Sentinel-6A surveille le niveau des océans

Sentinel-6A surveille le niveau des océans

Fabriqué par Airbus et doté d’un altimètre de précision de Thales Alenia Space, ce satellite européen lancé par SpaceX va mesurer le niveau des océans, un paramètre essentiel du changement climatique.

Le 21 novembre à 9h17 heure locale de Californie, un lanceur Falcon 9 de SpaceX a quitté la base de Vandenberg et a amené avec succès sur orbite le satellite Sentinel-6, plus exactement Sentinel-6A puisque son jumeau Sentinel-6B est d’ores et déjà prévu pour prendre sa relève à partir de 2026. Ceci, car les mesures en jeu s’avèrent des plus importantes : il s’agit de suivre avec précision la montée du niveau des océans qui est liée au changement climatique.

Hommage à Michael Freilich

Lancement américain, mais satellite européen ! Sentinel-6A s’ajoute aux autres satellites de la famille Sentinel du programme d’observation de la Terre initié par la Commission européenne. Le but est de récolter les données essentielles pour prendre le pouls de notre planète et ainsi procurer une base factuelle aux décideurs politiques. La diffusion gratuite des mesures Copernicus encourage les entreprises a en dériver des services concrets via leur expertise (prévisions météo et suivi des sols adaptés à l’agriculture par exemple) ce qui créée des emplois.
Sentinel-6A a été construit par l’industriel européen Airbus Defence and Space tandis que son altimètre de pointe Poseidon-4 a été fourni par un autre européen, Thales Alenia Space. Ci-dessous, la vidéo intégrale du lancement de SpaceX. Le décollage se produit à 37:00. Le retour du premier étage est à 44:55 et la mise sur orbite à 1:35:30.

Pour Sentinel-6A, comme pour les autres satellites Copernicus, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) est responsable du développement du satellite. L’agence française CNES et l’organisme européen de météorologie par satellites EUMETSAT sont également associés à cette mission. Les Etats-Unis participent via leur agence d’étude de l’atmosphère et des océans NOAA et la NASA, dont le Jet Propulsion Laboratory (JPL) fournit l’instrument GNSS-RO (mesure de la pression atmosphérique et de la vapeur d’eau). L’agence américaine paye aussi le lancement, sous-traité à SpaceX, ce qui explique l’envol avec un Falcon 9. De plus, Sentinel-6A a été nommé Michael Freilich en hommage à cet océanographe qui fut directeur des sciences de la Terre de la NASA de 2006 à 2019. Il nous a quittés le 5 août 2020 suite à un cancer du pancréas, quelques mois après avoir appris que ce satellite d’étude du niveau des océans (un type de mesures dont il a toujours défendu l’importance) porterait son nom. Il est à noter que ses enfants Sarah et Daniel étaient présents au lancement. Dans la vidéo ci-dessus, ils parlent avec émotion de leur père à partir de 55:55.

L’ESOC à la manœuvre pour une orbite de précision

Une fois sur orbite, le contrôle du satellite était entre les mains de l’ESOC, le centre de contrôle des sondes et satellites de l’ESA à Darmstadt en Allemagne. Là-bas, les équipes vont mener une série de délicates modifications de trajectoire afin que Sentinel-6A Michael Freilich rejoigne une altitude de 1336 km en se plaçant 230 km derrière Jason-3 qui effectue le même type de mesure du niveau des océans. Le but est d’assurer la continuité de cette altimétrie si importante pour suivre le changement climatique. Songez que là-haut, lorsque Jason-3 et Sentinel-6A ne seront séparés que par 230 km, ils se succéderont à seulement 30 secondes d’écart !

Le centre de contrôle ESOC de l’Agence Spatiale Européenne était prêt le 21 novembre à commencer les délicates manœuvres orbitales de Sentinel-6A. La photo date du 12 novembre lors d’une répétition des procédures. L’organisme européen EUMETSAT prendra ensuite le relais pour les ultimes ajustements et la gestion opérationnelle de la mission. Crédit : ESA

Le centre de contrôle ESOC de l’Agence Spatiale Européenne était prêt le 21 novembre à commencer les délicates manœuvres orbitales de Sentinel-6A. La photo date du 12 novembre lors d’une répétition des procédures. L’organisme européen EUMETSAT prendra ensuite le relais pour les ultimes ajustements et la gestion opérationnelle de la mission.
Crédit : ESA

La précision est le maître mot de la mission de Sentinel-6A. En recoupant les données de son altimètre Poseidon-4, les scientifiques pourront suivre la montée du niveau des océans qui atteint déjà un inquiétant 3,5 mm/an. Un chiffre qui apparaît extrêmement modeste, mais qui peu à peu finit par rendre inhabitables des zones côtières. Selon l’ESA, des villes comme New-York ou Shanghaï devront prendre des mesures de protection et des pays comme le Bangladesh affronteront de sérieux problèmes. Ces enjeux sont décrits dans la vidéo ESA ci-dessous (en anglais).

Comme le précise cette vidéo, si cette élévation du niveau des océans semble très progressive, on estime pourtant que les enfants qui viennent de naître pourraient en subir les conséquences ! Le niveau des océans s’impose comme un véritable «thermomètre» du changement climatique puisque ce niveau grimpe avec la fonte des glaces continentales et l’expansion de l’eau du fait de l’augmentation de la température moyenne. De surcroît cette montée n’est pas uniforme, rendant sa surveillance d’autant plus indispensable.
Enfin, les mesures de Sentinel-6A, comme celles de ses prédécesseurs tels Topex-Poseidon et Jason-1 à 3, servent aussi à plus court terme à améliorer la météorologie marine, évaluer les tendances des saisons et suivre la vitesse des courants marins.

     

     

     

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