OSIRIS-Rex autour de Bennu

OSIRIS-Rex autour de Bennu

Le 3 décembre, la sonde OSIRIS-Rex de la NASA est arrivée autour de l’astéroïde Bennu après plus de 2 ans de voyage et plus de 2 milliards de kilomètres de trajet. Le but est d’en prélever un échantillon pour le ramener sur Terre.

Lancée le 8 septembre 2016, OSIRIS-Rex est une sonde de 2 tonnes de la NASA chargée d’étudier l’astéroïde Bennu et d’en ramener un ou des échantillons. Après plus de 2 ans de voyage, elle s’est postée autour de son objectif le 3 décembre.

Bennu scruté et prélevé jusqu’en 2021

On s’en doutait avec les images prises à distance (voir cet article), mais Bennu (ou Benou) ressemble à Ryugu, un autre astéroïde exploré en ce moment même par la sonde japonaise Hayabusa 2. Toutefois, les dimensions sont sensiblement différentes : Ryugu fait environ 1 km de large alors que Bennu s’avère plus modeste avec 500 m.

Ci-dessous, un cliché de Bennu par la sonde OSIRIS-Rex à 80 km de distance. 

L’astéroïde effectue une rotation sur lui-même en un peu plus de 4 heures. La vidéo ci-dessous reconstitue cette rotation à partir de clichés pris par la sonde de la NASA.

Si le but ultime de cette mission (tout comme son équivalent japonais) consiste à ramener des échantillons sur Terre pour analyse, le ou les prélèvements à la surface ne commenceront pas tout de suite. La priorité est donnée à l’étude de l’astéroïde par les instruments d’OSIRIS-Rex pour en établir une cartographie aussi précise que complète. C’est bien évidemment le préalable indispensable au choix du ou des sites les plus aptes pour procéder à la récolte des échantillons (jusqu’à 3 tentatives sont possibles). Sites qui devront répondre à 2 impératifs parfois contradictoires : être pertinents sur le plan scientifique et permettre le prélèvement en toute sécurité. Les responsables de la mission tablent sur un minimum de 60 grammes d’échantillons.

Pour arracher à Bennu une partie de sa surface, OSISRIS-Rex emploiera un bras robotique (voir vidéo ci-dessous).

L’opération de prélèvement n’est pas prévue avant juillet 2020. On le voit, la phase de reconnaissance de Bennu est longue. Ensuite, le retour vers la Terre ne commencera qu’en mars 2021 (avant, l’astéroïde est trop loin pour que le voyage soit envisageable). Un peu plus de 2 ans plus tard, en septembre 2023, OSIRIS-Rex larguera une capsule contenant la précieuse récolte qui rentrera dans l’atmosphère et se posera sous parachute dans le désert de l’Utah. Cette capsule reprend les solutions techniques employées avec succès en 2006 pour la sonde Stardust (retour d’échantillons captés dans la queue de la comète Wild 2).

L’analyse des échantillons permettra de mieux connaître les astéroïdes qui sont des témoins de l’état du Système solaire lors de la phase de formation des planètes. Mais pour l’agence américaine, cette mission s’impose aussi comme une étape indispensable à la compréhension de ces objets afin d’être capable de dévier ceux qui pourraient à l’avenir menacer la Terre d’une collision. C’est ce qui explique le Security de Origins-Spectral Interpretation-Resource Identification-Security-Regolith Explorer, qui en acronyme donne OSIRIS-Rex !