Un bouclier pour SEIS

Un bouclier pour SEIS

Le 2 février, le sismomètre français a reçu sur Mars son bouclier. Protégé du vent et des écarts de température, l’instrument fourni par le CNES à la NASA va pouvoir fonctionner comme attendu.

Arrivé avec succès le 26 novembre 2018, l’atterrisseur InSight de la NASA a été conçu pour étudier l’intérieur de la planète rouge. Pour y parvenir, il transporte 2 instruments, l’un fourni par l’Allemagne et un autre par la France. C’est ce dernier, appelé SEIS (Seismic Experiment for Interior Structure), qui est un sismomètre fourni à l’agence américaine par son homologue française CNES. Le 2 février 2019, une étape décisive a été franchie qui marque le début prochain de l’exploitation scientifique.

Chapeau bas pour SEIS

Le 19 décembre 2018, le bras robotique d’InSight a amené à la surface de Mars le sismomètre SEIS. Nous avions expliqué cette manœuvre avec cet article. Rappelons ici que l’utilisation d’un tel dispositif reste délicate. La distance qui sépare la planète rouge de la Terre interdit en effet toute télécommande directe, car les signaux radio mettent plusieurs minutes pour passer d’un monde à l’autre. En conséquence, au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA à Pasadena en Californie, techniciens et ingénieurs répètent toutes les opérations à mener avec un double d’InSight (photo ci-dessous, et également visible dans ce reportage vidéo).

Le double d’InSight au JPL. Il est baptisé Foresight et nous vous l’avions présenté lors de nos reportages Twitter et YouTube réalisés par notre envoyé spécial sur place fin novembre. Crédit : Olivier Sanguy/Cité de l’espace

Le double d’InSight au JPL. Il est baptisé Foresight et nous vous l’avions présenté lors de nos reportages Twitter et YouTube réalisés par notre envoyé spécial sur place fin novembre.
Crédit : Olivier Sanguy/Cité de l’espace

Une fois que la procédure est approuvée par des tests au JPL (et avec la coopération des équipes du CNES qui sont sur place), les instructions sont envoyées à InSight sur Mars. C’est ainsi que le 2 février, le bras robotique a saisi le WTS. Cet acronyme signifie Wind and Thermal Shield, soit le bouclier contre le vent et les écarts thermiques. Cette sorte de «chapeau» a ensuite été posé par dessus SEIS.

Ce tweet de l’IPGP (Institut de Physique du Globe de Paris) montre la dépose réussie du WTS sur SEIS.

Et pour que la protection soit totale, il fallait que la jupe de ce «chapeau» descende jusqu’au sol, ce que montre cet autre tweet de l’IPGP.

Le sismomètre français est désormais à l’abri du vent et des variations de température. Ces 2 paramètres peuvent en effet troubler le fonctionnement de cet instrument extrêmement sensible. Pour simplifier, sans son bouclier WTS, SEIS risquait surtout de percevoir des mouvements induits par les vents martiens et non ceux du sol de la planète rouge ! Les changements de température sont également néfastes à la précision recherchée.

Il reste bien évidemment d’autres petites opérations très importantes pour calibrer l’instrument et passer à sa phase d’exploitation scientifique. Mais désormais, tout est en place ! Prochainement, le bras robotique posera non loin de SEIS l’instrument allemand HP3 chargé de mesurer la chaleur dans le sous-sol. Cette installation, surtout lorsque la sonde de HP3 va marteler Mars afin de s’enfoncer à quelques mètres de profondeur, fera vibrer le sismomètre. Mais c’est prévu et les scientifiques en profiteront pour régler leur instrument !