Profitez des Perséides 2021

Profitez des Perséides 2021

En août 2021, tournez-vous vers la pluie de météores des Perséides dont le pic est prévu dans la nuit du 12 au 13. Observer ces «étoiles filantes» ne demande aucun instrument. Vos yeux suffisent.

On profite souvent de la période estivale pour redécouvrir les beautés du ciel nocturne. Les nuits ne sont pas froides et les congés peuvent offrir l’occasion de s’éloigner des zones urbanisées touchées par la pollution lumineuse. On admire alors une voûte céleste emplie d’étoiles et la Voie lactée, cette bande laiteuse qui est en fait notre propre galaxie vue par la tranche, sans oublier les Perséides. Surtout, en 2021, un croissant de Lune aura le bon goût de se coucher suffisamment tôt pour faciliter l’observation de cette « pluie d’étoiles filantes ».

Perséides 2021 : le pic prévu le 12 août

Il est à noter que le terme d’étoiles filantes ou pluie d’étoiles filantes est impropre, la réalité du phénomène étant tout autre… Il ne s’agit pas, en effet, d’étoiles !
Les traînées lumineuses qui zèbrent parfois le ciel sont des petits corps célestes, le plus souvent des grains de poussière semés par des comètes ou de petits fragments d’astéroïdes qui rentrent dans notre atmosphère. En raison de la vitesse, ils s’échauffent, se consument et émettent de la lumière créant une ligne brillante dans le ciel nocturne.

À la faveur de l’été, en s’éloignant des zones urbaines, on peut (re)découvrir la splendeur du ciel nocturne et admirer la Voie Lactée, bande laiteuse qui traverse la voûte étoilée et qui est notre propre galaxie vue par la tranche. Crédit : Cité de l’espace/Stellarium

À la faveur de l’été, en s’éloignant des zones urbaines, on peut (re)découvrir la splendeur du ciel nocturne et admirer la Voie Lactée, bande laiteuse qui traverse la voûte étoilée et qui est notre propre galaxie vue par la tranche.
Crédit : Cité de l’espace/Stellarium

Chaque nuit, même en dehors du mois d’août, on a de bonnes chances d’admirer quelques étoiles filantes puisque la Terre est constamment «bombardée» de poussières, mais une grande majorité s’avère de trop petite taille pour donner un phénomène visible à l’œil nu. En journée, le ciel bleu qui résulte du Soleil masque toute possibilité d’en voir, sauf dans le cas d’événements exceptionnels où la taille du météore rend visible sa brûlante rentrée dans l’atmosphère (on parle alors de bolide). Mais revenons aux «étoiles filantes» qu’on aperçoit la nuit, le ciel sombre favorisant le spectacle. Sur une année, il existe plusieurs périodes qui correspondent au moment où la Terre traverse un essaim de poussières, généralement laissées par une comète sur son passage.

Une étoile filante de type Perséide (en haut vers la gauche) saisie par le photographe la NASA Bill Ingalls en 2016. Crédit : NASA/Bill Ingalls

Une étoile filante de type Perséide (en haut vers la gauche) saisie par le photographe la NASA Bill Ingalls en 2016.
Crédit : NASA/Bill Ingalls

Les pluies portent le nom de la constellation dont elles semblent venir, par exemple les Géminides en décembre pour la constellation des Gémeaux et, dans le cas qui nous intéresse, les Perséides en août pour la constellation de Persée. On notera qu’en fait la période des Perséides s’étend de la mi-juillet à la fin août. Toutefois, on sait que les Perséides résultent du passage de notre planète dans l’essaim de poussières laissé par la comète Swift-Tuttle (voir schéma ci-dessous). 

La position de ce nuage sur l’orbite terrestre étant bien connue, on peut alors faire une estimation relativement fiable et, pour 2021, le pic d’activité (qui peut atteindre 100 étoiles filantes par heure*) se produit le 12 août. Les modélisations du pic donnent cette année un maximum vers 19h Temps Universel soit 21h en France métropolitaine. En théorie, c’est un peu trop tôt, car le ciel ne devient idéal pour observer les Perséides que plus tard, après 22h. Mais en théorie seulement… Car il ne s’agit pas là d’un phénomène court dans le temps. Comme dit précédemment, les Perséides s’étendent de la mi-juillet à la fin août. La nuit du 12 au 13 août est du coup la plus favorable puisque proche du pic calculé. Surtout, cette année, la Lune dont l’éclat est potentiellement perturbateur se couchera suffisamment tôt pour ne pas gêner le spectacle !
(*) Estimation pour un pic d’activité observé dans des conditions idéales (ciel nocturne préservé) et au meilleur moment.

