Spaceway-1, le satellite qui doit s’écarter

Spaceway-1, le satellite qui doit s’écarter

Construit par Boeing et propriété de l’opérateur DirecTV, le satellite de télécommunications Spaceway-1 présente un risque d’explosion de ses batteries. Il doit donc être placé sur une orbite dite cimetière.

Spaceway-1 a commencé sa carrière en 2005. Posté sur orbite géostationnaire à 36 000 km d’altitude, il relayait de la télévision haute définition pour le compte de son opérateur américain DirecTV. Conçu pour fonctionner 12 ans, cet engin de 6 tonnes a dépassé sa vie opérationnelle de 3 ans et a changé de mission : désormais il agit en relais secondaire pour des transmissions vers l’Alaska en cas de besoin. Mais un risque lié à ses batteries oblige à l’écarter de sa position géostationnaire.

Mesure de sécurité

Boeing et DirecTV ont expliqué que les batteries du satellite présentent un risque d’explosion si elles sont à nouveau sollicitées en raison d’une anomalie thermique survenue en décembre dernier. Un tel éclatement pourrait générer des débris sur l’orbite géostationnaire. Jusqu’à maintenant, Spaceway-1 tirait l’électricité nécessaire à son fonctionnement uniquement de ses propres panneaux solaires. Or, à la fin du mois de février, Spaceway-1 passera dans l’ombre de la Terre et le recours aux batteries sera alors inévitable. Par précaution, DirecTV a donc demandé à la Federal Communications Commission (FCC) des États-Unis, l’autorisation d’accélérer la procédure de mise sur orbite dite cimetière du satellite. Il s’agit de l’éloigner de 300 km au-dessus des positions géostationnaires et de le «passiver» (vidange de ses réservoirs et désactivation des batteries).
Les débris spatiaux présentent en effet un risque pour les satellites en service, car une collision peut soit réduire leurs capacités soit totalement les détruire. En 2017, le satellite indonésien de télécommunications Telkom-1 construit par Lockheed Martin avait subi une anomalie et il avait rejeté des débris sur l’orbite géostationnaire après 18 ans de vie opérationnelle (soit 3 ans de plus que prévu). La mesure de précaution voulue par DirecTV vise donc à éviter de réitérer ce scénario peu souhaitable.