Le cycle solaire 25 a commencé

Le cycle solaire 25 a commencé

Notre étoile suit un cycle d’activité d’environ 11 ans surveillé systématiquement depuis 1755. Le 25ème a débuté en décembre 2019 a conclu à la mi-septembre 2020 un panel international d’experts après analyse des données les plus récentes.

Le Soleil suit un cycle d’activité qui se traduit par un regain (plus de taches et plus d’éruptions) environ tous les 11,2 ans. Cette durée, qui est une moyenne et peut varier, doit se comprendre comme l’intervalle entre deux pics. Un cycle, en revanche, commence par un minimum, couvre le maximum et s’arrête lorsque le minimum qui suit atteint son niveau le plus bas. C’est pourquoi il faut du temps pour déterminer la bascule d’un cycle à l’autre et c’est ce qu’il s’est passé le 15 septembre dernier quand la NASA et la NOAA (l’agence américaine d’étude de l’atmosphère et des océans) ont annoncé que le cycle solaire 25 avait en fait débuté en… décembre 2019 !

Un maximum encore faible ?

Il était en effet nécessaire d’attendre que se cumulent suffisamment d’observations de notre étoile (et notamment le décompte des taches solaires, signes d’activité) pour établir que le minimum était passé depuis décembre 2019, marquant la transition du cycle 24 à 25. Évoquons tout d’abord le cycle 24 qui s’est achevé à la fin de l’année dernière. Depuis la surveillance systématique du Soleil, soit l’année 1755 (et donc le cycle dit 1), le cycle 24 se révèle être parmi les 4 plus faibles avec un maximum de seulement 114 taches solaires en avril 2014 pour une moyenne habituelle de 179. C’est aussi le cycle le plus bas depuis 1 siècle.

Cette image juxtapose le Soleil par le satellite SDO lors du maximum du cycle 24 en avril 2014 (moitié à gauche) et pendant son minimum en décembre 2019 (moitié à droite). Une illustration plutôt spectaculaire de la différence d’activité. Crédit : NASA/SDO

Cette image juxtapose le Soleil par le satellite SDO lors du maximum du cycle 24 en avril 2014 (moitié à gauche) et pendant son minimum en décembre 2019 (moitié à droite). Une illustration plutôt spectaculaire de la différence d’activité.
Crédit : NASA/SDO

Avec un cycle 25 qui a commencé en décembre 2019, le panel d’experts internationaux chargé de suivre les soubresauts de notre étoile table sur un maximum lors de l’année 2025. Et ce maximum devrait être faible, comparable au précédent d’avril 2014. Toutefois, les spécialistes pointent que cela n’exclue pas des éruptions violentes capables de mettre à mal certaines de nos infrastructures, notamment satellitaires.

Utile, même pour aller sur la Lune

Car l’un des buts de cette surveillance du Soleil consiste à établir des modèles de prévision des «colères» de celui-ci. Les éjections de masse coronale les plus puissantes envoient (si la direction est la «bonne», mais en l’occurrence on dira «défavorable») un flux de particules chargées qui perturbent le fonctionnement des satellites, notamment de télécommunications et de géolocalisation. Lorsque prévenus, les opérateurs prennent des mesures pour minimiser les risques et cela peut aller jusqu’à mettre temporairement en veille leurs satellites les plus exposés.

Une belle éruption solaire saisie par l’équipe de médiateurs de la Cité de l’espace  le 31 juillet dernier. La Terre a été rajoutée pour donner une échelle. En dépit d’une taille de 200 000 km de haut, cette protubérance est banale dans son intensité ! Crédit : Cité de l’espace

Une belle éruption solaire saisie par l’équipe de médiateurs de la Cité de l’espace  le 31 juillet dernier. La Terre a été rajoutée pour donner une échelle. En dépit d’une taille de 200 000 km de haut, cette protubérance est banale dans son intensité !
Crédit : Cité de l’espace

Les satellites ne constituent pas la seule infrastructure susceptible d’être impactée par l’activité solaire. Lors d’éruptions particulièrement importantes, les installations au sol subissent aussi des dommages notables, à l’image du réseau électrique québécois qui cessa de fonctionner 9 heures en mars 1989 (cycle solaire 22) en raison de la tempête magnétique causée par une éjection de masse coronale survenue 4 jours auparavant. Face à de tels événements, la stratégie consiste à anticiper pour s’adapter. Il en est de même pour les vols habités et plus particulièrement le retour sur la Lune que la NASA prépare avec son programme Artemis et que la Cité de l’espace évoque avec son exposition Lune – Épisode II. Les colères du Soleil peuvent ainsi exposer les astronautes (qui loin de la Terre ne profitent plus de son champ magnétique protecteur) à des radiations qui dépassent les doses admises. Pour Jake Bleacher, le scientifique en chef du programme habité de l’agence américaine, «il n’y a pas de mauvais temps, seulement une mauvaise préparation», ajoutant que «la météo spatiale est ce qu’elle est, notre travail est de s’y préparer». Les données récoltées par plusieurs observatoires au sol et satellites seront donc scrutées pour demander aux astronautes de se mettre à l’abri si un flux de particules chargées se dirige vers eux. Plusieurs stratégies sont envisagées dont la réorganisation de ce qui est embarqué afin de créer des boucliers supplémentaires pour l’équipage (image ci-dessous).

Jessica Vos (premier plan), responsable des aspects médicaux de la capsule Orion de la NASA et l’astronaute Ann McClain démontrent comment un arrangement du fret à bord du vaisseau peut créer un abri contre les radiations venues du Soleil. Crédit : NASA

Jessica Vos (premier plan), responsable des aspects médicaux de la capsule Orion de la NASA et l’astronaute Ann McClain démontrent comment un arrangement du fret à bord du vaisseau peut créer un abri contre les radiations venues du Soleil.
Crédit : NASA