Quelques conseils d’observation

Pour admirer ces traînées lumineuses fugaces, il suffit de s’installer confortablement afin d’embrasser du regard à l’œil nu le ciel nocturne avec un horizon bien dégagé, si possible vers la constellation de Persée. Celle-ci se situe vers le Nord-Est. En France métropolitaine, le ciel sera noir et du coup propice à l’observation un peu avant 23h (heure de votre montre). De plus, dans la nuit du 12 au 13 août, le croissant de Lune (à 18%) se fera discret puisque le coucher de notre voisine céleste se fera suffisamment tôt (à 23h19 pour Toulouse).

Le croissant de Lune sera déjà proche de l'horizon Ouest le 12 août. Carte pour 22h15 à Toulouse. La Lune se couchera ensuite pour ne pas gêner l'observation des Perséides lorsque la "nuit noire" (après le crépuscule astronomique, soit 22h54 à Toulouse) sera installée. Crédit : Cité de l'espace/Stellarium

Le croissant de Lune sera déjà proche de l’horizon Ouest le 12 août. Carte pour 22h15 à Toulouse. La Lune se couchera ensuite pour ne pas gêner l’observation des Perséides lorsque la « nuit noire » (après le crépuscule astronomique, soit 22h54 à Toulouse) sera installée.
Crédit : Cité de l’espace/Stellarium

L’erreur la plus courante concernant les Perséides consiste à sortir vers 22h, jeter un coup d’œil au ciel et s’en tenir là, en étant généralement déçu. L’idéal est d’attendre lorsque la nuit devient la plus noire, ce qui demande que le Soleil soit suffisamment bas sous l’horizon après son coucher (aux alentours de 23h en France métropolitaine en ce moment). Ensuite, il faut attendre pour saisir dans son champ de vision, les « étoiles filantes ». La patience sera votre alliée. L’adaptation de vos yeux à la vision nocturne est également essentielle. Tout éclairage est à proscrire. Il convient d’éviter toute source de lumière parasite (sur une terrasse ou un balcon, éteignez l’éventuel éclairage). On peut aussi s’allonger sur le sol ou sur une chaise longue. Plus vous verrez d’astres dans le ciel, et plus vous aurez de chances d’apercevoir une «étoile filante». C’est pourquoi s’éloigner des zones urbanisées et de la pollution lumineuse générée par les éclairages est conseillé.
Regarder de temps à autre son téléphone portable est à éviter : cela fera se contracter vos pupilles du fait de la luminosité de l’écran et vous raterez alors quelques Perséides (il faut environ 15 minutes pour retrouver sa vision nocturne).

La constellation de Persée à l’horizon Nord-Est vers 23h30 (carte calculée pour la région de Toulouse le 12 août, mais valable autour de cette date et pour la France métropolitaine, la hauteur de la constellation au-dessus de l’horizon peut varier selon que l’on est plus au nord ou plus au sud). Crédit : Cité de l’espace/Stellarium

La constellation de Persée à l’horizon Nord-Est vers 23h30 (carte calculée pour la région de Toulouse le 12 août, mais valable autour de cette date et pour la France métropolitaine, la hauteur de la constellation au-dessus de l’horizon peut varier selon que l’on est plus au nord ou plus au sud).
Crédit : Cité de l’espace/Stellarium

Il n’est pas obligatoire de se focaliser vers la constellation de Persée. Les Perséides donnent l’impression d’en venir par effet de perspective lié au déplacement de la Terre. Le mieux est bel et bien d’avoir le regard tourné vers le ciel en général avec le zénith dans son champ visuel. Et de profiter du spectacle.

Crédit image titre : NASA (photo)/Stellarium (carte)/Cité de l’espace