Perseverance préparé pour le 20 juillet - Cité de l'Espace

Perseverance préparé pour le 20 juillet

Perseverance préparé pour le 20 juillet

Au centre spatial Kennedy en Floride, les préparatifs continuent pour faire décoller le prochain rover martien de la NASA vers sa destination. Il est conçu pour chercher des traces de vie passée sur la planète rouge.

L’été 2020 sera celui des départs vers Mars, période d’opposition oblige. La planète rouge se trouve en effet en configuration dite d’opposition (le Soleil, la Terre et Mars sont alignés dans cet ordre) tous les 26 mois environ. Pour cette année, ce sera le mois d’octobre, mais en matière de voyage spatial, il est préférable de commencer le périple un peu avant et c’est pourquoi 3 engins visent juillet et août pour décoller : Hope des Émirats Arabes Unis sur un lanceur japonais H-IIA, Tianwen-1 pour la Chine avec un CZ-5 et Perseverance de la NASA au sommet d’un Atlas V. Et pour cet article, penchons-nous sur ce dernier.

Perseverance, un Curiosity version exobiologie

Perseverance est le nom attribué au rover de la mission Mars 2020 de la NASA. Cette astromobile d’une tonne reprend l’architecture de Curiosity qui a fait ses preuves sur la quatrième planète depuis août 2012. On retrouve les 6 roues motrices ou encore la source d’énergie basée sur une «pile» au plutonium (la chaleur de l’élément radioactif est transformée en courant électrique).
Comme le montre la vidéo du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA ci-dessous, Perseverance a subi de nombreux tests avant d’être déclaré «bon pour le service».

Vous devez accepter les cookies (preferences, statistics, marketing) pour afficher cette vidéo sinon cliquez-ici

La ressemblance avec Curiosity est évidente, mais si ce dernier embarquait des instruments tournés vers la géologie, Perseverance, lui, héberge de quoi trouver des traces de vie passée sur Mars. Bref, le nouveau rover martien de l’agence américaine fera de l’exobiologie. Il s’agit là de la suite logique du succès de Curiosity. Rappelons que ce rover arrivé en 2012 démontra par ses mesures que la planète rouge avait été habitable dans son lointain passé (pensez 3 milliards d’années au bas mot). Habitable donc, mais a-t-elle été pour autant habitée ? La différence s’avère cruciale et le rôle de Perseverance consistera justement à répondre à cette question. Pour cela, il dispose de la suite instrumentale SHERLOC (Scanning Habitable Environments with Raman and Luminescence for Organics and Chemicals) placée au bout de son bras robotique. Détecter des traces laissées par des microbes remplirait de joie les scientifiques. On notera que SHERLOC est un clin d’œil au célèbre détective fictionnel Sherlock Holmes. Après tout, il s’agit d’une véritable enquête sur la vie martienne.

Image d’artiste montrant Perseverance enquêtant sur Mars à la recherche de traces de vie passée. Crédit : NASA/JPL

Image d’artiste montrant Perseverance enquêtant sur Mars à la recherche de traces de vie passée.
Crédit : NASA/JPL

D’autres instruments répondent à l’appel, dont la SuperCam, une caméra-laser capable d’analyser à distance les roches et le sol. Si ce nom vous évoque la ChemCam de Curiosity vous avez raison, car SuperCam en est la version améliorée pour Perseverance. C’est toujours l’agence française CNES et l’IRAP de Toulouse (Institut de Recherche en Astrophysique et Planéotologie) qui la réalisent avec l’astrophysicien Sylvestre Maurice en qualité de responsable scientifique, poste partagé avec l’Américain Roger Wiens du Los Alamos National Laboratory.

Un Atlas V pour Mars

En tout, Perseverance apportera sa mobilité à 7 instruments et à un drone hélicoptère qui accomplira des vues aériennes de reconnaissance (une première). Nous reviendrons plus tard sur les différents aspects scientifiques de la mission Mars 2020. Pour l’heure, ce sont les préparatifs du lancement qui occupent les équipes. Le rover est arrivé au centre spatial Kennedy de la NASA en Floride au mois de février 2020. De strictes mesures sanitaires liées à la pandémie de COVID-19 ont pour but de protéger le personnel impliqué et éviter des retards qui pourraient faire rater la fenêtre de tir vers Mars qui s’étend du 17 juillet au 11 août. Ces principes s’ajoutent aux déjà très exigeantes règles de protection planétaire qui assurent que le rover n’amène aucun pathogène terrien sur Mars.

À gauche : à la Cape Canaveral Air Force Station en Floride, l’étage supérieur Centaur est élevé au-dessus du lanceur Atlas V d’United Launch Alliance. Perseverance sera perché au sommet du Centaur pour le décollage. À droite : le rover Perseverance en cours de préparation pour son envol au centre spatial Kennedy. Il ne voyagera pas ainsi, mais à l’intérieur d’une capsule. Crédit : ULA/NASA/Cité de l’espace

À gauche : à la Cape Canaveral Air Force Station en Floride, l’étage supérieur Centaur est élevé au-dessus du lanceur Atlas V d’United Launch Alliance. Perseverance sera perché au sommet du Centaur pour le décollage.
À droite : le rover Perseverance en cours de préparation pour son envol au centre spatial Kennedy. Il ne voyagera pas ainsi, mais à l’intérieur d’une capsule.
Crédit : ULA/NASA/Cité de l’espace

Dernièrement, une panne d’un équipement au sol nécessaire à la préparation du lanceur Atlas V a causé un délai imprévu de plusieurs jours. La NASA a confirmé le 10 juin que la date du décollage était ainsi reportée du 17 juillet au 20 juillet. Atlas V est un lanceur de la société privée United Launch Alliance qui associe Boeing et Lockheed Martin. Son pas de tir est le SLC-41 de la Cape Canaveral Air Force Station qui jouxte le centre spatial Kennedy. Le retard de 3 jours laisse suffisamment de marge au regard de la limite du 11 août. La date d’envol au cours de la fenêtre ne modifiera pas de toute façon celle de l’arrivée sur la planète rouge. Perseverance atterrira au sein du cratère Jezero le 18 février 2021 après 7 mois de voyage.
Ci-dessous, une vidéo NASA qui présente les objectifs de la mission.

Vous devez accepter les cookies (preferences, statistics, marketing) pour afficher cette vidéo sinon cliquez-ici