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SpaceX : 50 lancements réussis pour Falcon 9 ...

50 e lancement réussi d'une fusée Falcon 9 de SpaceX, le 6 mars 2018, au centre spatial de Cap Canaveral (Floride). La charge utile était le satellite de télécommunications espagnol Hispasat 30 W-6. Crédit : NASA

Le lanceur Falcon 9 de la société américaine SpaceX a placé sur orbite mardi un satellite de télécommunications espagnol, signant ainsi son 50 e lancement réussi, une performance incroyable pour une fusée « âgée » d’à peine 8 ans.

Pour cet anniversaire, Falcon 9 emportait un passager de choix : Hispasat. Ce satellite, d’un poids de 6 tonnes et « pratiquement de la taille d’un bus de ville », est « le satellite géostationnaire le plus imposant » jamais lancé par SpaceX, selon les mots de son patron emblématique, Elon Musk, au centre spatial de Cap Canaveral (Floride).
Le satellite a rejoint son orbite provisoire après 33 minutes de vol et se placera par lui-même sur son orbite définitive, à près de 36.000 km d’altitude. Propriété de l’opérateur de satellites Hispasat, il servira pendant 15 ans ses clients en Europe, en Afrique du Nord et en Amérique latine.

Falcon 9 : un jeune de 8 ans, révolutionnaire

D’une hauteur de 70 m et d’une masse au décollage de 549 tonnes dans sa version actuelle, la fusée Falcon 9 a volé pour la première fois en 2010. Développée par la société SpaceX, elle peut placer une charge utile de 22,8 tonnes en orbite basse et de 8,3 tonnes en orbite géostationnaire (36.000 km). Elle a seulement subi deux ratés particulièrement notables : en septembre 2016 elle a explosé sur sa rampe de lancement, et en janvier 2018 elle n’aurait pas mis sur orbite le satellite militaire américain ultrasecret Zuma, malgré un lancement nominal.

Une fusée Falcon 9 sur le pas de tir 39A au centre spatial de Cap Canaveral (Floride). La charge utile est un vaisseau cargo Dragon destiné à ravitailler la Station spatiale internationale (ISS) Crédit : NASA

Une fusée Falcon 9 sur le pas de tir 39A au centre spatial de Cap Canaveral (Floride). La charge utile est un vaisseau cargo Dragon destiné à ravitailler la Station spatiale internationale (ISS)
Crédit : NASA

Ce lanceur comporte seulement deux étages, ce qui réduit les délicates manœuvres de séparation. Le premier étage est propulsé par 9 moteurs Merlin 1D.
La Falcon 9 a été conçue pour envoyer des satellites dans l’espace et, par contrat avec l’Agence spatiale américaine (Nasa), permettre le ravitaillement de la Station spatiale internationale (ISS). En 2012, SpaceX a ainsi été le premier opérateur privé à effectuer un rendez-vous avec l’ISS, apportant du matériel et des vivres à la Station avec un vaisseau cargo Dragon. Cette capsule, à terme, doit amener également des astronautes pour assurer la relève des équipages, une opération effectuée actuellement par les Soyouz russes.
Mais la plus grande originalité de Falcon 9, est le fait que le premier étage de la fusée est récupérable, permettant de le réutiliser et par là-même de réduire les coûts de lancement. Après sa séparation, cet étage est dirigé vers la Terre et vient se poser sur le sol ou sur une plateforme en mer, une opération désormais bien maîtrisée par SpaceX. Cette manoeuvre n’a pas eu lieu lors du lancement d’Hispasat car les conditions météorologiques ne s’y prêtaient pas.

Toujours dans la même optique de réduction des coût, SpaceX souhaite récupérer la coiffe de protection de la charge utile. Une première tentative a eu lieu le 22 février dernier, après qu’une Falcon 9 eut lancé depuis la base aérienne de Vandenberg (Californie) le satellite PAZ (1.200 kilos) et deux satellites d’essai destinés au futur réseau de communications en orbite basse projeté par SpaceX. La coiffe, ralentie par un parachute, a raté d’à peine quelques centaines de mètres le navire sur lequel elle devait se poser. Elle a atterri dans l’eau, mais intacte.

Falcon 9 : l’œuvre d’un visionnaire

Elon Musk n’entend pas s’arrêter à cette fusée qui bouscule le monde des lanceurs. Déjà, le 6 février dernier, il a tiré du Cap Canaveral un lanceur lourd, Falcon Heavy, capable de placer une charge utile de 63,8 tonnes en orbite basse, ou 26,7 tonnes en orbite de transfert géostationnaire. La fusée, dont les deux propulseurs d’appoint ont été récupérés, a placé sur orbite une Tesla Roadster, une voiture électrique produite par une société fondée par Elon Musk lui-même.

Enfin, le PDG de SpaceX travaille déjà sur un autre projet : la BFR, ou « Big Fucking Rocket » (« Putain de grosse fusée »), pour emporter sur Mars en 2022 des éléments de station, et faire atterrir des hommes sur la Planète rouge en 2024.