Dans la salle IMAX, sera projeté un nouveau film, « Apollo 11 / First steps », des images inédites filmées sur la Lune par les astronautes.

Enfin, à côté de l’exposition sur la Lune, toujours présente à la Cité, de nombreuses animations se tiendront sur le site, avec entre autres un stand « Timbre 1er jour » pour un timbre APOLLO 50 ANS.

Une aventure que l’on peut revivre dès à présent de manière extraordinaire sur le site web  https://apolloinrealtime.org/11/