Le SLS est prêt pour Artemis I

Le SLS est prêt pour Artemis I

Sur son pas de tir en Floride, le lanceur géant SLS de la NASA vise un décollage le 29 août. Pour la mission en automatique Artemis I, il enverra autour de la Lune une capsule Orion avec un module de service européen.

Haut de 98 m et d’une masse totale au décollage de 2600 tonnes, le Space Launch System (SLS) de la NASA est un lanceur qui évoque immanquablement le Saturn V d’Apollo. Un rapprochement logique puisque le SLS servira essentiellement pour le programme Artemis de retour vers et sur la Lune de l’agence américaine. Après des années de développement (et du retard), il vise désormais son vol inaugural au cours duquel il sera au service de la mission Artemis I.

Retour au pas de tir

Dans sa version actuelle Block I, le SLS a été assemblé dans le gigantesque hangar VAB (Vertical Assembly Building) du centre spatial Kennedy de la NASA en Floride. Il en est sorti déjà deux fois aupravant afin de subir des répétitions de son compte à rebours complexe qui démarre 46 heures et 40 minutes avant la mise à feu !
Avec sa troisième sortie du VAB le 16 août dernier, le SLS rejoignait cette fois-ci son pas de tir LC-39B (qui a servi aux missions Apollo et de navette) avec pour ligne de mire, non plus des tests, mais un décollage afin d’accomplir son premier vol.
La vidéo de Boeing ci-dessous résume le trajet de 10 heures du SLS et sa tour de lancement vers le pas de tir les 16 et 17 août.

Mise à jour du 26 septembre : en raison des risques induits par l’ouragan Ian qui doit atteindre la Floride, la NASA a décidé de ramener le SLS dans le hangar VAB le 26/09 dès 23h heure locale (5h du matin le 27 en France métropolitaine). Le créneau de lancement du 2 octobre n’est donc plus possible.

Artemis I autour de la Lune

Ce premier vol du SLS s’impose comme un test décisif pour le programme lunaire américain qui s’inscrit dans un contexte général de retour vers notre voisine céleste rappelé par l’exposition Lune, Épisode II de la Cité de l’espace à Toulouse. De plus, il s’agit de mener la mission Artemis I qui consiste à envoyer autour de la Lune la capsule Orion de la NASA avec un module de service fourni par l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et construit par Airbus.

La vidéo ESA ci-dessous illustre le rôle de son module de service ESM (European Service Module) pour Artemis I.

Le duo Orion et ESM accomplira ainsi un trajet vers la Lune afin d’y accomplir plusieurs orbites avant de revenir sur Terre. Il n’y a aucun astronaute à bord, le but étant de vérifier le fonctionnement de l’intégralité des systèmes. Un mannequin appelé Commander Moonikin Campos permet par exemple de mesurer les conditions à l’intérieur de la capsule.

Le plan de vol d’Artemis I. Crédit : ESA/K. Oldenburg

Le plan de vol d’Artemis I.
Crédit : ESA/K. Oldenburg

1 – Lancement.
2 – Orbite basse avec déploiement des panneaux solaires de l’ESM.
3 – Injection translunaire.
4 – Trajet vers la Lune.
5 – Allumage du moteur principal à 185 km de la Lune.
6 – Nouvel allumage pour insertion sur orbite rétrograde.
7 – Orbite rétrograde.
8 – Allumage pour quitter l’orbite.
9 – Allumage pour initier le retour vers la Terre.
10 – Retour vers la Terre et corrections de trajectoire.
11 – Séparation d’Orion et de l’ESM.
12 – Rentrée dans l’atmosphère (l’ESM se consume).
13 – Amerrissage d’Orion dans l’océan Pacifique.

Cet essai grandeur nature certifiera la capsule et son module de service pour Artemis II. Cette mission envisagée pour 2024 enverra 4 astronautes autour de la Lune et retour en préparation pour Artemis III qui ambitionne un atterrissage dans la zone polaire sud de notre satellite naturel. La suite du programme Artemis prévoit à la fois une exploration de la surface sélène et l’utilisation de la station Gateway autour de la Lune. Les partenaires de la NASA sont l’ESA pour l’Europe, la JAXA pour le Japon et l’ASC pour le Canada.

Crédit image titre : Cité de l’espace d’après NASA/Joel Kowsky et ESA/K. Oldenburg