Le module de service européen d’Orion arrive aux USA

Le module de service européen d’Orion arrive aux USA

Le vaisseau Orion de la NASA est conçu pour des missions habitées vers la Lune ou plus tard vers Mars. Fourni par l’Agence Spatiale Européenne (ESA), son premier module de service destiné à voler a été livré aux États-Unis début novembre.

La NASA a confié au secteur privé le soin d’amener ses astronautes vers la Station Spatiale Internationale (ISS) selon la logique d’un contrat de prestation de service. Les vols d’essai des capsules Crew Dragon de SpaceX et CST-100 Starliner de Boeing (les 2 sociétés retenues) doivent se dérouler l’année prochaine.
L’agence américaine développe toutefois son propre vaisseau spatial, la capsule Orion. La différence est qu’elle est pensée pour des missions au-delà de l’orbite terrestre, à savoir la Lune et Mars. Et c’est l’Agence Spatiale Européenne (ESA) qui en fabrique le module de service dit ESM pour European Service Module.

ESM d’Orion : sur les épaules de l’ATV

De 2008 à 2014, l’ESA a accompli 5 vols cargo à destination de l’ISS, tous des succès. Le vaisseau automatique employé était l’ATV (Automated Transfer Vehicle), construit par Airbus Defence and Space et dont le module pressurisé (auquel accédait les astronautes pour récupérer le fret) était fabriqué par Thales Alenia Space. Les 5 ATV ont décollé du Centre Spatial Guyanais au sommet d’Ariane 5 et leur centre de contrôle était au Centre Spatial de Toulouse de l’agence spatiale française CNES.
L’ATV a clairement démontré que l’Europe avait la capacité de réaliser des engins spatiaux aux normes des vols habités. En effet, même si les ATV ne transportaient personne, ils devaient s’amarrer de façon autonome à l’ISS et l’équipage de celle-ci accèdait à leur partie pressurisée : cela en faisait des engins qui avaient pour obligation de respecter les (très) exigeantes règles de sécurité propres aux vols habités.

Illustration du vaisseau Orion de la NASA. La partie capsule (conique) est fabriquée par Lockheed Martin pour l’agence américaine. À l’arrière, la partie cylindrique est le module de service européen (ou ESM) fourni par l’ESA et fabriqué par Airbus Defence and Space. Crédit : NASA/Cité de l’espace

Illustration du vaisseau Orion de la NASA. La partie capsule (conique) est fabriquée par Lockheed Martin pour l’agence américaine. À l’arrière, la partie cylindrique est le module de service européen (ou ESM) fourni par l’ESA et fabriqué par Airbus Defence and Space.
Crédit : NASA/Cité de l’espace

Avec l’arrêt des ATV, cessait aussi pour l’ESA une façon de s’acquitter de sa contribution à l’ISS. Forte de son expérience avec les ATV, l’agence européenne a pu alors proposer à la NASA une autre participation, celle de fabriquer le module de service (ESM) du futur vaisseau Orion. L’ESM est un élément essentiel du vaisseau américain car il héberge la propulsion, génère de l’électricité avec ses panneaux solaires et fournit aux astronautes le support-vie (oxygène, énergie, etc.). Le maître d’œuvre de l’ESM pour l’ESA est Airbus Defence and Space qui travaille avec plusieurs autres industriels spatiaux européens dont Thales Alenia Space.

Ci-dessous, une vidéo ESA sur l’ESM.

Du 6 au 7 novembre (le voyage en avion par étapes a duré 24 heures), le premier ESM destiné à voler a quitté Brème en Allemagne pour arriver au centre spatial Kennedy en Floride aux États-Unis (voir les photos ci-dessous). C’est cet exemplaire connu sous le matricule ESM-1 qui sera accouplé à une capsule Orion pour accomplir en automatique (pas d’astronautes à bord) un vol autour de la Lune en 2020. Le vaisseau décollera au sommet du lanceur lourd SLS (Space Launch System) de la NASA en cours de développement. Plus tard, Orion doit aussi servir à amener vers notre satellite naturel les astronautes qui séjourneront à bord de la station sur orbite lunaire LOP-G (Lunar Orbital Platform-Gateway). Pour l’agence américaine, son projet de LOP-G représente en effet la prochaine étape en matière de vols habités qui doit succéder à l’ISS. Les partenaires de l’ISS sont d’ailleurs invités à participer.

Chez Airbus Defence and Space à Brême en Allemagne, on prépare l’ESM à son voyage vers les Etats-Unis. Crédit : NASA–Rad Sinyak

Chez Airbus Defence and Space à Brême en Allemagne, on prépare l’ESM à son voyage vers les Etats-Unis.
Crédit : NASA–Rad Sinyak

 

L’ESM dans son container de transport. Crédit : NASA–Rad Sinyak

L’ESM dans son container de transport.
Crédit : NASA–Rad Sinyak

 

Atterrissage de l’avion-cargo Antonov avec l’ESM à son bord au centre spatial Kennedy de la NASA. Crédit : NASA

Atterrissage de l’avion-cargo Antonov avec l’ESM à son bord au centre spatial Kennedy de la NASA.
Crédit : NASA

 

L’ESM sorti de son container de transport (visible en arrière-plan à droite) au sein du bâtiment Neil Armstrong Operations and Checkout Building du centre spatial Kennedy. Crédit : NASA/Bill White

L’ESM sorti de son container de transport (visible en arrière-plan à droite) au sein du bâtiment Neil Armstrong Operations and Checkout Building du centre spatial Kennedy.
Crédit : NASA/Bill White