Prochain retour de la France sur Mars

La technologie spatiale française va se poser à nouveau sur le sol de Mars avec l’instrument scientifique SuperCam, monté sur la sonde américaine Perseverance qui devrait être lancée le 22 juillet par la Nasa dans le cadre de sa mission Mars 2020. 

La technologie spatiale française va se poser à nouveau sur le sol de Mars avec l’instrument scientifique SuperCam, monté sur la sonde américaine Perseverance qui devrait être lancée le 22 juillet par la Nasa dans le cadre de sa mission Mars 2020. 

« Le retour de la France sur Mars (…) est une nouvelle reconnaissance de l’excellence de la communauté scientifique française dans l’étude de la planète rouge », s’est félicité mardi lors d’une conférence de presse à Paris le président du Centre national d’études spatiales (Cnes), Jean-Yves Le Gall.

 SuperCam, l’un des 7 instruments scientifiques de Perseverance, étudiera la chimie et la minéralogie des roches et des sols de Mars, ainsi que la composition de son atmosphère. SuperCam est, selon le Cnes, le « couteau suisse » des scientifiques de la mission, étant capable d’effectuer cinq types d’analyse différents. Il dispose également d’un imageur pour photographier les roches analysées, et d’un microphone.

Il aidera entre autres les scientifiques dans leur recherche de signes précurseurs, fossilisés, de vie microbienne sur la planète rouge.

Représentation du spectromètre imageur SuperCam monté sur le rover martien Perseverance. Le Supercam a été mis au point par le Centre national d’études spatiales (Cnes) avec l’Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie (IRAP) de Toulouse
Crédit : CNES

« La vie a-t-elle pu apparaître ailleurs que sur Terre ? C’est à cette grande question que nos laboratoires pourront s’attaquer à travers cette mission », a de son côté déclaré le Président-Directeur Général du Centre national de la Recherche scientifique (CNRS), Antoine Petit. SuperCam, a-t-il rappelé, permettra entre autres de « sélectionner les échantillons les plus prometteurs sur la base de leur composition atomique et moléculaire, ceux qui mériteront de faire le voyage vers la Terre à l’horizon 2030 ». Perseverance dispose en effet d’un système de prélèvement et de conditionnement d’échantillons qui pourraient être récupérés dans une future mission sur Mars. Celle-ci comporterait un rover récupérateur, le « Fetch » rover, qui sera construit par Airbus et comprendra plusieurs éléments réalisés par l’Agence spatiale européenne (ESA).

Perseverance sera lancée par une fusée Atlas V depuis le centre spatial de Cap Canaveral, en Floride. Il devrait se poser en février 2021, dans le cratère Jezero, un bassin d’impact de 45 kilomètres de diamètre. Au fond se trouve un ancien delta de rivière qui débouchait, il y a 3,5 milliards d’années, dans un lac. Les scientifiques estiment qu’un tel site pourrait receler des roches et des minéraux très variés, en particulier des carbonates qui peuvent préserver des traces fossiles de vie ancienne.

Le CNES, le CNRS et de nombreuses universités ont apporté des ressources humaines pour la construction de cet instrument. L’équipe française contribuant à SuperCam participera quotidiennement aux opérations scientifiques et l’instrument sera opéré en alternance depuis le LANL et le centre de contrôle installé au CNES à Toulouse (FOCSE Mars 2020).

En France, de nombreux laboratoires, rattachés au CNRS et à ses partenaires, des institutions ont apporté leur expertise scientifique et contribué à la construction de SuperCam : l’IRAP (Toulouse), le LESIA (Meudon), le LAB (Bordeaux), le LATMOS (Guyancourt), l’OMP (Toulouse), l’IAS (Orsay)1, l’ISAE-SUPAERO (Toulouse) et le CNES.

 

Journée Martienne à la Cité de l’espace le 20 juillet