SpaceX explique l’échec du lancement du cargo CRS-7

SpaceX explique l’échec du lancement du cargo CRS-7

Un support métallique non-conforme d’un réservoir d’hélium du deuxième étage du Falcon 9 aurait cédé, entraînant la destruction du lanceur le 28 juin selon une analyse préliminaire de la firme SpaceX.

Le 28 juin, SpaceX envoyait vers la Station Spatiale Internationale (ISS) son septième vaisseau cargo Dragon automatique, pour l’occasion baptisé logiquement CRS-7. CRS signifie Commercial Resupply Services, pour le contrat par lequel la NASA a acheté à SpaceX une prestation de desserte de la Station pour y amener régulièrement vivres et équipements (12 vols pour un total de 1,6 milliard de dollars). Mais comme le montre la vidéo ci-dessous, le lanceur Falcon 9 s’est désagrégé après 2 minutes et 19 secondes de vol.

Lors d’une téléconférence du 20 juillet, le fondateur de SpaceX, Elon Musk, a communiqué les premiers résultats de l’enquête sur cet échec. Les conclusions présentées sont soulignées comme étant préliminaires dans l’attente des résultats définitifs des investigations toujours en cours.
Comme soupçonné lors du visionnage des vidéos du lancement, le problème s’est produit sur le deuxième étage du lanceur, avant sa mise en route alors que le premier étage fonctionnait parfaitement. Elon Musk a ainsi indiqué qu’un support métallique sur lequel reposait un réservoir d’hélium a cédé. Ce réservoir d’hélium sert à maintenir une pression adéquate dans le réservoir d’oxygène liquide du deuxième étage. Son support cédant, le réservoir d’hélium s’est brisé ou fissuré, causant une surpression au sein du réservoir d’oxygène, détruisant le deuxième étage puis l’ensemble du lanceur.
SpaceX a précisé que le support en cause (il y en a plusieurs sur le Falcon 9) était fourni par une société externe dont l’identité n’a pas été révélée. Les photos de l’assemblage du lanceur pour CRS-7 ne montrent aucun défaut de mise en place donc les premières conclusions pointent vers le fait que la pièce (60 cm de long pour 2,5 cm d’épaisseur) n’avait pas la résistance exigée (elle aurait cédé à 900 kg de contrainte alors qu’elle est conçue et certifiée pour 5 fois plus). La firme privée américaine a souligné que toutes les pièces analogues seraient désormais individuellement testées par ses services internes en plus du contrôle qualité du fournisseur.
Même si le support en cause provient d’un sous-traitant qui n’a pas fourni l’élément avec les caractéristiques de résistance demandées, Elon Musk n’élude en rien la responsabilité de sa société. Il a déclaré que les 18 succès d’affilée du Falcon 9 (CRS-7 était le 19ème vol de ce lanceur) avait créé au sein de SpaceX un sentiment de «légère autosatisfaction», rappelant que de 2008 à maintenant, le nombre d’employés était passé de 500 à 4000, la majorité n’ayant pas connu les difficultés (3 échecs successifs en vol) du lanceur Falcon 1, prédécesseur du Falcon 9. L’entrepreneur a toutefois affiché sa confiance en ses équipes, affirmant qu’elles ressortiraient encore plus forte de cet échec.

Une partie des équipes de SpaceX réunies devant une capsule cargo Dragon lors du vol CRS-5 au début de l’année 2015. Crédit : SpaceX

Une partie des équipes de SpaceX réunies devant une capsule cargo Dragon lors du vol CRS-5 au début de l’année 2015.
Crédit : SpaceX

Un retour en vol du Falcon 9 ne devrait pas se produire avant le mois de septembre prochain, mais la date n’a pas été précisée, ni quel client serait servi par ce vol. Le premier vol de la version lourde du Falcon (Falcon Heavy) a été déplacé de la fin de cette année au printemps 2016. En revanche, Elon Musk ne pense pas que l’échec du Falcon 9 entraînera un retard dans le planning de sa compagnie vis-à-vis des vols habités de la NASA. En effet, SpaceX a été retenue (avec Boeing mais chaque société propose sa propre solution) par l’agence américaine afin de fournir une prestation de transport de ses astronautes vers l’ISS à partir de 2017/18. Le vaisseau sera le Dragon V2 (version habitée du cargo Dragon) et il décollera au sommet d’un… Falcon 9.

La capsule Dragon V2 avec laquelle SpaceX compte transporter les astronautes de la NASA en 2017/18. Crédit : SpaceX

La capsule Dragon V2 avec laquelle SpaceX compte transporter les astronautes de la NASA en 2017/18.
Crédit : SpaceX

Pour Musk, l’accident du 28 juin va permettre de rendre encore plus fiable ce lanceur. Il a ainsi noté que si le logiciel de bord de la capsule Dragon avait permis le déploiement des parachutes après la destruction du deuxième étage, celle-ci aurait pu être récupérée et le fret sauvé. Pour le prochain vol cargo vers l’ISS (date non-précisée) le logiciel de bord sera modifié en conséquence.

Publié le 23 juillet 2015

     

     

     

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