Sentinel-5P : la sentinelle de l’air

Sentinel-5P : la sentinelle de l’air

Avec le programme européen Copernicus, plusieurs satellites de la famille Sentinel scrutent en permanence notre planète. L’un d’eux, le 5P, est capable de déterminer la qualité de l’air et de dénicher les polluants.

Grâce à Copernicus, la Commission Européenne a mis sur pied un véritable réseau de satellites conçus pour scruter la Terre afin de fournir des données essentielles sur le climat, l’exploitation des sols, les ressources naturelles, la hauteur des océans et des glaces, etc. L’Agence Spatiale Européenne (ESA) est chargée de bâtir le segment spatial et fait appel à des industriels européens tels Airbus Defence & Space et Thales Alenia Space. Le principe est que les données récoltées par les satellites Sentinel de Copernicus sont en accès libre, l’objectif étant de favoriser leur utilisation. Récemment, le satellite Sentinel-5P a montré que la surveillance de la qualité de l’air depuis l’orbite offrait de nombreuses perspectives.

Surveiller l’air, un besoin vital

Doté de l’instrument TROPOMI (TROPOspheric Monitoring Instrument, un spectromètre), Sentinel-5P mesure depuis 824 km d’altitude la concentration dans l’atmosphère de certains gaz comme l’oxyde de brome, le monoxyde de carbone, le dioxyde de chlore, le méthane, le formaldéhyde, l’oxygène, etc. Toutes ces données permettent d’établir un réel bilan de la qualité de l’air que nous respirons ou au sein duquel les avions de ligne évoluent.
Prenons par exemple les cendres volcaniques. On sait que celles-ci, rejetées par des volcans en activité, peuvent endommager les réacteurs des avions. Dans un communiqué, l’ESA explique que les mesures de Sentinel-5P sont employées par les services liés à la sécurité aérienne pour éviter que des avions ne volent dans les nuages de cendres volcaniques. Une application concrète.

Carte globale des concentrations de formaldéhyde dans l’atmosphère (plus il y en a et plus c’est rouge !) établie grâce aux données de Sentinel-5P. Ce polluant atmosphérique provient par exemple des feux de forêt ou du traitement du bois. Le formaldéhyde ne subsiste pas longtemps dans l’air mais en réagissant chimiquement il devient du monoxyde de carbone, un autre gaz polluant. Crédit : Modified Copernicus data (2018), processed by BIRA–IASB/DLR

Carte globale des concentrations de formaldéhyde dans l’atmosphère (plus il y en a et plus c’est rouge !) établie grâce aux données de Sentinel-5P. Ce polluant atmosphérique provient par exemple des feux de forêt ou du traitement du bois. Le formaldéhyde ne subsiste pas longtemps dans l’air mais en réagissant chimiquement il devient du monoxyde de carbone, un autre gaz polluant.
Crédit : Modified Copernicus data (2018), processed by BIRA–IASB/DLR

Les données de TROPOMI à bord de Sentinel-5P sont aussi décortiquées pour dresser un bilan de la qualité de l’air qu’on respire. En effet, il est possible de déterminer les polluants présents et donc de transmettre des bulletins afin de prévenir les populations. Un aspect crucial quand on sait qu’en Europe 400000 personnes meurent chaque année de façon prématurée à cause de la pollution atmosphérique.

Image d’artiste du satellite Sentinel-5P sur orbite. Crédit : ESA/ATG Medialab

Image d’artiste du satellite Sentinel-5P sur orbite.
Crédit : ESA/ATG Medialab

À plus long terme, les mesures effectuées donnent aux décideurs politiques des bases scientifiques pour asseoir des législations en faveur de l’environnement. Il est même envisagé que, dans un futur proche, des applications pour téléphone portable informent en temps réel les utilisateurs de la qualité de l’air qui les entourent.
Pour Josef Aschbacher, directeur du programme d’observation de la Terre de l’ESA, Sentinel-5P «est un exemple de premier ordre en ce qui concerne la façon dont l’Europe travaille ensemble pour le bénéfice de ses citoyens». Une logique qui s’applique à l’ensemble du programme Copernicus et c’est pourquoi la Cité de l’espace explique le rôle de plus en plus indispensable des satellites Sentinel au sein de ses expositions. Dans ses jardins, le centre de culture scientifique toulousain a d’ailleurs accueilli récemment une maquette taille réelle d’un autre satellite Sentinel, le Sentinel-3B.

Inauguration le 17 mai de la maquette taille réelle de Sentinel-3B à la Cité de l’espace. De gauche à droite : Jean-Claude Dardelet (vice-président de Toulouse Métropole), Philippe Brunet (directeur au sein de la DG GROW en charge de la politique spatiale, Copernicus et Défense, Commission Européenne) et Pierre Bahurel (directeur général de Mercator Océan).
Crédit : Cité de l’espace