Philae se posera à Agilkia

Philae se posera à Agilkia
L’ESA a annoncé le nom retenu pour le site J d’atterrissage de Philae sur la comète 67P : Agilkia, d’après l’île sur le Nil qui accueille le temple d’Isis qui était autrefois sur l’île de Philae avant la construction d’un barrage.

 



Le 12 novembre, Philae se posera au «sommet» du plus petit des deux lobes du noyau de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Cette zone désormais baptisée Agilkia se situe en haut de ce cliché du noyau (réalisé le 30 octobre à 10 km de distance par la caméra NAVCAM de Rosetta).
Crédit : ESA/Rosetta/NAVCAM – CC BY-SA IGO 3.0


Lorsque l’Agence Spatiale Européenne (ESA) entama sa recherche d’un site d’arrivée pour l’atterrisseur Philae de la sonde Rosetta, elle retint 5 zones repérées par des lettres. C’est le site dit J qui fut sélectionné, car il répondait à la fois à des critères techniques (possibilité de se poser) et scientifiques (zone intéressante et permettant d’utiliser tous les instruments). C’est ce qu’expliquent, dans la vidéo Enjoy Space ci-dessous, l’astrophysicien Jean-Pierre Bibring et Philippe Gaudon du CNES (l’agence spatiale française).

L’ESA a lancé un concours, demandant aux internautes de suggérer des noms. Plus de 8 000 propositions issues de 135 pays ont été reçues ! L’agence note que certains ont voulu rendre hommage à des auteurs de SF tels que Jules Verne, Arthur C. Clarke ou Douglas Adams, voire des célébrités (acteurs, musiciens, etc.) et même des astronautes du programme de simulation Kerbal Space Program ! Mais le règlement excluait l’usage de personnes vivantes, mortes ou fictives.
La grande majorité des entrées suivait cependant la thématique égyptienne de la mission. Ainsi, Rosetta, le nom de la sonde, fait allusion à la pierre de Rosette qu’étudia le français Jean-François Champollion (1790-1832) pour déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens. Ceci, car une comète est vue comme une pierre de Rosette issue des premiers temps du Système solaire : déchiffrer la comète 67P, va donc nous permettre de «lire» l’histoire de nos origines. L’atterrisseur que transporte Rosetta, Philae, vient du nom d’une l’île sur le fleuve Nil qui hébergeait le temple d’Isis, édifié à partir du 4ème siècle avant Jésus-Christ et particulièrement bien conservé. Lorsque le haut barrage d’Assouan fut érigé, on savait que cette île serait submergée. Étant donné l’importance historique du temple, celui-ci fut démonté et reconstruit à l’identique sur une autre île dénommé Aguilkia (Agilkia en anglais, orthographe retenue par l’ESA).
Agilkia a été suggéré plus de 150 fois, mais il ne pouvait y avoir qu’un seul gagnant. C’est le français Alexandre Brouste qui sera invité à Darmstadt en Allemagne, au centre ESOC de contrôle des sondes et satellites de l’ESA afin d’assister à l’événement historique du 12 novembre : n’oublions pas que Philae signera ce jour-là le premier atterrissage sur une comète.
Rappelons qu’à l’occasion de cet événement, la Cité de l’espace sera ouverte gratuitement le 12 novembre afin de permettre à ses visiteurs, mais aussi aux internautes (direct vidéo sur Enjoy Space), de vivre ce moment marquant avec l’intervention d’invités prestigieux (scientifiques et ingénieurs participant à la mission) et un envoyé spécial à Darmstadt. Voir cette page spéciale pour toutes les infos. Ci-dessous, la bande-annonce de cette journée hors du commun.

Publié le 4 novembre 2014