Solar Orbiter, le lundi au Soleil…

Solar Orbiter, le lundi au Soleil…

Et tous les autres jours aussi ! Début février cette sonde européenne doit décoller de Floride pour nous permettre d’étudier notre étoile et notamment ses pôles. Une mission qui associe l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et la NASA.

Quelle est l’étoile la plus proche de la Terre ? Parfois, on cherche la réponse un peu loin avec Proxima Centauri située à 4,2 années-lumière de nous… Bien sûr, l’étoile la plus proche de notre planète est le Soleil, une banale et très modeste naine jaune qui en est à la moitié de sa vie stellaire avec déjà 4,5 milliards d’années au compteur.

Solar Orbiter : l’ESA et la NASA scrutent notre étoile

Étudier le Soleil permet de comprendre les mécanismes généraux des étoiles et aussi de mieux saisir son activité. Et cette dernière peut avoir beaucoup d’influence ! Les tempêtes solaires sont ainsi à l’origine des superbes draperies célestes appelées aurores polaires. Mais les éruptions les plus fortes venues de notre étoile perturbent le fonctionnement des satellites (dont le GPS ou Galileo) et peuvent même aller jusqu’à causer des pannes sur les réseaux électriques au sol. Mieux comprendre le Soleil, c’est donc aussi nous donner les moyens de disposer d’une «météo spatiale» plus précise afin de prendre avec plus d’avance les précautions qui s’imposent en cas de tempête solaire importante.

La sonde Solar Orbiter. D’autres instruments ne sont pas situés sur la perche et sont hébergés dans la partie principale du satellite et effectuent leur mesure à travers le bouclier thermique. Crédit : ESA/Cité de l’espace

La sonde Solar Orbiter. D’autres instruments ne sont pas situés sur la perche et sont hébergés dans la partie principale du satellite et effectuent leur mesure à travers le bouclier thermique.
Crédit : ESA/Cité de l’espace

La sonde Solar Orbiter de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a été conçue dans ce sens et elle héberge à ce titre 10 instruments scientifiques. La NASA est associée à la mission par la fourniture d’un instrument et l’envoi vers l’orbite de travail avec un lanceur Atlas V d’United Launch Alliance. Le décollage depuis la Cape Canaveral Air Force Station en Floride est prévu pour le 10 février prochain à partir de 5h03 du matin (heure France métropolitaine – date et heure mise à jour le 31 janvier après l’annonce d’un report). Mise à jour : décollage réussi.

Le défi du bouclier thermique

Solar Orbiter vise une longue mission jusqu’en 2026 pouvant être prolongée jusqu’à fin 2030. Elle naviguera jusqu’à 42 millions de kilomètres de notre étoile, permettant des mesures «rapprochées» (pour rappel la Terre orbite à 150 millions de kilomètres du Soleil). Solar Orbiter est complémentaire de la sonde américaine Parker Solar Probe qui, certes s’approche beaucoup plus (24 millions de kilomètres récemment avec des distances encore plus courtes à l’avenir), mais emporte moins d’instruments.
Pour ces 2 engins, le défi principal consiste à subir une chaleur intense du fait de s’aventurer aussi près de l’astre du jour. Construite par Airbus Defence and Space, Solar Orbiter est donc dotée d’un bouclier thermique fourni par Thales Alenia Space qui sera capable de résister à une température de 520 °C tout en protégeant les instruments et les différents équipements nécessaires (ordinateur de bord, propulseurs, etc.). On comprend que pour que cette précaution soit efficace, il faudra que la sonde soit en permanence orientée avec précision de façon à ce que le bouclier soit toujours face au Soleil.

Ci-dessous, un reportage vidéo très intéressant de la chaîne YouTube Rêves d’espace réalisé avant le départ de Solar Orbiter pour la Floride.

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Mieux observer les pôles du Soleil

Solar Orbiter récoltera au cours de sa mission des images du Soleil offrant des détails de 180 km et de nombreuses données qui s’ajouteront à d’autres pour tenter de résoudre certains «mystères» qui perdurent. Ainsi, on ne comprend toujours pas pourquoi la «surface» du Soleil (appelée la photosphère) est à 6 000 °C alors que la couronne (l’atmosphère de notre étoile qui s’étend à des millions de kilomètres) atteint 2 millions de degrés. De plus, la sonde européenne suivra une série d’orbites qui l’amèneront à croiser à proximité de Vénus pour des manœuvres d’assistance gravitationnelle. Le but est de modifier peu à peu la ronde de Solar Orbiter autour du Soleil jusqu’à obtenir une inclinaison de 33° (17° après un passage en 2025) afin d’observer avec de plus en plus d’acuité les pôles solaires. Là aussi, des données très attendues devraient être récoltées.
Si la célèbre chanson de 1972 de Claude François parle du «lundi au Soleil», pour Solar Orbiter ce sera en revanche tous les jours au Soleil pendant plusieurs années.

Solar Orbiter chez l’industriel européen IABG pour tests (voir la vidéo plus haut) avant son départ pour la Floride d’où elle doit décoller prochainement. On remarque l’imposant et sombre bouclier de protection thermique rectangulaire (3,1x2,4 m). Il est constitué de plusieurs couches de feuilles de titane. Crédit : ESA/Stéphane Corvaja

Solar Orbiter chez l’industriel européen IABG pour tests (voir la vidéo plus haut) avant son départ pour la Floride d’où elle doit décoller prochainement. On remarque l’imposant et sombre bouclier de protection thermique rectangulaire (3,1×2,4 m). Il est constitué de plusieurs couches de feuilles de titane.
Crédit : ESA/Stéphane Corvaja