Récupération : nouvelle première pour SpaceX

Récupération : nouvelle première pour SpaceX

C’est la troisième récupération réussie d’un premier étage de son lanceur Falcon 9 pour la firme américaine. Mais c’est la première fois lors de l’envoi d’un satellite vers l’orbite géostationnaire où les contraintes sont plus fortes.

Il n’était que 1h21 du matin ce 6 mai, heure locale de Floride, lorsqu’un lanceur Falcon 9 (version Full Trust qui délivre plus de poussée) de SpaceX s’est envolé de la Cape Canaveral Air Force Station. La société créée par le milliardaire Elon Musk accomplissait cette fois-ci une mission d’envoi d’un satellite de télécommunications japonais (JCSAT-14) vers l’orbite géostationnaire.

SpaceX parie sur la réutilisation

Une fois de plus, SpaceX a tenté de récupérer le premier étage de son lanceur afin de le réutiliser pour une autre prestation, une logique qui doit permettre de baisser le prix de l’accès à l’espace. La firme américaine a ainsi précisé que les missions avec un premier étage réutilisé seraient vendues 30 à 40 % moins cher. On se souvient qu’en décembre 2015, SpaceX avait réussi sa première récupération, le premier étage étant revenu sur une zone dédiée de la Cape Canaveral Air Station à environ 9 km de son pas de tir. Le 8 avril dernier, à l’occasion de l’envoi du cargo Dragon vers l’ISS pour le compte de la NASA, le premier étage s’était cette fois-ci posé sur une barge en mer à 300 km des côtes de Floride, signant une première pour ce type de retour. Il faut préciser que selon les vols à accomplir (notamment en raison de la masse à satelliser ou de l’orbite visée), le seul moyen pour SpaceX de récupérer son premier étage consiste à le poser en mer à plusieurs centaines de kilomètres du point d’envol (il ne reste pas assez de carburant pour revenir près du pas de tir).

 

Falcon 9 - SpaceX - JCSAT-14

Décollage du Falcon 9 de SpaceX le 6 mai depuis la Cape Canaveral Air Force Station.
Crédit : SpaceX

Premier retour sur une barge pour un vol vers l’orbite géostationnaire

Pour JCSAT-14, étant donné que le satellite présente une masse de 4,6 tonnes et que c’est l’orbite de transfert géostationnaire qui est visée, la barge était cette fois-ci à un peu plus de 600 km de la Floride. Le retour se faisait aussi à plus grande vitesse (donc plus de contraintes notamment thermiques). Elon Musk a indiqué que la phase finale de freinage exigerait de remettre en route 3 des 9 moteurs au lieu d’un seul habituellement. Et ce qui était annoncé comme un essai (experimental landing) s’est transformé en succès.

Falcon 9 - retour - JCSAT-14

Le premier étage revenu avec succès sur une barge en mer un peu plus de 8 minutes après son envol. Les chiffres en haut indiquent les paramètres de vol du deuxième étage (qui n’est pas récupéré) qui propulse alors le satellite vers son orbite.
Crédit : SpaceX / capture d’écran par Cité de l’espace

SpaceX réalise donc pour la première fois un retour lors d’un vol vers l’orbite géostationnaire. Ce type de mission s’imposant comme le gros du marché des lancements commerciaux, cette possibilité est un atout de plus pour la firme d’Elon Musk.

Ci-dessous, l’enregistrement du direct vidéo du lancement par SpaceX.

L’envol se produit à 29:50, le retour vers 38:20 et le largage du satellite JCSAT-14 à 01:01:55.

Avec ce succès, Elon Musk n’a pas manqué de faire un commentaire teinté d’humour, annonçant sur Twitter qu’il aurait besoin d’un plus grand hangar pour y stocker ses fusées, faisant ainsi allusion à la fois à des retours d’étage de plus en plus fréquents et à un carnet de commande en hausse ! La politique de tarification agressive de SpaceX est l’un des éléments qui a poussé l’Agence Spatiale Européenne et ses partenaires industriels (Airbus Safran Launchers en tête, coentreprise d’Airbus Defence & Space et de Safran) à réagir avec le lanceur Ariane 6 qui coûtera 2 fois moins cher que l’actuel Ariane 5. Son vol inaugural est prévu pour 2020.

 

JCSAT-14

JCSAT-14 largué sur orbite de transfert géostationnaire (à partir de laquelle il rejoindra sa position de travail géostationnaire par ses propres moyens de propulsion).
Crédit : SpaceX / capture d’écran par Cité de l’espace

     

     

     

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